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LES INSTITUTIONS DE L'ÉVANGILE

pTésentant les offrandes du cœur et de la vie, qui sont celles de la nouvelle alliance.

La seconde institution de TÉvangile continue la révolution d'égalité commencée par la première : laprédica^ tion n'est pas moins populaire que la Bible.

Nous l'oublions trop, la prédication date de l'Évangile, et elle constitue un fait d'une prodigieuse portée. En quelque lieu que le christianisme ait pénétré, il ne se passe pas de semaine sans que des milliers de voix présentent à tous des notions si hautes, que personne avant Jésus-Christ, ni Zenon, ni Socrate, n'était monté jusqu'à elles. Je trouve plus de philosophie dans un catéchisme que dans tous les volumes d'Aristote et de Platon ; et cette philosophie, messieurs, elle est mise incessam* ment à la disposition des plus humbles.

Voilà une école ouverte partout, toujours , une école gratuite, une école véritablement populaire et sur les bancs de laquelle tous les rangs comme tous les âges sortt invités à se rencontrer. Gela ne ressemble guère aux oracles de la sagesse humaine, à ces traditions qui trouvaient encore un écho au siècle dernier, en pleine crise hbérale, quand Voltaire lançait une de ses mordantes boutades contre ceux qui étaient assez sots pour vouloir éclairer « les cordonniers et les servantes. »

J*ai nommé la Bible et la prédication : comment oublierais-je l'Église, cette forteresse de l'égalité? L'Église était il y a dix-huit siècles aussi étrange, aussi nouvelle SUT la terre que la révélation populaire de l'Écriture et l'enseignement populaire des prédicateurs. Je ne sais même pas si, parmi ces révolutions^ celle-ci n'est pas

aïO L'ÉGALITÉ PAii L'ÉVANGILE.

la plus révolutionnaire. Qu'avait-on Jusqu'alors! des religions nationales, des croyances héréditaires. Jésus- Christ a créé la société universelle des enfants de Dieu, prise indiffér^aiHient dans toutes les nations et dans toutes les classes, formée en vertu d'un acte Ubre e» d'une foi personnelle. Quel événement que la création de cette confraternité colossale, de cette belle et puissante mutualité!

Je la prends, messieurs, telle que les apètres Font faite, et non telle que les hommes Tc^t refaite plus tard en s'éloignant de TÉ^angile ; je parle de k société des croyants, et non de ces nationalités religieuses renouvelées des Grecs, c'est le cas de le dire^et fondées sur l'hérédité. Dans TÉglise identifiée avec la nation, et par conséquent avec le monde^ les inégalités et les de^)o-^ tismes se sont trouvés à l'aise ; mais rÉglise recrutée par k i^rofesdon intjtividuelle de la foi est le plus noble-asile q«ie régalité ait eu sur k terre* Là, tous sont entrés au même titre, tous possèdent les mêmes privilèges, tous s'entr'aident. Là, tous remplissent, malgré la divertie des dons et des charges, k même vocation essentielle» tous témoins, tous ouvrier», tous soldats, tous frères.

Et nous ne sommes pas au bout, messieurs. Si je ne tenais à ne point trop abuser de votre grande patience» je devrais insister tout autrement sur les institutions de rÉvangile. Bornons-nous à s^naler encore le dimanche*

Je ne conseille pas à ceux qui suppriment le. dimanche de se donnef pour des chanqHons de Tégalité. Partout où la folie humaine a opéré aa fait cette suppression» les différences sockles se sont accentuées, jusqu'à en devenir navrantes. Ce qu'on a suppriméx c'est le jour de

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