‹ L'éducation progressive ou étude du cours de la vie, Volume 1Chapitre 6 sur 144 · DE MADÂSEE NECKER DE SAUSSURE. ^XV · texte numérisé non relu

DE MADÂSEE NECKER DE SAUSSURE. ^XV

ses regards. Ses observations sur le rôle de celle faculté dans 1|' vie sont un des côtés originaux de son ouvrage ; et en les appliquant à l'éducalion des femmes, elle a repoussé avec autorité les préjugés qui voudraient, s'il était possible, détruire Timaginalion à l'effet de se garantir de ses écarts.

Madame Necker savait bien que celle imagination est pour f ainsi dire la partie la pîus vivante et la plus persistante de \ nous-mêmes ; que c'est à travers son prisme que tous les objets ' de nos pensées nous apparaissent ; que c'est elle qui, sans cesse et partout, à l'occasion de toutes les réalités qui tombent sous nos regards et au milieu desquelles nous vivons, nous fait apparaître d'autres tableaux qui, par leur contraste ou leur harmonie avec la vie réelle, donnent du charme à celte vie ou la couvrent d'un voile de tristesse. .

L'imagination n'est pas, comme on le croit communément, une fée malfaisante dont on ne saurait trop limiter l'existence dans l'intérêt du bonheur de chacun. C'est une force neutre ' qu'on peut bien ou mal diriger, qui peut être le bon comme le . mauvais génie de l'àme, mais qu'on ne saurait enchaîner. L'auteui' de V Éducation progressive a fait voir que celle puissance irrésislible, quand on eroit l'avoir domptée, prend les formes les plus diverses, qu'elle se fait petite et anime d'un feu secret les plus misérables passions. Si vous lui refusez l'air et la liberté, elle se dérobe dans les profondeurs de l'égoïsme, et sous des traits vulgaires elle devient l'avarice, la pusillanimité, la vanité. Qui reconnaîtrait alors à ces tristes effets la puissance magique que Dieu a mêlée comme un rayon d'en haut à toutes les autres facultés pour les animer et les attirer vers les sphères supérieures?

Aussi il faut voir avec quel doux empressement madame Necker épie ses premiers mouvements dans l'âme de l'enfant; avec quels soins intelligents elle cherche à en faire, dès l'entrée dans la vie,^a compagne de la vérité ; comme elle l'entoure de tout ce qui peut la fixer dans le cercle du bien : les études qui agrandissent notre horizon intellectuel, le spectacle de la nature dans son merveilleux délail, les émotions des arts, rien ne lui paraît ni superflu ni dangereux pour diriger l'imagination . dans la bonne voie. Elle craint de la voir s'échapper, faute de

XXVI ^OTICE sua la vie- et les échits

plaisirs assez vifs, vers d'autres routes. Ou croit entendre le précepte du poêle pour accoutumer les abeilles à leur ruche :

« At liquidi fontes et stagna virentia musco « Adsiut, ettenuis fugieiis per gramina rivus, « Palmaque vestibulum aiit in'gens oleaster inumbret. •

Eu effet, pourquoi Timaginatioa ne s'allierait-elle pas aussi aisément avec la raison et la vertu qu'avec l'erreur? Il n'est besoin que de lui montrer par où les règles sévères du bien se rattachent à la sphère idéale dont elle est descendue; il faut qu'elle paisse sans cesse remonter vers sa mystérieuse patrie pour en rapporter des parfums et des couleurs; si vous prenez soin de lui montrer toujours les liens secrets qui unissent la

! simplicité d'une vie sage et bien réglée aux grandes lois du monde, elle prendra plaisir à l'ordre. Ses tentes brillantes et légères peuvent aussi bien s'élever à l'entrée d'une pauvre demeure et sous un ciel (riste qu'au milieu des magnificences de Fart et de la nature ; elle colorera la trame unie d'une vie de devoirs qui s'écoule dans l'obscurité; elle s'arrête à la porle de ceux qui souffrent dans le silence pour une bonne cause, et elle chante des airs doux et mélancoliques qui font apparaître cette invisible économie où les plus humbles vertus concourent à toute la savante ordonnance du monde.

