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IL T A UNE HARMONIE DES INTÉRÊTS

pourtant. Mon idéal n'a rien d'excessif; c'est pourtant un idéal, et le voici :

Je voudrais qu'il nous fftt donné d'aborder les problèmes sociaux par leur face harmonique, au lieu de les aborder par leur face haineuse. Ce sont deux choses différentes de discuter les questions en ennemis ou en amis, d'y chercher passionnément ce qui peut nuire à autrui ou d'y chercher avec non moins de passion ce qui peut être utile à tout le monde. Il n'est pas une question qu'on ne puisse envenimer en la prenant par un certain bout. Les discussions hostiles de la propriété, de la concurrence, de la liberté et de l'égalité ne manquent pas, sans compter les appréciations hostiles du christianisme.

De même qu'il y a une égalité qui abaisse et une^ égalité qui élève, de même il y aune poursuite militari^ et une poursuite amicale de i'égaUté. Ce sont deux méthodes ; j'ai tâché de demeurer fidèle à la seconde. Vous ne m'accuserez pas, je pense, d'avoir excité les haines, d'avoir déclamé sur les crimes des riches ou sur les torts des pauvres. Nous avons mieux à faire, ce me semble, qu'à exalter les uns aux dépens des autres ; nous avons à montrer que les uns ont besoin des autres, que tous ont besoin de tous.

Existe-t-il une harmonie des intérêts? Bastiat a répondu à cette question en nous invitant à choisir entre les formules que voici : votre profit est mon dommage, votre profit est mon proât»

M6 HARMONIES SOGIALfiS.

On aurait po hésiter aufrefois ; la lutte des classes inondait la terre de sang, le sang coulait pour défendre des mégaMtés inliisles» le ssag coulait pour les renverser. Il était ditteiie aters d'envisager les dioses équitid>tement* Les faits proiaîeiit ptos de place que les idées et les piineipes avaleai mokis d*iiifluence que les situations.

Mais a(iijoiftrd*i»à Tai^agoidfime des classes est tombé avec les classes dUes-mèmes. Or Taotagoaisine des intér^ ma saurait survivre à rafitagoràune des classes. Le monwnt est donc venu de nous d^naiyter si nous ne serions pas appelés i nous enir'aider plutàt qu'à nous entre^^truire.

Harmonie des intérêts^ baasQome des vérités, tel est le terrain où S importe cpxe nous zious placions dorénavant. Non-seuftemeni toulèales vérilés s'accordent, mais, j'ose le dire, M o'exîsCe pas plusieurs vàrités. Je n'en aperçois qu'une. Le ^iste^ l'utile, le vrai, ce sont trois mots qui disent la josâme diose ; dans la langue du del il n'y a qu'ira seul mot.

A cette hauteur, measteora^ ae découvrent des accords inattendus qu*on ne saurait contempler sans émotion. La science économique donne la main à l'Évangile, la solidarité de Tune n'est que la conception encore incomplète de ce que l'autre appellera la fraternité. La morale et la politiqae, le devoir et le bonheur, le ciel et la terre s'entre- répondent dans un concert splendide que Ton ne se lasse pas d'écouter. Iii-kaut,par delà le péché, les contradictions s'eSaœnt une k une, les vérités qui semblaient exposées se r8|>prochent et tendent à se confondre, l'idée d'un crime utile, d'une vertu nuisible.

POINT h'A^JAÛ^mm^B NATURELS. HT

d*tm progrès malfieûsafity ne se ccmçolt même {dus. Je voudrais que nous fisâon» effort pour monter jusqu'à ce beau pays du vrai. Plus nous approcherons du vrai, plus nous approcberoùs de tliannome; plus noius «odterôns, moins nous bëlrons* Lk-baul siège une égalité nduveOe et qui n Uea le droit d*èire nommée iô, régaUté des principes.

Essayons, 'ntessteurs, de montrer par quelques faits que l'iiarmonie des intérêts est une incontestable réalîlé *.

La prospérité d'un pays mrit-eHe aut autres pays ? On ne l'a que trop longtemps pensé, et nous voyons encore aujourd'hui les politiques de la vieitte école bâtir la grandeur d*une nation sur Paffaîblissement ou sur la division de ses voisins. Les économistes de la vieille école nous enseignaient aussi (les deux doctrines se tiennent) que la richesse d'une nation était compromise quand s^ voiàns étaient en état de lui fournir qaelque thoseet quand elle devenait ainsi c tributaire 9 de l'étranger.

Maintenant, nous commençons à comprendre qu^il nous est bon devoir des voisins prospères et n'ayant

4. le M me lasse pat te saluer en BasUait le €briste{)faô Colomb da monde des harmonies sodalas* le dirai franehraaent ce qui lui manque, mais je tiens ayant tout à dire ce qu'il a. Il n'est que juste de citer aussi les Étude» de H. Louis Reybaud for les réformateurs «odafistes modemes.

drt HARMONIES SOCIALES.

plus à lutter contre des causes d'affaiblissement ou de division. Nous nous apercevons aussi que la prospérité d'autrui aide à la nôtre, que plus nous leur vendons, que plus ils nous fournissent d'objets utiles, plus nos jouissances augmentent. La théorie du bonheur national fondé sur la ruine de l'étranger, il faudrait presque dire de l'ennemi, cède graduellement du terrain, non sans faire des retours offensifs, en écqnomie politique comme en politique.

Il ne s'agit que d'ouvrir les yeux. Des troubles intérieurs agitent un pays, tous en souffrent; Tordre y est rétabli, tous en profitent. Les ressources d'un pays sont épuisées par la sécheresse , par la gelée, ou si vous aimez mieux, par les levées d'hommes et par Vimpôt ; les autres pays s'en ressentent à rmstantmême,rallanguissement des affaires se fait sentir au près et au loin. Il y a quelque part de belles récoltes, ou, ce qui revient au même, un désarmement, un allégement des charges publiques, un rétablissement de l'équilibre financier, une <liminution du budget ; aussitôt chacun s'en ressent, à l'est et à l'ouest, au septentrion et au midi ; le baromètre se met partout au beau.

J'admire, quant à moi, cette mutualité mystérieuse, ^qui fait que les fléaux portent sur tous et que tous prennent leur part des prospérités. Que cela est bon, s'intéresser aux autres i Que cela est doux, ne plus nourrir son C(£ur de jalousies nationales et ne plus souhaiter par patriotisme les embarras, les dissentiments, les affaiblissements, les souffrances, en un mot, des nationalités qui nous entourent 1

On veut que la règle ait ses exceptions. On nous dit

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