‹ L'Education Publique et La Vie NationaleChapitre 13 sur 62 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

| en Sen

devoir la sympathie, le respect de soi, l’honneur, le sentiment de la beauté ou de la noblesse, lVintérét bien entendu, et méme la simple coutume ou lopinion du monde; qu'il n'a que des vues superficielles sur notre nature, sur sa faiblesse, sa malignité, sa grandeur; qu'il lui manque une idée partout présente de la place qu’occupe l'homme dans l’ordre universel, des rapports qu’il peut et doit entretenir avec le principe supréme de cet ordre; en d'autres termes, que l’idée religieuse, ou bien fait défaut, ou ne pénétre pas toutes les parties de la doctrine; que pour ces causes la morale pratique elleméme, celle que nous enseignons, manque de forte prise sur lesAmes, en particulier sur lés Ames de mince culture; morale utilitaire ou d’intérét, préchant le « perfectionnement » plutdt que la réforme et la conversion.

Et tout récemment : « On en vient de plus en plus 4 reconnaitre que Vinstruction, instrument de la raison, n'est pas ce qui fait ou informe réellement la raison elle-eméme, encore moins ce qui engendre les sentiments moteurs du coeur humain. On nie que les connaissances scientifiques puissent jamais suppléer les croyances morales, non plus d’ailleurs que les renverser.... 4 (Année philos., 1895, p. 4.)

Il y a sans doute une grande part de vérité dans ces jugements d’un philosophe qui n'est pas suspect de dénigrement 4 lendroit du temps présent; et l'on ne peut que gagner a les prendre en sérieuse considération. Comment nier que |’instruction, dont le propre est ge s'adresser 4 ’intelligence toute seule et d’y prendre son point d’appui, ne suffit pas 4 déterminer les actions; il y faut l'intermédiaire du sentiment, qui est le moteur par excellence; et le moteur du sentiment a son tour, ce n'est

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