CHAPITRE II
HABITUDE DE L^OBÊISSANCE.
Le devoir de TobéissaDce est le seul que comprennent les petits enfants.
Madame Hamiltoiv.
Dci toutes les habitudes du jeune âge, la plus nécessaire à former est celle de Tobéissance, puisqu'au moyen de celle-là on peut rompre à volonté ou faire contracter toutes les autres. Je regarde ici la docilité comme le résultat d'une habitude, quoiqu'on pi!lt la présenter sous un aspect plus relevé et la considérer comme une obligation morale. Mais, à l'âge tendre dont je m'occupe, la pratique de l'obéissance réveille peu à peu l'idée du devoir, tandis que l'idée du devoir ne peut encore imposer l'obéissance.
En consultant l'observation, on voit que s'il existe chez les enfants un instinct inné d'indépendance, il est aussi des mouvements également naturels qui soumettent leur volonté à la nôtre, quand du moins nous nous conduisons avec suite et fermeté. Ils adoptent souvent nos désirs par sympathie ; de pins ils ont dû éprouver qu'il est inutile de nous résister, et enfin ils sentent qu'ils nous appartiennent, et ils jouissent de nous appartenir. Une petite fille d'un an n'a pas plutôt une poupée qu'elle la regarde comme son enfant, jugeant que ce lien du cœur rend la possession plus complète. Ils comprennent bientôt qu'ils sont notre bien, et celui de tous le plus précieux, notre amour et notre sollicitude le leur prouvent.
D'une pareille idée, conçue sans doute confusément, il résulte que les petits enfants trouvent assez naturel que nous leur interdisions certains actes. Comme nos prohibitions ont