‹ L'éducation rationnelle de la volontéChapitre 43 sur 60 · TROUBLES DIVERS · texte numérisé non relu

TROUBLES DIVERS

Somnolence. F. — Disparition en une huitaine de jours d’envies fréquentes de dormir, survenant à tout moment de la journée, et durant à peu près depuis le même laps de temps.

Il s agit là d un phenomene neurasthénique assez communément observé, dû à l’insuffisance du repos procuré par le sommeil de la nuit. Ce n’est, on le voit aisément, que la reproduction exagérée d’un phénomène habituel. L’hystérique, à son tour, présente parfois des troubles du même ordre, mais d’intensité infiniment plus grande, véritables attaques de sommeil ou apoplexie nerveuse.

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Défaillances. — Une dame neurasthénique que j’avais traitée par suggestion, sujette à des malaises souvent extrêmement intenses (défaillances, étourdissements), m’a dit avoir à plusieurs reprises réussi à les faire avorter en songeant à temps à employer l’auto-suggestion.

« J’ai reconnu par ma propre expérience, dit Feuchtersleben, que l’homme peut conjurer une défaillance imminente, lorsque, se sentant seul et hors de la portée de tout secours, il comprend qu’il ne peut se manquer à lui-même, et qu’ilfait appel à toute son énergie pour dominer son état de faiblesse. »

Enervement. — Chez E. F, états d’énervement, d’agitation, à la suite d’émotion morale, calmés par recueillement ou auto-suggestion.

Fatigue, courbature. — A. — Après une nuit mauvaise et une journée fatigante, grande lassitude vers cinq heures du soir, accompagnée de mal de cœur envie de vomir, fatigue dans les jambes. Je me suggestionne en me fixant un but de promenade, et en me proposant d’être rétabli en arrivant à ce but ; et j’y réussis en effet.

Cette observation est assez intéressante en ce que la fatigue semble s’être accompagnée

il un état morbide assez marqué de l’estomac.

B. — Je sens en me couchant d’horribles courbatures aux articulations des épaules et des genoux, venant peut-être d’excès de travail ou d’une fatigue que je ne saurais préciser. Et, au moment de m’endormir, j’essaie de les faire disparaître. Lentement, pendant quelques minutes, je fais des frictions des doigts sur les parties douloureuses ; après avoir répété plusieurs fois cette opération, la douleur s’en va. D’aiguë, elle devient sourde, imprécise. Je cherche en vain la place exacte ; elle semble s’éloigner au fur et à mesure que mes doigts se rapproc îent et je m endors à peu près guéri. Je m’étais oihgé avant ce sommeil à me trouver le lendemain matin complètement guéri. En effet, dans a journée, le lendemain, tout avait disparu. Seuement, de temps à autre, une vague douleur passait quand je remuais un peu les bras, et disparaissait presque aussitôt.

Exemple d’auto-suggestion matérialisée (par des frictions), combinée avec le recueillement. Il s’agit là d’un de ces états de fatigue douloureuse, qu on rencontre fréquemment chez les neurasthéniques, mais qui peuvent survenir accidentellement chez des sujets habituellement sains.

aoE" , ,S°mrnei1 a?ité cette nuit. Au réveil, je me ens très fatigué d’esprit et courbaturé par tout le

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corps. J’essaie à plusieurs reprises successives l’auto-suggestion, qui est très difficile en raison de la fatigue de l’esprit. Cependant, peu à peu, j arrive à sentir un moment où la suggestion se fait plus aisément; je parviens à diminuer la fatigue, et 1 esprit s’éclaircit, mais ce n’est là, d’ailleurs, qu’une atténuation, et toute la journée, le malaise persiste, quoique moins accentué.

C. de Lagrave. — A la suite d’une dysenterie, je ne peux faire plus d’un kilomètre sans fatigue. Par auto-suggestion, je puis faire le lendemain sans fatigue huit kilomètres. C’est la première fois depuis un an que je faisais une telle marche.

