Lorsqu un phénomène morbide est très prédomi
nant, la suggestion directe, loin d’en triompher ne fa t
souvent qu en augmenter l’intensité, en y appelant plus vigoureusement 'attention. C’est là un fait qu’on ne doi jamais perdre de vue dans la thérapeutique suggestive courante comme dans l’autosuggestive • car Je t a instituer en découle. La règle doit être alors d’employer les Procédés qui agissent comme dérivatifs de l'attention ■ c est 4-dire indifférence, distraction (voir page 93) recueil’ lement ou sommeil. Je citerai l’exemple d’une personne qUe je soignais dernièrement pour des phénoinènes neu
6t qU'’ malgré deS suS§esfions répétées se -P. . laiî cha(lue matin régulièrement à 4 h. Voyant l’inu tihte de la suggestion directe, je pris le parti L J
une méthode tout opposée ; je lui dis , ,P„e oek “arran Serait tout seul sans plus insister, et non seulement k cessai les suggestions a cet égard, mais ie S1
* ‘'Interroger sur les troubles du sommeil ÂÜ oout de quelques jours elle m’imma j-„ii . Au
demment, quelle dormait chaque jPour jusqu’à 6h Th Et naturellement, je me Lai S r 6h'’ h,1/2' moindre étonnement. & den montrer la
«approchez cependant de ceci, comme correctif no nous disons page 190, 38. trectil, ce que
l’éducation
le plus parfait possible, nous atténuons en réalité peu à peu l’auto-suggestion inconsciente qui entretenait le phénomène morbide, nous faisons tomber la résistance qui empêchait la suggestion curatrice de se développer. Dès lors celle-ci va poursuivre sa route plus aisément sur ce terrain aplani, et aboutir, à notre insu, inconsciemment ou presque inconsciemment, à sa parfaite réalisation.
Je rapprocherai de ces faits l’observation suivante, qui m’a été communiquée par un médecin de mes amis; elle va nous montrer le même procédé s’appliquant, cette fois, à l’auto-suggestion en acte. « Lorsque je me trouve, me disait-il, en état de fatigue, de malaise, j’ai remarqué bien souvent que ce qui me réussissait le mieux, c’était, non pas de chercher à réagir (ce qui augmentait le mal), mais de me laisser parler, marcher, travailler, en en détournant mon attention, de laisser en un mot le cerveau faire automatiquement sa tâche. » L’ auto-suggestion étant essentiellement l’art de manier l’attention, il s’agit bien ici encore, si l’on veut y réfléchir, d’autosuggestion, mais négative, c’est-à-dire par retrait de l’attention. Comme le pianiste dont les doigts errent inconsciemment sur le piano, comme e
bicycliste qui, pour aller à une allure plus régulière, laisse sa pensée flotter dans le vague, le sujet, en pareil cas, réalise sur lui-même, en quelque sorte, dans Tétât de veille, un état de sommeil partiel. Une fois la première impulsion donnée, il fait de lui, de propos délibéré, une véritable automate obéissant à cette impulsion, comme le sujet endormi obéit aux ordres donnés par l’hypnotiseur.