‹ L'Education Publique et La Vie NationaleChapitre 3 sur 62 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

domine les desseins d’utilité pratique, et qui soit plus ou moins présent a la pensée de tout le corps enseignant, il n'y a pas d’éducation, ou bien il n'y en a qu’au moindre degré. Et quelles que soient ensuite la composition judicieuse des programmes, la science des maitres, la bonne organisation et méme l'dpplication assidue des éléves, si l’esprit d’éducation qui a présidé 4 toute cette création vient a disparaitre, ou seulement 4 faillir, aussit6t le mécanisme de la routine, avec ses trompe-l’ceil et sa stérilité, tend 4 remplacer la vie.

Quel est le dessein d’ensemble, quel est le principe dirigeant, quel est l’esprit qui se retrouve a toutes les pages du présent livre? Celui-la méme qui a inspiré les grandes lois scolaires de la République et les réformes qui en procédent. C’est la patrie frangaise que l’on a eu sans cesse en vue, c’est Ja démocratie et ses institutions, c'est particuli¢rement la classe populaire. Préparer parl’école une démocratie intelligente, justeet fraternelle, unie par une culture générale commune, nourrie des mémes idées essentielles et des mémes sentiments, sans rien de systématique, d’exclusif, de sectaire, tel a été le but que se sont proposé les pouvoirs publics, et qui rachétera, croyons-nous, aux yeux de la postérité impartiale bien des erreurs politiques. Ils n’ont pas seulement voulu — ce qui serait déja un voeu sage et légitime entre tous — mettre chaque électeur en mesure de lire les professions de foi de ses députés et d’écrire avec dis-

ement son bulletin de vote; — mais ils ont entrele transformer la multitude obscure, anonyme,

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