LIV. lîl, CHAP
péaètre le cœur dès renfance, prend la teinte heureuse de cet âge, et s'allie à ses innocents intérêts. Unie à tous les plaisirs, elle n*a rien de triste; aux études, elle n'a rien d'étroit. La culture intellectuelle et la culture religieuse, obligées de marcher de front, suivent une direction commune et se transmettent un caractère de raison et de sainteté. L'œuvre entière de l'éducation est facilitée. Ce qu'il y a dans l'âme de plus intime, le sentiment religieux ajoute de la profondeur aux affections de la nature. A peine la religion commencet-elle à préluder dans le cœur, que, déjà fidèle à son beau nom elle lie^. Cette chaîne qui attire les hommes à Dieu nous ramène aussi nos enfants. Un sentiment de respect plus prononcé les soumet à notre autorité, et adoucit chez eux l'impression de nos rigueurs mêmes, en leur persuadant que nous ne sommes pas libres, et qu'une sévérité nécessaire est Teffet de notre obéissance à la loi commune. Nous sommes les représentants de l'Être suprême que nous adorons avec eux; et de l'auguste idée d'un père céleste, il redescend sur celle des parents terrestres je ne sais quoi de sacré que l'imperfection humaine ne peut pas détruire.