‹ L'égalitéChapitre 55 sur 72 · L'IDÉAL CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

L'IDÉAL CHRÉTIEN

tnâ ni les avidités m tes orgueils. Oq aura enlevé aux riehes et aux pauvres ce qui constitue la douceiB- de leurs relations ; au nom des solidarités sociales on aura détruit les solidarisés morales. Et nous verrons alors à l'œuvre Taffreuse madidne niveleuse, marchant par secousses, avec un bruit de ferrailles. Ses contacts sont aussi moelleux que ceux des barres d'acier ^ .

La déiBOcratie sans Dieu 1 Notre globe, qui a assistée bien dea speetades, n'en aiffa jamais vu de pareil. La personne humaine aura été dévorée par l^tat. Alors apparaîtra régalité infernale , l'égalité du néant. Nous serons égaux dans la misère» dans rignorance, dans la servitude^ égaux en bas, fout €Sk bas, dans le mai.

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A cet idéal j'oppose celui de TÉvangile. L'idéal n'est pas de haïr, c*est d'aimer et d'être aimé. Être aimé : je S2às que quelîqu'un m*aime, j'ai une maison paternelle danîs le ciel. Aimer : je sors de moi-même, j'échappe à mon égoïsme, je rends service, je jouis du succès et du borfîeur d'autruî, j'ai l'âme pleine de sympathies.

Comment dire, messieurs, ce qu'il entre alors de rayons de soleil dans les maisons les plus sombres et dans les vies de labeur les plus ingrates î Nous avons dé» frères ; notre vie a un but ; elle resplendit de joies pures et de devoirs. Voilà notre idéal. Je ne prétends pas qu'on y atteigne ; je ne rêve pas des nations de vrais

i« J'empraate cette hnge è i^^t .

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chrétiens; mais plus il y aura de vrais chrétiens dans les nations, plus on se rapprochera de la grande égalité.

On se fait de la piété chrétienne les images les plus maussades et les plus fausses. On se figure vraiment qu'elle consiste à passer sa vie dans les églises, à ne lire que des livres de dévotion, à s'isoler des choses d'ici-bas i C'est beaucoup plus et beaucoup moins; beaucoup plus, car il s'agit de se doimer à Dieu ; beaucoup moins, car il ne s'agit pas de mutiler la destinée humaine.

Voici des vies largement ouvertes à tous les devoirs, h toutes les activités, à toutes les affections; des vies, non de reclus, mais d'hommes. Loin d'avoir appris à se retirer de tout, le chrétien a appris à s'intéresser k tout, atout ce qui est bon, à tout ce qui est beau. Si vous cherchez une existence simple, saine et gaie, entrez chez lui ; vous m'en direz des nouvelles.

Essayons-en, messieurs. Ne nous détournons pas de cette région sereine, de cette oasis qui sourit^ verte et fraîche, au milieu du désert de l'histoire. Je n'ai pas oublié l'émotion qui me prit, lorsque, traversant les solitudes du Sinaï, j'aperçus du haut de mon dromadaire les premiers bosquets de palmiers balancés au vent. Eh bien, nous pouvons voir aussi des palmiers ; il suffit

que les sources vives de l'Evangile se mettent à couler quelque part. Ofi elles coulent, le désert cesse ; les crimes, les injustices et les haines s'interrompent tout à coup.

Si nous nous occupions moins de refaire la société que de nous refaire nous-mêmes, nous verrions s'opérer

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un changement inouï. Nous trourerions les autres meilleurs ; nous apprendrions à supporter, à pardonner, à croire au bien; nous apprendrions à secourir sans humi^ lier, c'est-à-dire en aimant.

J'affirme ces choses, parce que je les ai éprouvées. Dans la mesure bien faible de ma foi et au milieu de rediutes incessantes, j'ai senti vivement ceci : il y a deux vies aussi différentes que la nuit et le jour, la vie sans Christ, la vie avec Christ. Je me souviens de la première, de ses agitations, de ses sécheresses, de ses courts horizons, de ses ambitions mesquines. Je ne vis réellement que depuis que j'ai entrevu la seconde, ses horizons sans limites, ses ambitions immenses, ses espérances lumineuses, son éternité qui se mêle à tout.

Messieurs, j'ai eu aujourd'hui une grande joie; j'ai eu la joie de rendre témoignage à ce que je possède de plus précieux et de plus cher; j'ai eu la joie de vous dire, avec une certitude absolue et sans crainte aucune âe me tromper ou de vous tromper (vous le voyez bien sur mon visage) : Vous qui cherchez ce qui relève, le voilà I Vous qui cherchez Tégalité, la voilà l

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