REFORMES SOCIALES PAR L'EVANGILE
comme il faut, s'élargit sous nos yeux de jour en jour.
Une autre transformation s'est accomplie depuis TÉ vangile et par TÉvangile : l'État moderne a remplacé l'État païen; l'État incompétent, ce qui ne veut pas dire FÉtat athée, a remplacé l'État chargé de régler et d'imposer les croyances nationales.
Le changement immense que je signale a eu beaucoup de peine à s'opérer. Il y a mis le temps. Aujourd'hui encore, il demeure incomplet ou contesté dans plusieurs pays ; aux deux extrémités de l'Europe, l'Espagne et la Russie s'obstinent à maintenir le principe païen d'après lequel Tabandon du culte national constitue un crime réprimé par les lois pénales ^. Ailleurs même, et sans aller aussi loin, la vieille notion de l'État maître de tout, dirigeant tout, administrant tout, et absorbant dans son vaste sein les libertés de l'individu, exerce une funeste influence. Bien mieux, ne voyons-nous pas le socialisme, plus fidèle qu'on ne l'a cru à ses traditions de 1848, rêver la construction d'un État qui laisserait bien loin derrière lui les plus beaux despotismes de Tantiquité ?
Nous n'avons donc pas le droit de chanter victoire et la bataille n'est pas terminée .; cependant nous avançons toujours et l'ennemi recule toujours. U est permis d'es* pérer que TÉtat moderne, quels que soient les efforts ou même les triomphes momentanés des socialistes, n'aura rien de commun en définitive avec l'État païen.
Personne n'ignore, messieurs, la cause qui a si longtemps retardé et compromis ce grand changement né de l'Évangile. Le paganisme avait pris sans larder sa re-
1. Entre le moment où j'ai parlé et celui on j'écris ces discours, TEspagne a fait un grand pas vers la liberté religieuse. Puisset-eile ne point rétrograder plus tard l
»« LtËfîALITÉ PAR L'ÈVi^NGILE
vanche sur le christianisme;. l'Église était devenue imei nouvelle forme da natioRalisme: neligiaux, le dtojpn tétait de nouveau confondu: avec le croyant; lafoi:héië* ditaire avait de nouveau, supprimé la foi individuelle.. Dans ce& conditions, il était impossible; que l'État moderne se formât. Mais depuis que le pur Évangile a reparu et que la conscience humaine s*est reUrouvéa en fece* de la loi de liberté^ le&jpurs dU) système antique semblent être comptés; Encore uoe:in8tituti€i&quise fait libérale en sefaisantdirétienaâ;. enoore.ua.pEOgrès de la foi qui est un progrès ds: l'égalité.. Désormds rinéga«- Uté suprême, celle des âmes si^tes: auxquelles la religion régnante s'impose pacla^tQuterpuiasafnQftidûJ'Étattt est* destinée à^ésin
Vous: venez de le voir; par ses dogmes^ par sa morale, parses instital30iis religieuses» ps^ la métamorphose ^'il a fait subir aux institutions sociales, rÉvangÙe nfa cessé de pousser à l'égalité* Comment en serait-il autcet ment ? L'homme s'était perdu^ et il. l'a retrouvé ; , le Për^ était inconnu, et ill'a révélé.
Oui^ messieurs,, l'homme s'était perc]'i..U.y< avait de» citoyens et des barbares, des- maîtres et des esclaves ; dSans l'étranger, dans l'esclave, l'homme s'était eGEacé ; jamais l'homme ne fut plus dur k l'homme.
C'est alors que retentit cette parole, dont nous ne parvenons pas S comprendre aujourd'hui l'audace révolutionnaire : «En Christ; il n'y a plus, ni Grecs ni Juifs, ni