‹ L'éducation progressive ou étude du cours de la vie, Volume 1Chapitre 32 sur 144 · LIV. I, COAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. I, COAP. VI

est làt'seule source d'espérance qui ranime Y&me abattue sous le poids de ses transgressions; et comme une conscience délicate trouve sans cesse quelques reproches à s'adresser, te bienbût de ce pardon est applicable à toutes les ^es. Une carrière toujours ouverte, un but toujours en vue et pourtant jamais atteint, voilà ce qui s'offre dans le obristianisme. Aussi, et TexpériAce peut le montrer, parmi ceux qui embrassent d'autres doctrines, il est sans doute des hommes vertueux, mais il n'est guère que les vrais chrétiens qui travaillent sérieusement à leur amélioration intérieure.

Quelque route que suive donc la pensée de l'instituteur, elle est constamment ramenée au point où se rencontrent toutes les routes. Dieu, cause première dans l'univers, foyer dont l'âme est émanée. Dieu est l'objet vers lequel doit se dir^er l'éducation, qui embrasse tous les rapports de l'homme. Toutefois, en rapportant les choses terrestres à leur centre, l'éducation ne s'occupe pas moins à les faire bien apprécier. Son but final, c'est la vie à venir, mais son but prochain, celui qu'elle doit atteindre immédiatement, c'est l'heureuse administration de la vie présente. L'ordonnance de l'univers est l'objet de son enseignement; et non-seulement elle apprend à connaître ce monde, mais à l'admirer, en montrant que tout ce qu'il renferme de grand et de pur est d'institution divine. Elle aime les joies innocentes, les lumières, l'essor général des facultés, et elle réprimerait un enthousiasme toujours dangereux, qui est surtout contraire au naturel de l'enfance. Avides de découvrir les indications de la Providence, de sages instituteurs respectent l'esprit de chaque âge ; ils savent en tirer parti et l'épurer. On n'est jjas porté à envisager avec une sombre défiance l'effet des influences divà^es auxquelles l'élève doit être exposé pour acquérir hes connaissances les plus nécessaires, quand on considère le monde actuel comme l'école où l'âme estappe- I éeà se former, à apprendre, pour remplir un jour une destination supérieure. Dans l'espoir que toutes choses conspirent

•:8 l'éddcation pbocressive.

pour opérer le bien de ceux qui aiment Dieu *, on ne s'inquiète pas immodé/ëment de voir commencer dès le jeune âge o»s épreuves, ces essais qui, pour être manques ou défectueux, n'en sont pas moins des exercices utiles. Alors des sentiments mêlés de bien et de mal , de passagères émotions excitées par des causes souvent frivoles, se montrent Qomme des occasions de développement, comme ce^vicissitudes de température qui fécondent des germes précieux et donnent le mouvement à la sève. Alors l'infinie variété des choses du monde, tant d'objets à la fois innocents et pleins d*intérêt, qui nous soût offerts, semblent faits pour exciter en wus une égale variété d'impressions, pour réveiller des cordes sensibles qui sans doute ont été destinées à vibrer. Et Ton craindrait que si l'une de ces cordes restait muette, Tâme comme une lyre incomplète, ne pûrpste joindre ses accoi^fc à l'harmonie céleste de l'éternité I SÉflftîtiiôr la vie humaine, découvrir, mettre en œuvre les trésors du ciel, que la main divine a déposés dans la création terrestre, paraît Itre le rôle de l'éducation.

l Épître aux Rom., ch. viii, v. 2S.

UV. Il, CDAP. î. Tf»

— ^ — ^'^rr*^:

Ï.1VKE DEUXIÈME

ÉDUCATION DES DEU\ PREMIÈRES ANNÉES DE LA Vil';

Page 1