‹ L'égalitéChapitre 61 sur 72 · HARMONIES BU TRÀYÀIU MACHINES. 3S · texte numérisé non relu

HARMONIES BU TRÀYÀIU MACHINES. 3S

fin du monde, — Voyez, messieurs, comme la vie de la civilisation est liée aux harmonies sociales. Qu'on déchahie les antagonismes, et il n*y a plus de société.

Attachons-nous donc à la cause de Tégalité, qui est celle de la paix. Ne pennettons pas que les questions se posent d'une manière haineuse, les ouvriers contre les bourgeois, les blouses contre les habits. Donnons à la suppression des classes toute la réalité d un fait irrévocablement accompli. Suivons l'exemple des pays où la démocratie libérale est à Toeuvre. L'Amérique n*a jamais constitué à part l'élément ouvrier; elle a nommé Lincoln qui avait été tendeur de bois et Johnson qui avait été tailleur, mais elle ne (es a pas nommés en qualité d'ouvriers.

Là est la véritable dignité démocratique. Dans un pays où l'égalité règne il ne peut être question d'élire des paysans ou des artisans, pas plus qu'il ne se peut agir d'élire des nobles ou des bourgeois ; on élit des citoyens.

Admirons, messieurs, ces harmonies placées par la main de Dieu à la base même des sociétés humaines* En dépit des égoïsmes et dés malveillances, elles subsistent ; partout où régnent l'égalité et la liberté, les harmonies se déploient sans cèstacle ; partou . ou la liberté est comprimée et où l'on tâche de constituer une classe à part, le régime des antagonismes se charge de glorifier les harmonies par la misère effroyable qu'il enfante.

Ceci est merveilleux. Je le dirai volontiers avec les économistes, le penseur qui a contemplé l'action harmonieuse de la loi de liberté au milieu des hommes, n'est pas moins ébloui que l'astronome qui a contemplé le mouvement, également harmonieux, des corps célestes. On nous oppose cependant encore deux objections qu'il importe d'apprécier : les fainéants et les machines sont deux obstacles à l'harmonie ; les pauvres seuls travaillent, et les machines sont en train de se substituer aux ouvriers qui perdront ainsi leur gagne-pain.

Ce n'est pas moi qui prendrai en main la cause des fainéants ; je les déteste et je les plains ; ce sont les plus inutiles et les plus malheureux des hommes. Mais avant de renier notre foi aux harmonies sociales, il faudrait nous demander si l'obligation légale du travail, si la violation de la liberté personnelle et l'intervention de TÉtal dans la vie privée de chacun, ne constitueraient pas de bien autres inconvénients. Ajoutons que Tharmonie éclate ici par les souffrances mêmes infligées à celui qui ne travaille pas ; la loi sociale se venge : si l'homme oisif impose une perte à la société, il en subit une plus grande, l'accord des intérêts est maintenu.

Il y a d'ailleurs des fainéants à tous les degrés de 'échelle, en haut, en bas et au milieu. Auprès du jeune riche qui perd son temps, et plus que cela, dans les clubs, j'aperçois le pauvre qui, avec deux ou Jtrois journées de travail par senàaine, se procure l'argent du cabaret et laisse sa famille à la charge de la charité; j'aperçois aussi le désœuvré des petites villes, qui partage sa vie entre la chasse et le café.

Puû5, il n'est que juste de remarquer que si jamais

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