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HARMONIES DU TRAVAIL. MACHINES

ie travail a pris un caractère d'universalité, c'est aujour d'hui. Le progrès est immense sur ce point ; la division croissante des fortunes, la chute des préjugés, les nécessités des temps modernes, en un mot, diminuent de jour en jour la triste armée des fainéants.

On travaille partout maintenant, et ce qu'il importe de remarquer, c'est que l'harmonie la plus complète existe entre les diverses catégories de travailleurs. Un savant découvre dans son cabinet les lois de la science pure, un autre savant assure l'application de la science à l'industrie, un ingénieur s'empare de la science appliquée pour combiner les plans d'une vaste entreprise, des ouvriers exécutent ces plans ; chacun d'eux a travaillé, non à son profit seulement, mais au profit de tous. Quel est l'anneau de la chaîne du travail que vous parviendrez à supprimer ? Sera-ce l'ingénieur, ou le savant pratique, ouïe savant théoricien? On ne se rend pas assez compte de cette solidarité profonde et générale. L'ouvrier, qui ne voit pas ses collaborateurs, se figure trop souvent qu'il travaille seul, parce que seul il a un outil à la main.

L'objection empruntée aux machines n'est pas plus sérieuse.

Vous pouvez m'en croire, messieurs, car je ne les aime pas toutes. Plusieurs des machines agricoles m'inquiètent pour la poésie des champs et pour le bon vieux travail en plein soleil. Il ne m'est pas prouvé qu'il faille appeler de nos vœux un temps où nos fermes ne seraient plus que des fabriques noircies par la fumée des machines à vapeur, où la vapeur se chargerait de retourner les champs, de sarcler, de moissonner et de battre, où les

animaux perfeatUmnis kngukaieoi^t &'eQgrais8en4«Q|r dans l6 régiflfê de la slabidaiioA> où le progrès préteaâi% on supprimant les. baios avives, aurait auppcimé. les ni4s 9t les oiseaux. ^

Je n*ai pas davantagj9. la .pasâon des méit^aQisiDjQa iadustriels quU exigeât de vastes et funestes réiuuons d'ouvriers^ qui par la division in^nie du travail^ cûndanxr nent chaque homme à une besogne nùnutieusey. mono-* tone, abrutissante. Nos fabrications, en; grand m'ont fait regretter maintes foia les anciens cbe&-d'œuvre, l!in* dostrie dans laquelle le travailleur mettait de son hme^ rindustrie qui touchait à l'art.

Mais il serait souverainement ii\|uste de, donner à ces réserves partielles une portée générale. Prises dans leur ensemble, les machines ont été un des affranchissements du genre humain, un des progrès de l'égalité. L'accord des intérêts, et pour répéter le njpt, l'harmonie sociale^ n'ont cessé de s'y Diani&ster avec éclat. En môme temps que l'invention des machines créait l'industrie moderne et le puissant développement d'affaires dont nous sommes témoins, elle amenait le bon marché des étoffes, la facilité des communications, la transformation favorable à tous des conditions de la vie.

Si la période de transition qui succède à Tintroductioa d'une machine nouvelle entnatae d'iaé^dtables soufrances^ c'est là une de ces crises auxquelles la charité doit pourvoir* car l'économie politique, nous le verrons, ne suffit point à tout, et sans la charité» les harmonies sociales seraient imparfaites. Au reste, la transitiou accomplie et la douleur du changement passée, les ma-* chines ne sont plus qu'un des éléments nécessaires d<i la prospérité et du progrès.

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Ce sont des.iibératfiGes. :Les paomrres surtout ost lien de les bénir» Gffàee à dlea^ le travail est devenu autre chose que le déploiement de la IdfeapurexBttntpbysiqueb. Qui voudrait en reyerâr au lemps eu, iante de ma* dilues, les homfttefi écmsateolsle Jblé, où, faute de pools, bs hooDmes pcHrtaieut i'êeàxos beEume&âurleiais. ^ule» d'un bord à l'autre des rivières î

Regardez une charrette, une brouette, et demandezvous quels services ces simples machines ont rendu aux misérables qui jadis faisaient le métier de bétes de somme. Regardez une charrue derrière laquelle le cultivateur marche libre et fler, et demandez-vous à quel poffît la condition ^des- paysans a été améliorée par Fagencement de ee soc au bout de ces pààoes de bois.

Oui, les machiaies sûot des libéralncâB, et œla est vrai des machioffi de guerre eomioiie des autres. Par elles la barbarie, c'es^à-direla force brute, est vainci^ pour toujours. Par elles une part chaqpie jour plus grande est réservée à Tii^ligenee dans les batailles. Si la guerre éclate encore, qudc^^elle rà commencé à perdre, ce me semble, sa sotte popularité d'autrefois, il se trouvera que la valeur intellectuelle et morale des peuples y jouera le preoûear rôle. De plus en plus le soldai de pr(rfession se retire et le citoyen prend ^ place» Ceci est un grand progrès de l'égalité ^ qui me rappelle celui qui s'était accompli le jour où don Quichotte :n* contra des arquebuses. Son indignation de chevalier me touche ; mais je ne puis oublier qu'auparavant les chevaliers foulaient aux pieds les vilains et que Thomme cuirassé lardait sans péril Thomme sans cuirasse. Une petite balfe glissée dans un tube de fer les mit alors de niveau; aujourd'hui les fusils à répétition et les longues

portées vont permettre aux simples miliciens de tenir tête aux soudards ; le bourgeois se sentira moins petit devant le traineur de sabre.

Ainsi, messieurs, l'égalité marche à la suite des découvertes, et loin d'établir un antagonisme, les machines font éclater de nouvelles harmonies. Elles servent, en définitive, les intérêts du grand nombre.

Je ne voudrais pas, au reste, que vous vous méprissiez sur ma pensée. Si je parle d'harmonies sociales, je ne prétends certes pas qu'elles soient parfaites et qu'il n'y ait aucun progrès à poursuivre désormais. Je ne me sens nullement enclin à l'admiration béate de tout ce qui est et de tout ce qui se fait. Je ne prétends pas, tant s'en faut, que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Il ne s'agit pas, messieurs, de s'agenouiller devant les faits accomplis. Le mal est le mal, la misère est la misère, l'injustice est l'injustice, et nous sommes tenus d'y porter remède.

Entendons-nous donc bien, une œuvre virile nous attend ; plus nous sommes convaincus que les bases divines de la société doivent être respectées et que refaire la société est une entreprise aussi absurde qu'impie, plus nous avons à combattre énergiquement les abus. Tout n'est pas sacro-saint dans notre organisation. J'ai pris soin de citer des infamies, des exploitations de l'homme par l'homme, des causes permanentes de paupérisme ; voilà Tennemi.

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