XXII INTRODUCTION
elles, sinon des idées transmises, et en quelque sorte consolidées? Et par quel moyen les épurer, les améliorer, sinon encore par des idées, c’est-a-dire par l’tnstruction?
Grande serait donc l’erreur de se relacher de l’instruction, sous prétexte que la croyance seule a Ja vertu de former les sentiments moteurs de la vie.
L’instruction, en général, a toujours le mérite d’éveiller lintelligence, d’amener homme a prendre conscience de lui-méme, de le mettre en état de recevoir les bonnes influences; mais c'est & l'instruction morale de lui présenter les vérités que nous appelons a la fois régulatrices et inspiratrices. Encore faut-il qu'elle soit prise du plus vif, du plus profond de la nature humaine, et que, destinée 4 mettre en branle toutes les puissances de l’4me en vue de déterminer la vie, elle soit donnée par le maitre avec son 4me entiére, sous peine de rester un simple catéchisme de notions abstraites et inertes. Cela nest pas moins vrai de l'enseignement laYque que de lenseignement ecclésiastique, des maftres laiques que des maitres ecclésiastiques : d'un cété comme de l’autre la vocation, la ferveur communicative de croyance est rare, et de plus elle est intermittente, de sorte que le plus souvent l'intelligence parle seule 4 Vintelligence (quand ce n'est pas la mémoire qui parle 4 la mémoire), sans qu'il y ait échange d’une 4me 4 l'autre.
On oublie trop d’ailleurs que !’instruction morale, non > contente de viser, comme I’enseignement en général, a l'acquiescement de l’intelligence, lequel ne coite aucun effort pénible, puisqu’on ne peut se refuser A ]’évidence, prétend déterminer une activité pratique militante, réfor-
trice, une activité si l’on peut ainsi dire contre nature,