LIV. II, CHAP. V. 1Î
part à ce plaisir. Déjà à dix ou onze mois, quand ils sont parvenus à se relever devant une chaise, ils crient, ils se trémoussent jusqu'à ce que nous les ayons remarqués ; la joie du triomphe se peint dans leurs yeux, et nos applaudissements les rendent tendres et caressants.
C'est ainsi que de ces divers éléments, le besoin de sensations agréables et variées, celui d'agir, d'imiter, d'influer, d'exciter et d'éprouver la sympathie, naissent chez les petits enfants tous les attributs de la nature humaine. On en voit paraître le cortège aussitôt qu'ils en ont un ; et si nous avions l'œil assez 6n, nous en découvririons encore plus tôt la trace.
La puissance de l'imagination est déjà grande à cet âge, ;mais je remets à en parler au moment où, l'enfant étant déjà en possession du langage, nous aurons un moyen plus sûr d'en apprécier les effets.