Si l’ auto-suggestion donne des résultats parfois très bons, parfois incomplets, ou même a peu près nuis, ceux fournis par l’hétéro-suggestion sont toujours extrêmement favorables, qu’il s’agisse de fatigue vraie survenue à la suite de travail ou d’excès, de fatigue nerveuse provoquée par les troubles du sommeil, les émotions morales, ou encore de cet état de fatigue douloureuse permanente, commun aux neurasthéniques. line de mes observations les plus nettes à cet égard est celle que j’ai prise, il y a quelque temps, sur un de mes amis médecin, qui, jusque-là, n’avait jamais été suggestionné. Ayant

été fortement surmené les jours précédents, il se sentait très courbaturé de corps et d’esprit, en fort mauvais état pour accomplir sa tâche journalière. Dix minutes de suggestion sans sommeil suffirent pour le rendre dispos et alerte pour tout le reste de la journée. Cette influence profondément calmante et bienfaisante du repos donné par la suggestion, il n’est pas un seul des sujets qui y sont soumis, qui ne la constate. Suivant l’heureuse expression qui m’en a été donnée, c’est une sorte « d’extrait concentré » de sommeil.

Parésie. — B. — Depuis le matin je sens le bras droit extrêmement fatigué et faible. Il m’est pénible de le soulever; et, quand je le remue, j’y éprouve comme des tiraillements. Je me suggère la disparition de cette faiblesse, en même temps que je passe plusieurs fois l’autre main sur tout le bras. Puis quand je le sens un peu plus fort, je m’exerce à le mouvoir en tous sens, en me disant de ne plus penser à cette fatigue. Et peu après je constate que tout a fort bien disparu.

Ces phénomènes de paralysie incomplète, localisée à un membre ou à plusieurs, s’observent souvent dans la neurasthénie. Ils ne vont jamais jusqu à la paralysie absolue. El cependant, entre

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ces « parésies » plus ou moins accentuées, et la paralysie totale des hystériques, il n’y a qu'une différence de modalité et d’intensité. Des deux côtés, l’élément primordial est l’élément psychique dont les troubles musculaires ne sont que le reflet.

Dérobement des jambes. — C. — Depuis trois mois j’éprouvais une faiblesse clans la jambe droite, que je ne savais à quoi attribuer, et qui me causait une assez grande gêne, en même temps qu’une certaine inquiétude. Tout à coup en marchant, je sentais cette jambe plier brusquement sous moi, ce qui me faisait trébucher. Je me suis guéri par l’auto-suggestion en quelques jours, et, depuis ce moment, cela ne m’est jamais revenu.

Ce dérobement des jambes est fréquent chez les nerveux : et j’ai remarqué qu’il était souvent pour les malades la cause de craintes vives, car il évoque immédiatement dans leur esprit la pensée d’une «paralysie possible. L’observation qui vient d’être donnée n’en présente que plus d’intérêt à cet égard. En réalité il n’y a pas plus de paralysie dans ces cas que dans les phénomènes hystériques correspondants, reproduction très amplifiée des précédents, et qu’on désigne communément, depuis le travail de P. Blocq,

sous le nom d’astasie-abasie. C’est une affection constituée, comme le nom l’indique, par l'impossibilité de se tenir debout et de marcher, avec conservation de tous les autres mouvements. Cette appellation commode a eu le tort, cependant, de faire croire a une affection univoque, et depuis lors, la plupart des auteurs se sont beaucoup trop préoccupés d en décrire diverses variétés de pure forme, qui n’ont qu’un intérêt tout à fait secondaire : variétés paralytique, choréi loi me, ataxique, sautillante, etc... Se contenter du diagnostic astasie-abasie, c’est se satisfaire de mots. Le diagnostic à poser, en pareil cas, est par dessus tout un diagnostic psychique. Ainsi, chez 1 un, il s agira de douleurs nerveuses, purement psychiques, qui empêchent les mouvements de la marche : « il a remarqué que la marche et la station provoquent des impressions douloureuses, et alors, pour les éviter, il a résolu de ne plus marcher pendant une animée 1 ». Chez un autre, ce sera « la crainte continuelle où il est de ne pouvoir marcher » et M. Huchard relate à ce propos l’intéressante observation suivante qui nous montre le même syndrome, pour ainsi

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