\ Le vulgaire veut absolument croire que l'imagination ne ; porte qu'au romanesque. Madame Necker a démontré que cette faculté ne s'i'garo ainsi que faute de direction ; si vous négligez, en effet, de lui montrer que le vrai, que le juste, que le devoir tiennent aussi à une sphère poétique, comme l'Ame a besoin d'aller sans cesse se retremper à cette source, faute ^e mieux, ' l'imagination la conduira au romanesque ; le romanesque est un effort pour soustraire la vie à ses conditions réelles; il cherche par des combinaisons factices une satisfaclion à cette inquiétude qui nous agite tous. Moins la région réelle sera éclairée par l'imagination, plus on sera poussé à chercher dans les chinièrcs du roman une distraction au mouvement monotone / de Texistence : la disposition romanesque tente toujours, quoi- ; que à son insu, de changer quelques-unes des lois du monde; c'est un rêve où les impossibilités se concilient momentané-

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ment : à vivre dans ce genre de rêveries, Tesprit perd le goût r du vrai etTéquilibre nécessaire de ses forces. AccouLumez donc \ les âmes à remonter sur les ailes de l'injagi nation aux lieux élcrv<5s d*où découlent les làgles de la vie réelle ; moncrez son harmonie avec l'enseipble de l'univei's ; faites sentir le plaisir que doit trouver un être raisonnable à travailler pour son humble part à cet ordre magniflque, créé de Dieu; faites ressorlîr ces secrets rapports de toutes les études sur la nature, sur Dieu, sur l'homme, et ne craignez plus que l'imagination se serre contre vous des arts et de la poésie; tout son éclat se portera sur ces grandes idées d'ordre, et laissera dans i'ombt'e le mal et ses illusions.

Pourquoi s'arrêter davantage aux traits g(5néraux d'un livre qui est aujourd'hui entre les mains de^ tout le monde, et qui a .-^ déjà exercé une salutaire influence ? Il recèle une force de vérité et de rectitude qui garantit sa durée. Madame Necker a vécu des idées qu'elle expose dans ce livre ; son e£iî)ril a grandi par la culture qu'elle conseille pour les intelligences : sous des formes générales on y retrouverait aisément la trace de son expérience et tout le progrès de sa carrière intellectuelle et morale.

VÉducatiqn 2'^M!l?lîil^ J\^^ 1*^ .^^rnieroimjage qu'elle publ|a^^ Elle a vu avec joie" commencer l'heureuse application de ses conseils, et elle 4tait émue et comme reconnaissante en voyant que son travail pouvait faire tanl de bien, Peut-é(re elle s'était promis de suivre encore le développenaent des idées qui l'avaient dirigée ; mais, sous le coup de perles cruelles, un secret ennui la surprit, et la force lui manqua pour rechercher encore le -«iccès.

Elle a laissé des manuscrits nombreu*x qui se sont accumulés . avec le cours des années. Souvent elle jetait sur le papier les idées qui tr^ersaient son esprit, et qui se rattachaient à l'ordre habituel de ses réflexions. Ce précieux recueil abonde en vues fines, élevées, en images charmantes, en -expressions heureuses de vérités nouvelles ; mais rien n'est enchaîné. En écrivant ces rapides esqui&ses, elle en ti-e voyait saris doute des cheniins vers d'autres vues, d'autres idées; ces délails se rapportaient à un dessin intérieur que nul ne pourrait retrouver

XXVIII NOTICE SUR L4 VIE El LES ECRITS

I tout cela est triste comme la vue d'un édifice commencé et qui j ne s'achèvera pas, parce que la mort est venue.

Ce premier jet de l'intelligence de madame Necker fait regretter que l'on ne puisse joindj|^ ses écrits déjà connus beaucoup de ces pages plus vivement écrites et d'une inspiralion plus naturelle encore. La vue du public l'intimidait et ôtail parfois à sa plume quelque chose de sa ferme et rapide liberté; d'ailleurs, pour donner sa pensée sous la forme d'un livre, il faut mellre dans l'enchaînement des détails une certaine conséquence qui ne se prête pas toujours aux écarts imprévus de j la vérité. On exige impérieusement d'un auteur un parti pris de i la première page jusgu'à la dernière. Pour les^ays de la langue française surtout, c'est un point sur lequel on est d'une impi- ''i ^ toyable rigueur ; les lecteurs sont surtout attentifs aux inconl'J^^ séquences, et mettre un auteur en contradiction avec lui- Ci^'^^T môme, ne fût-ce que dans les termes, est un plaisir de vanité fl. qu'on se refuSb bien rarement. Une telle exigence rend la con- ^V^* dition d'un écrivain très-dure. Il a besoin d'être dans ses écrits plus décidé, plus décisif qu'il ne l'est intérieurement. Cette sorte de fureurjogique réclame dans les formes d'un livre plus de rigueur et d'enchaînement qu'il ne saurait y en avoir pour l'homme dans le développement sincère de ses pensées. Bien I des choses se concilient dans le for intérieur de Tintelligence, 1 qui ont une apparence de contradiction, et qu'aucun artifice ' de langage ne peut dépouiller de cette apparente contradiction. Voilà pourquoi souvent une partie des idées s'évanouit, quand il est question de leur donner le grand jour de la publicité ; de là vient aussi la nécessité de limiter ou d'exagérer, d^moindrir ou d'enfler les détails, jusqu'à ce que l'ensemble concofée, '. et il n'est pas douteux qme les lois artificielles de la composition n'aient souvent pour résultat de dénaturer, pour la plus grande harmonie du tout, des pensées vraies da#s leur juste mesure.

