COUUENT LES ENFANTS APPRENNENT A PARLER
De ma faible raison je fit l'apprentissage ; Frappé du son des m^ts. attentif aux objets.
Je répétai les noms, je distinguai les traits. Je couuus, je nommai, je caressai mon père... Racini le fils.
La fin de la seconde année est remarquable chez les enfants par les rapides progrès qu'ils font ordinairement dans le ^ langage. Tous parviennent à s'énoncer bien ou mal, mais on remarque entre eux de grandes différences; déjà l'inégale distribution des dons de la nature se fait sentir. L'art de parler exigeant le concours de plusieurs facultés morales et physiques, s'il en est une qui reste en arrière, celle-là met obstacle à l'avancement.
En effet, pour apprécier les sons, il faut de l'oreille ; pour les articuler, de la souplesse dans le gosier. L'intelligence est indispensable pour comprendre les mots, et la mémoire pour les retenir. Quand de tels dons se trouvent réunis à un degré érùinent, ce qui est rare, l'enfant parle assez bien^deux ansi
Mais comment cet enfant, si inférieur aux animaux dn même âge sous tant de rapports, réussit-il à se mettre en possession du beau privilège de la parole? Quelle marche suit-il pour y parvenir? Voilà ce que j'aurais voulu éclaircir par des observations exactes, et je n'ai que de faibles aperçus à donner. Le sujet est loin d'être traité ici, mais je l'aurai du moins recommandé à l'attention des mères. Rien ne peut être plus intéressant que de voir l'intelligence sortir peu à peu du nuage qui l'enveloppait, prendre un léger essor chaque fois qu'elle découvre une expression nouvelle, et faire servir ses premiers succès à en obtenir toujours de plus grands. L'en-