INTRODUCTION. XX!I
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pas habituellement la simple raison, c’est la croyance, et, comme dit Pascal, la foi du coeur; non ‘pas sans doute que M. Renouvier pense 4 des croyances aveugles ou d'autorité, c’est-a-dire de pur instinct ou d'hérédité; mais.des croyances réfléchies et libres, ot l’Ame tout entiére intervient en se pronongant librement, au seul nom de sa dignité propre, entre des conceptions générales opposées, entre la cqnception optimiste du monde et celle de l’ordre mécanique, ou entre la liberté et le déterminisme absolu, entre Je devoir et le Rea entre l'esprit et la nature.
Mais ces croyances morales, que M. Renouvier, répétons-le, serait le dernier 4 confondre avec des dogmes imposés, il ne lui échappe certainement pas que le principal moyen de les communiquer A l'aide des formes symboliques de l'art, chant, poésie, fétes, c’est Pinstruction. ll reste toujours que « la dignité de Phomme est dans la pensée, et que c’est de la qu'il peut se relever ». Comment procurer la moralité, sinon en éclairant l’intelligence, en mouvant le cceur, et a sa suite la volonté, par des idées, c’est-a-dire, par l’instruction? Non pas, cela va sans dire, par un savoir quelconque, mais par des idées morales aussi vraies, aussi profondes que possible sur la nature et la destinée de ‘homme, sur Dieu et tordre du monde. Ce que notre philosophe appelle des croyances, pour les distinguer de la connaissance rigoureusement observable ou démontrable, ne peut pourtant prendre figure et se rendre visible 4 l’esprit que par des idées. Les Aabitudes méme, auxquelles de grands philosophes ont attribué dans la formation de la moralité une part exclusive ou prépondérante — a mes yeux excessive, — l’habitude, la coutume, que sont-