‹ L'éducation progressive ou étude du cours de la vie, Volume 1Chapitre 89 sur 144 · LIV. III, CHiP. VII. 2U · texte numérisé non relu

LIV. III, CHiP. VII. 2U

abus qu'«it pu en faire Tenthousiasme, n'en est pas moins Tessence même de la religion. Sans la persuasion que notre appel est entendu, sans Tespoir qu'une réponse au moins tacite est obtenue, qu'il redescend je ne sais quelle bénédiction de l'encens offert par la prière, il n'y a plus rien de consolant, plus rien de régénérateur dans le culte ; il n'y a plus même de culte, et l'âme isolée cesse bientôt d'adresser im hommage inutile.

Pour établir ce commerce intime et sacré, pour produire le sentiment d'une telle correspondance, la route que nous ouvre rÉvangile est la seule connue, la seule assurée, la seule où nous' trouvions du secours. Jésus-Christ, médiateur, intercesseur, rédempteur, aplanit de plusieurs manières les obstacles qu'oppose la nature humaine aux progrès de la religion dans notre âme. Se plaçant dans Timmense intervalle qui sépare des êtres bornés de l'Être infini, des malheureux de la source du bonheur, des pécheurs de la sainteté éternelle, il approche Dieu de nos cœurs, il le met à notre portée, à celle des plus humbles entre nous. Cette innombrable multitude, condamnée à rester étrangère au langage des esprita»€ult^vés, entend un autre langage ; les ignorants sont appelés, rage tendre est appelé : tout marche dans la race humaine. Partout oti se trouvent les dispositions si particulières à l'enfant, Tamour, la confiance, la soumission^ on voit Jésus-Christ s'offrir pour guide. En disant : Laissez venir à moi ces petits enfants, il semble nous avoir révélé et notre devoir comme parents et l'esprit général de son culte.

Sans doute la religion dans son ensemble ne saurait être embrassée par l'esprit de l'enfant ; le cortège auguste des vérités qui la composent ou s'y rallient ne se déploie pas à ses faibles yeux ; mais tout ce qui e.st amour et consolation dans la piété, tout ce qui soutient, ranime, enflamme nos âmes, et peut encore les réchauffer sur les bords glacés du tombeau, tout cela, dis-je, est d'ancienne origine, et doit (»mmencer avec nous.

Î14 l'éducatiojn pbogressive.

Puisque le caractère distinclif du chrislianisime, et les moyens d'instruction que fournissent les livres sacrés nous ■permettent d'inspirer l'amour de Dieu à nos enfants, comment ne pas user d'un tel privilège ? comment ne pas prévoir que ce sentiment, conçu de bonne heure, jettera de plus profondes racines dans le cœur ? Si la religion a une date, si la naissance ne s'en perd pas dans les nuanges de l'enfance, s^il est des souvenirs qui l'ont précédée, elle n'est plus la compagne inséparable de l'exislence. De toutes les idées qui s'y rattachent, la plus propre à purifier le fond dU cœur, la persuasion de la présence de Dieu n'a plus à la fois et la continuité d'une habitude et la profondeur d'une impression sans cesse renouvelée. Je ne sais si dans un autre âgfe on réussirait à l'introduire par la terreur; mais alors elle prendrait un sinistre caractère. C'est Tépoque où la nature entière nous sourit, où tous nos semblables nous aiment et nous protègent, que l'idée d'un Dieu ami, d'un Dieu prolecteur s'empare aisément de notre àme. Et quelle bénédiction qu'une telle idée ! qui peut en apprécier le bienfait? qui saura ce qu'est pour nous un fonds d'espérance qui ne s'épuise jamais, qui nous montre un monde éclatant au delà de ce rtionde, une perfection céleste au delà de la perfection humaine, un bonheur plus grand, plus pur que celui dont on peut se former l'idée ici-bas, et enfin qui nous persuade que les maux eux-mêmes sont pour notre bien ? Voilà qu'il me tue, dit Job ; je ne laisserai pas d'espérer en lui. Plus de solitude, plus d'exil, plus de vieillesse, plus de ^ort; Dieu est là, il nous soutient, il nous entend, il nous parle, il nous rassure ; et si le danger est grand, imminent, inévitable, si les ombres de la mort nous environnent, c'est qu'il veut nous recevoir dans son sein. Une lumière douce et colorée se répand sur tous les objets ; une atmosphère d'amour enveloppe la nature entière ; les hommes, les animaux, la création matérielle môme, les plantes, les ruisseaux, les montagnes, tout est aimé ! tout est l'ouvrage de Dieu, tout est un langage dont fc

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