Ch. vi
l’éducation
indistinctement applicables à tous les cas. Or, il nous paraît que dans les deux modes de psychothérapie, et plus encore peut-être dans celui que nous avons étudié, il est deux considérations qui doivent constamment demeurer présentes à l’esprit. C’est d’abord le sentiment profond de la faiblesse inhérente à la nature même de l’homme; et d’autre part, l’assurance de pouvoir lutter avec succès contre cette faiblesse naturelle par l’emploi persévérant et habile des ressources que nous trouvons en nous. Ces deux sentiments, qui se fortifieront de plus en plus par l’usage, suffiront presque, à eux seuls, pour régler notre conduite envers nous-mêmes. Ils nous formeront à nous étudier avec sang-froid, impartialité, sincérité, à la fois sans crainte vaine et sans folle présomption. S’inquiéter sans cesse sur sa santé, n’est-ce pas, en réalité, se suggestionner inconsciemment pour son plus grand dommage, se rendre réellement malade ou donner plus d’acuité à ses souffrances ? En revanche, se trop confier en ses forces, n’est-ce pas s’aveugler volontairement, et, dès lors, s’exposer par négligence ? Entre ces deux extrêmes il est un juste milieu que nous devons garder. Sachons voir en nous des êtres d’une santé faible et délicate, ce que
nous sommes tous en effet, mais aussi prenons pleine conscience de l’empire toujours plus grand que nous pouvons conquérir sur nous-mêmes. Ainsi deviendrons-nous bons et indulgents envers nous-mêmes, et en même temps patients et torts.