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LES INSTITUTIONS DE L'EVANGILE

Elle est écrite en caractères éclatants dans chacune des institutions de TÉvangile, car.il n'en est point qui n'ait ce caractère admirable de se mettre au service de tous et à la portée de tous.

Quelle institution, pour commencer par là, que ce livre si simple, si vivant, sipopukire! C'est une merveille qui ne nous frappe plus suffisamment parce que nous y sommes habitués. Ce livre est pour tous, ei il présente à tons toutes les vérités qui importent à nos âmes.

La Bible, ou si vous aimez mieux que nous ne parlions que des écrits de la nouvelle alliance, TÉvangile, œt, à la lettre, le livre de l'égalité. — popularité vraiment divine ! Ce n'est plus la philosophie antique réservant ses lumières à Tahstocratie des savants. Ce n'est plus le paganisme réservant à l'aristocratie des prêtres ou des initiés les interprétations élevées, et condamnant le pe»pie à se contenter des grossiers symboles. L'Écriture s'adresse à ce qu'il y a d'égal en nous, à la conscience et au cœur. Aussi Jésus-Christ a-t-il pu s'écrier : « Je te rends grâce, ô père^ seigneur du dàl et <ie la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélées aux petits enfants.»

C'était en effet une révolution immense qui s'accom plissait, la révolution de l'égalité. L'égalité devant la vérité ne nous a été donnée que par l'Évangile. L*Évan fiiie seul a détrôné sous oe rapport « les sages et les

intelligeats, » car S leur a commandé de marcher comme les autres sur le chemin des petits enfants, et il n'a pas voulu qu'une supériorité morale demeurât liée à la supériorité intellectuelle. — J'ai moins d'esprit, donc je serai moins bon ! J'ai moins de science, donc je n'aurai pas de Dieu; je n'aurai que des idoles impures ou des fétiches ! Calculez, messieurs, ce qu'il a fait pour l'égalité, ce Jésus qui a renversé les philosophies et les religions du privilège.

Ce n'est pas à dire d'ailleurs que, parce que l'Évangile est pour les enfants, et parce qu'il place la vérité religieuse dans une région qui n'est pas celle du raisonnement ou de la science, les savants ou les raisonneurs puissent le regarder du haut en bas. Demandez à tant de savants de premier ordre qui sont venus incliner latéte et adorer; demandez-leur si quelque part ils ont dé couvert autant de lumières sur Dieu, sur l'homme, sur réternité, sur le devoir, sur la famille, sur le bonheur, sur le but et la beauté de l'existence ; demandez-leur si quelque part ils ont rencontré une philosophie plus profonde que celle qui est offerte aux petits enfants.

Ce caractère saintement démocratique de TÉcriture est d'autant plus frappant, que l'Évangile, et ce n'est pas sa moindre originalité, n'institue aucune prêtrise. Il établit au sein des Églises le bon ordre et l'enseignement ; avec lui, il y a des anciens et des diacres, il y a des docteurs, il y a des hommes chargés de présider, de diriger, de prêcher ; mais de clergé dans le sens technique du mot, point. Chacun se trouve placé pour son propre compte en face de Dieu et de la parole de Dieu ; chacun est responsable de soi ; chacun est sacrificateur^

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