Cette gêne s'était certainement fait sentir à madame Necker, dont l'esprit était d'ailleurs si rigoureux et si exact ; elle déployait librement chaque idée, dans le sentiment d'une conciliation secrète qui la laissait en repos; mais dès qu'il a fallu faire entrer dans Son livre beaucoup de choses vraies, neuves,

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beaucoup d'observations profondes qu'elle y apportait , elle a a été arrêtée par l'inconséquence apparente, par la difficulté . de montrer au dehors, pour ainsi . parler, le lien quilcsrap-| portait aux principes qu'elle avait posés dans son livre. Un choix de ces fragments naériterait sans doute d'être publié, et en les lisant à la suite de son livre, on verrait mieux encore tout ce que cet esprit avait de portée, et d'étendue, et de hardiesse; et, si l'on parcourait ce recueil où chacune de ses journées apportait son tribut, on serait saisi d'une grande tristesse | en songeant que tant de mouvement de pensées s'est arrêté 1 pour nous.

Longtemps les ombres croissantes de la vieillesse n'avaient pas eu pour madame Necker la morne Iristess* qui s'y mêle souvent ; elle ne s'était point laissé atteindre par la rouille du temps. Elle exprime vivement cette lutte dans une letlre à une amie : « C*est pourtant un plaisir de voir qu*on a pas beaucoup déchu; » et ailleui*s encore : « J'ai balancé l'effet de Vâge par V emploi \ constant des mêmes moyens, JTai avancé, reculé, tour à tour, jnais ^ pourtant f ai avancé sur la totalité. » "^

L'intérêt vif qui l'animait pour toutes choses était tel dans • ses dernières années encore, qu'on pouvait aisément, en la \ voyant alors, se représenter ce qu'elle avait été dans sa jeunesse. Elle-même avait de fréquents retours vers le passé, et en retrouvait aisément les impressions, comme ces souffles que le vent .nous apporte des climats plus doux. Elle écrivait durant un petit voyage qu'elle faisait dans les montagnes qui bordent le lac de Genève : « Je retrouve ici je ne sais quoi de plus jeune ; le plaisir d'autrefois sans motif avec un autre cours de pensées et quelque chose de plus religieux au fond du cœur. Quel bienfait vé- » ritablement que la vie, quel fonds de richesse qui reparaît toujours ; lorsqu'on enlève cette poussière importune des petits tracas habi- ' tuelsî Yi

Quelle image plus persuasive de la sagesse que ce déclin si calme et si doux d'une vie sérieuse ! On l'a dit déjà, les principes sévères gardent à l'âme une indestructible jeunesse et redoublent le sentiment du bienfait de Texistencc. Madame Necker ^ était une personne parfaitement raisonnable, mais qui cherchait et sentait le côlé poétique de la raison. Elle se plaisait à suivre

IZX NOTICE sua LA VLE ET LES EGBITS

ces traces lumineuses qui mènent à ce qui est juste el vrai, à Téternelle beauté ; saisir ces relations secrèteS; c'est rendre au bon sens la couronne dont il n*est que trop souvent dépouillé. Le bon sens sec et prosaïque a fait bien du tort à la raison : il est aussi une folie. A voir la vie dure et roide que les esprits subalternes voudraient nous faire en s'imaginant que tel est l'ordre véritable, on peut en venir à prendre en haine cette morale de leur façon, cette sagesse triste qui n'est pas dans le secret de Dieu, puisque rien ne l'émeut dans les merveilles que Dieu a répandues sur l'univers. Madame Necker était vraiment un jpoéte ra isonnable ; elle jouissait avec vivacité de mille plaisirs élevés que les gens prétendus sensés regardent volontiers comme des puérilités. Quelques beaux vers sur la nature, un rayon du soleil qui pénétrait par un jour d'hiver dans son appartement, le récit de quelques découvertes dans le monde physique, qui prouvaient une fois de plus la sage harmonie qui le régit, Téclat d'une fleur nouvelle, l'industrie d'un insecte, il n'en fallait pas davantage pour la faire rôver longtemps et la mettre sur la voie des idées I infinies. L'imagination^ pour elle, était l'aimable compagne des 1 pensées graves; c'était cette union qu'elle avait tant recommandée dans son livre. Le monde créé sourit à l'austère sagesse.

Purpureos tibi dœdala teMus Submittit flores, tibi rident œquora ponti.

