UV. III, CHAP. IV
Ou ne saurait rendre trop simple l*iclée du devoir chez Tenfant ; on ne saurait trop tôt relever la dignité de sa jeune âme, en lui montrant qu'elle est comptée, et qu'on ne foule pas aux piecfs ses plus justes sentiments. Il y a sans doute du danger à exciter trop fortement l'amour- propre dans l'éducation ; il y a même, selon moi, de Tinconvënient à trop exalter l'idéç delà force morale; mais l'estime, dirai-je le respect, que les hommes, malgré leur imperfection, peuvent mériter, cette estime, droit naturel de quiconque ne l'a pas trahie, il faut l'accorder en plein à l'enfant. Il est ignorant, il est faible; les lois, la nécessité le livrent en notre pouvoir ; mais il n'en est pas moins notre égal, notre frère; peut-être est-il au-dessus de nous ; plus rapproché que nous de sa haute origine, plus récemment sorti des mains du Créateur, sa nature est plus angélique. Se sentant innocent, étranger au soupçon ainsi qu'à la crainte, la joie, la sécurité, la noble confiance, éclateront dans ses yeux tant qu'une triste expérience n'aura pas altéré la pureté de son cœur.
La vérité la plus scrupuleuse, chez les instituteurs' ne manque pas de se reproduire chez les élèves, et la docilité de ceux-ci en est la suite. Une éducation sincère peut seule être à la longue une éducation douce; car, puisqu'il est des points qu'on veut décidément obtenir, il faudrait bien recourir à la violence, si les paroles restaient sans effet. Voilà ce qu'une mère éclairée sentira bientôt, et persuadera s'il se peut à ses divers auxiliaires. Elle doit surtout à cet égard diriger les bonnes; mais c'est là une grande difficulté, une sincérité parfaite étant peut être la qualité qu'une éducation défectueuse, jointe à un état de dépendance, rend le plus rare chez les filles pauvres. Comme les moyens de lever cette difficulté devraient être pris en considération, je finirai en exprimant le vœu que dans ce siècle, si fécond en établissements, on s'occupe à fonder des écoles de bonnes, capables de gouverner des enfants au-dessous de six ans. Quelques dépôts, oîi l'on trouverait à coup sûr des personnes sages, douces et
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vraies, seraient un bienfait dont les mères sentiraient le prix.