‹ L'Education Publique et La Vie NationaleChapitre 12 sur 62 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

divine? Certes, c’est une haute et féconde vérité, dont les moralistes- sont encore bien loin d’avoir épuisé les applications, que celle de la dignité excellente, unique, de la personne; mais cette dignité, avec le devoir impératif qui en découle, quel en est le dernier fondement? ne reste-t-elle pas comme suspendue en I’air, sila personne humaine ne tient elle-méme A |’Esprit éternel, si elle ne revét par la un caractére inviolable, vraiment divin, qui fa met 4 l'abri de notre arbitraire et de nos caprices?

« Crest 1a, diront quelques-uns, de la métaphysique, c'est-a-dire de l’inconnaissable. » Ils oublient que I’humanité, et en particulier notre Occident, a toujours vécu de métaphysique, et qu'elle ne semble pas disposée a s'en passer.

M. Renouvier a prononcé a ce sujet avec son autorité habituelle un jugement de. grande portée: « On est, dit-il, forcé de constater dans les efforts louables’ que les gouvernements libéraux font pour Vinstruction du peuple, l'absence d’une doctrine canable de remplir le vide moral des esprits et des cceurs. La religion, en son état actuel, peut fort peu de chose pour |’éducation; et 1a ot elle manque entiérement, les hommes qui restent au plus bas degré de culture ne recoivent que |’éducation insuffisante et de hasard de leurs milieux. La civihsation des soctélés modernes ne porte en somme que sur une couche superficielle, dont Uinstruction primaire, telle qu'on la comprend, naugmentera pas beaucoup la profondeur. »

Si nous comprenons bien M. Renouvier, il veut dire que l’enseignement public est dépourvu de principes rationnels, fermes et cohérents; qu’il flotte entre des joctrines différentes, le devoir d’une part, et a coté du

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