I£lle avait misa dessein beaucoup d'uniformité dans le cours de ses journées partagées entre l'étude, la méditation et les heures du repos nécessaire aune santé délicate; son temps était divisé avec une grande méthode et une stricte régularité. La méthode est quelquefois une nécessité pour des facultés très-actives ; elle les apaise et les tient en harmonie, en les berçant dans ce rhythme lent d'un cercle d'occupations qui reviennent toujours les mêmes. Une certaine poétique d'un ordre inférieur veut que les grands esprits se manifestent par quelque chose de fantasque et d'irrégulier dans la manière de vivre ; en général, au contraire, les âmes qu'un grand mouvement agite ont besoin d'habitudes fixes. Instinctivement elles ont recours à celte règle extérieure pour diriger plus aisément l'impétuosité capricieuse des pensées; et ces formes de l'ordre au dehors finissent par

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produire un apaisement intérieur, qui donne aux conceptions plus de clarté et d'harmonie, comme si tout ce qui est ordonné symétriquement avait un rapport éloigné mais certain avec Tordre plus compliqué qui doit enchaîner les itlées: ainsi les vers, dans leurs mesures cadencées, règlent le pas de l'imagination, t et ce joug en apparence- arbitraire sert mieux qu'une liberté j absolue.

Madame Necker passa les dernières années de sa vie dans les r mômes études et les mêmes convictions qui avaient préoccupé coTi^Ur.ct sa jeunesse, trouvant toujours, en avançant dans sa carrière, les champs qui s'ouvrent à la pensée humaine plus féconds et plus vastes ; regardant la nature avec admiration ^t la sociélé avec bienveillance; fidèle à tout ce qu'elle avait aimé et respecté ; triste devant ce flot du temps qui venait battre à ses pieds, après lui avoir emporté de précieux objets d'affecHon, mais confiante dans la puissance dont elle avait pris son plaisir à sonder les voies.

Cette vie, qui laisse après elle encore tant de regrets, a été pleine et heureuse pour madame Necker, à la considérer par le çôté séileu;stJJ^JfeûfliêJli^ elle l'a consacrée tout entière à entretenir et à clévelopper en elle-même les nobles sentiments, les rj, \'lnt'' profondes affections, les hautes pensi'es; elle a tiré du trésor des années tout ce que la droite volonté et l'ardeur du perfectionnement en peut attendre. Elle a lutté avec une persévérance paisible contre bien des ol stades, et jusqu'à la fin, dans la tristesse comme dans la joie, elle a cultivé sagemen^t ce beau champ ] de la vie, que la foule traverse avec impatience et inquiétude. 1 Elle n'a perdu ni son temps ni sa peine ; elle a laissé, tout animée de son esprit, une famille dans laquelle, sous bien des formes, le talent, les qualités supérieures de l'intelligence, rappellent l'illustration du passé. Elle a, par ses écrits, donné un charme nouveau à cette philosophie réservée, sérieuse, pratique et profonde, qui l'a dirigée elle-même dans toute sa carrière ; et son nom vivra, pour honorer son pays, à côté de celui de son père.

Sa fin fut dune admirable tranquillité. Ses forces s'étaient graduellement affaissées depuis plusieurs mois ; elle regardait avec un calme mélancolique tous ces signaux qui la rappelaient

\XXII NOTICE SrU LA VIE ET LES ÉGEITS, ETC.

ailleurs. Elle se recueillait de plus en plus en elle-ro^ïme, et, durant de longues heures, elle semblait concentrer toutes ses facultés pour entrer dans la grande rêverie que provoque, dans les âmes les plus fefmes, l'approche de la mort ; puis, elle reprenait l'enchaînement régulier de ses lectures, de ses méditations, afin de lutter jusqu'au bout contre l'affaiblissement et le désordre qu*amène la maladie.

Sa famille avait compté sur l'effet d'un air plus doux, etTavait déterminée à s'établir à Mornay, dans une des petites vallées de Salùve, qui s'ouvrent sur la ch^ne des Alpes. C'est là que, le 13 avril 1841, entourée des soins les plus tendres et les plus vigilants, elle s'éteignit, après avoir silencieusement contemplé une dernière fois dans ce monde le grand spectacle du jour qui meurt lentement sur les montagnes.

Ainsi nous laissent les âmes supérieures avec qui nous avons tant de fois agité toutes les questions suprêmes qui pèsent sur nous. La mémoire de ces entretiens est d'une inexprimable tristesse, quand la réalité de la mort vient tout à coup s'y mêler. Les voilà entrées dans ces régions inaccessibles à nos regards, d'où rien ne nous viendra plus d'elles sur. cette terre J Vous qui les avez connues, recueillez et gardez précieusement le souvenir de leurs paroles; car c'en est fait, et vous n'entendrez plus ce langage où une émotion si sincère aniaiait une raison si haute. Quand de telles âmes disparaissent, à la douleur de leur perte, il se joint, pour leurs amis, une sorte d'effroi de rester seuls devant l'énigme du monde.

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