TROUBLES SEXUELS
Pertes séminales. — Nous trouvons ici deux observations intéressantes :
B. Pertes séminales fréquentes, durant depuis plusieurs années déjà, pour lesquelles il avait con-
I . Feuchtersleben écrivait déjà : « Hufeland conseille de régler par la volonté les évacuations journalières ».
sulté sans résultat. S’est suggéré pendant une quinzaine de jours. Les pertes ont disparu complètement. Depuis lors, n’a plus répété la suggestion qu’à longs intervalles, ou quand une excitation plus vive lui fait craindre des pertes pour la nuit suivante. Si, malgré la suggestion faite de ne pas avoir de rêves érotiques, ces rêves surviennent, il se réveille juste à temps pour les empêcher d’aboutir.
A dissipé également, par auto-suggestion, un suintement blanchâtre se produisant dans la journée et tachant le linge.
D. — Observation tout à fait semblable, avec mêmes détails, et même résultat, pour pertes séminales durant depuis plusieurs années.
La rapidité avec laquelle, dans ces deux cas, ont cédé les phénomènes, bien que durant de fort longue date, nous semble très remarquable. Les traitements quon oppose en général aux pertes séminales, hydrothérapie, médicaments divers, bromure, camphre, etc., n’exercent souvent sur elles qu’une influence des plus restreintes. Il n’y a pas heu de s’en étonner : si l’on ne se contente pas des explications courantes et qu’on analyse de plus près le mécanisme de ces pollutions nocturnes, on se rend compte que les causes occasionnelles peuvent être multiples mais que, partout et toujours, il est une cause
l’éducation
déterminante qu’on retrouve comme élément stable, et cette cause est d’ordre psychique. « La pollution nocturne, dit fort bien Jules Janet1, accompagne toujours un rêve érotique. Chez les individus très continents, la réplétion des vésicules séminales et l’ardeur génésique provoquent pendant la nuit le rêve érotique et la pollution qui en est la conséquence ; mais, chez beaucoup d’individus, le rêve érotique, par suite de mauvaises habitudes prises, est primitif, et c’est lui qui condamne le patient à une pollution dont il n’avait nul besoin. » Ce qui fait croire parfois que la pollution survient sans rêves, c’est que « le rêve qui la précède ne reste fixé dans le souvenir du patient qu’à la condition que celui-ci se réveille immédiatement après la pollution. Sinon, il est entièrement oublié ». Le mécanisme psychique de l’affection étant bien nettement compris, il est tout simple quelle relève surtout d’un traitement psychique.
11 y a une affection qu’on ne peut s’empêcher de rapprocher immédiatement de la précédente: c’est l’incontinence d’urine. Le processus est le même. « L’incontinence nocturne d’origine psy-
i. J. Janet, Troubles psychopathiques de la miction.
chique est, dit l’auteur déjà cité, un fait absolument semblable à la pollution nocturne. Comme elle, elle se produit à l’occasion d’un rêve; comme elle, elle peut passer inaperçue du dormeur à cause de la profondeur de son sommeil. » Or, l’analogie de nature se complète par l’analogie des résultats thérapeutiques. Il est remarquable de voir, tous les médecins qui s’occupent de suggestion ont pu le constater, combien cette affection souvent si rebelle à toute autre médication, cède fréquemment et vite au traitement psychique1.
Pour en revenir aux pertes séminales, il est intéressant de noter que, sur ce point spécial, la possibilité et l’efficacité d’une thérapeutique auto-suggestive avaient été déjà comprises et indiquées par certains auteurs. Un hasard heureux nous a, précisément, mis tout récemment
.*• .Dans d’autres cas, le mécanisme est un peu différent. Ainsi certains enfants urineront la nuit dans leur lit et e jour dans leurs vêtements, par paresse de se lever ou de demander le vase. Ici encore, naturellement la psychothérapie devra être appliquée. D’autres fois, l’incontinence, comme la spermatorrhée, dépendent de lésions
toute HDr UrUuraent jusLiciables d’une thérapeutique toute differente. Mais ces cas sont assurément de beaucoup les moins fréquents. ^
l’éducation
sous les yeux ce passage du Traité de Diday, le célèbre vénéréologue de Lyon : « Avant de s’endormir, se bien promettre de se réveiller dans le cas où surviendrait un rêve érotique, et cet engagement moral de se réveiller, le prendre vis-à-vis de soi avec une telle force de volonté que le souvenir en persiste malgré le sommeil, et soit en état d’exercer à propos, le cas échéant, une action préservatrice.
Je ne conseille là rien qui ne soit très possible, rien que n’accomplissent facilement les sujets doués de quelque énergie morale. Le malade, ainsi armé et décidé à lutter contre lui-même, doit être averti d’un piège que lui tend la bonne nature1. Parfois il est assez éveillé pour sentir que la perte va avoir lieu. Mais par paresse, peut-être par un instinct de sensualité qui ne demande qu’à transiger, il aime à se persuader qu’il est trop tard, que l’acte est assez avancé pour ne pouvoir être empêché par le réveil, et il laisse faire !... C’est là un piège, je le repète. Du moment où on a conscience de ce qui va se passer, il n’est jamais trop tard pour essayer de l’empêcher, et le plus souvent, quoiqu’on ait