PROGRÈS QUI RESTENT A ACCOMPLIR
spirituel, telle qu'elle se pratiquait sous Louis XIV et sous Napoléon, nous fait déjà l'effet d'une curiosité historique, on peut bien espérer qu'une de nos grandes causes de désharmonie va disparaître.
Il en est d'autres, en France, par exemple, qui me* nacent de se perpétuer.
La désertiop croissante des campagnes est un mal dont tout le monde souffre et qu'on semble se proposer d'aggraver incessamment. — L'impôt direct, dont on a fait l'impôt essentiel, pèse sur la terre et l'écrase. Sous forme de principal, sous forme de centimes additionnels, sous forme de droits de mutation, sous forme de droits de succession, il s'acharne à la poursuite de la propriété foncière. On se met à rebâtir les grandes villes et on y ap- '' peHe des armées d'ouvriers. Par les embellissements^ par les théâtres, par les plaisirs, on y attire ceux que le travail n'y fixe pas. La manie des fonctions publiques dépeuple aussi les champs : c'est la visée universelle ; on quitte la campagne, on va à la ville, et la ville ne: rend rien de ce qu'on lui a envoyé ; une fois les habitudes prises, le village fait horreur. Il faudrait décentraliser, il faudrait que chacun donnât l'exemple et que les gens riches se remissent à vivre de la vraie vie rurale.. En attendant, nous en sommes réduits à répéter en gémissant : Trop peu de paysans et trop d'ouvriers I C'est dommage, car la misère des ouvriers est inconnue aux paysans. Encore une harmonie que nous avons tuée, et qui renaîtrait si nous le voulions.
'R'op peu de paysans et trop d'ouvriers, disa'^-Jetout à l'heure ; il faudrait ajouter : Trop de soldats. Parmi les misères qui oppressent notre Europe continentals, qui font que la vie y est difficile pour tant de gens et qu'on
aous répond psrixn «oorire "amer qît$Lnâ noas signalsra des haraiotiiesy niaSdnB pas oatflier la principale, la felie des armeiBents déon^iEréft; N^sns dsccombons, à la lettre, sous le poids. Ayant beaueDup de soldats, nous aivons beauodup d'impôts. Bl4^p6t ne suf&t pas ; pres- <Iue^tous les budgets maintenant se soldent eo d^âcît; »9us mardhoffiS'^nflogtiBS déployées, <fest le cas de le dk«/à la baiiqaei%nito 'Baivere^e, CosabieQ d^aimées art-il fâ^uàicertaiixs pafspour deubtor leur M^ée et leur budget 6t teur dette? Neselrottviera^^iL pas ime grande puissance qui, soigneuse de isa g^diveet da repos àSL genre iiumaiin, ait le cami'gecLe proposer et je dis mieux, d'opérer, un desart&emeiit réeH, c'est-à-dire une rédiio» tiôn descadres? A Theareoù rAutricbeelle'^ziiàiie^ruîiiée ^ protestant de son amour de la paix, achève d'écraser ses finances et ses peapies soos le poids d^uie année de SOO.O^OO hommes, il esl p^mis de souhaiter avec passion qu'on en vienne enfin à l&cer le B^irbre maiimum d'officiers et de soldats qui pourront faire dans chaque pays un servke excédant quinsejours^ar année. Ou ce tant pour cent sera réglé par une conFeirtîon intemationale, imposé de ftit par' une éclatante initia:* tive, adopté peut être, à tout risque, parquelque naldfKi décidée à ne plus con(piéttr0t sesientaort trop forte pour être attaquée ; ou l'armée exagérée et l'impdt excessif, ces deux hontes de notre temps, prépareront le règiwdu jsodalisme : c'en sera fait aiors des harmonies sockdes.
Quoi qn'il en soit, tous voyefc, messieurs, oànousles Perchons. £âh»>rédaffîeiit tmitesi leslièertés sôtoères, toutes les vraies égiiités^ tous les progrès digoes de ce siion. Notre «aikbiiioQ43fau9>oe rapport «Btimm^ae; elie
PROGRÈS acr R^fSrSfTF a.' accomplir. 97S
fi&sfenferaie pas dans les limiter ^ènotrepaHe on dans eeUes de rEucope. L'esdavage a dispnti atK États-Unis; a âort (pi'il di^âratsse au Brésil et à Cuba, il imt qu'es Afrique même eten Orientilreoale devant la civilisation ehrétiemse. J« dis p)us/il feut que Tégalité des races soit aândse par les loûs éft par tes mœors. Pour quicon« que reçoit la Bible, ceSa ne saiwait faire qifiestion : blancs, noirs et jaanes ont ^tactement la même généaloj^, qui abonatit à Ncié, ou 8î vous aimez mieux, à ÂdSfii^
Je connais de fërveats apôtres^ de l'égalité qui boule- Tei^^raieiit l'Europe, maâs qui s*inquiètent médiocremoiïttdei ce qtn se passe dans les autres parties du monde. Nos harmonies sociales sont moins égoïstes; elles ne s'emprisonnent ni dans un pays ni dans un continent. Nous désirons que l'égalité fasse le tour de la terre avec TEvangile. Tant qu'il y a des esclaves et des harems, tant qu'il y a des peuples conquis et des races opprimées, nous n'avons pas le droit de nous déclarer
CourTégaUlé cdBme.penr tom^les progrès, diaque siàclea.80A horizon par delà lequel il ne voit rien; nous croy(»ïs toudours èiore au bout de notre tâche. Hais les cboises impossibles d'anjûm^dL'lnii seront peut-être les choses tnès^implefttde demain. Le méder de l'histoire, c'est de transformer) inoessnmaent des paradoxes en lieux-communs.
On accuse notre égalité de se perdre dans les nuages; on nous somme de conclure. Hé bien, ncusconcluonsy comme vous voydz ^ Nous ne proclamons à son de
t. J*ai développé en l'écriyairt celte 'partie du dernier discaots. Je n'avais pA» osé entfw. âuisi3Uiil d^tâéteils.
trompe aucune découverte, cela est vrai ; nous laissons la gloire de trouver des spécifiques souverains aux gens qui se chargent de refaire la société. Ayant des visées moins hautes, nous nous contentons de recueillir quelques idées justes sur des sujets mal connus. Nous n'avons inventé ni la justice, ni la liberté ; mais peut-être n'était-il pas inutile de montrer que sous ces vieux mots il ne manque pas de choses nouvelles, et l'énumération^ bien incomplète encore, que je viens de vous présenter^ constitue dans son ensemble un programme tel, que le siècle qui le réaliserait aurait accompli le plus beau mouvement en avant dont le genre humain ait été témoin.
Les égalités que nous réclamons s'accordent toutes avec la liberté et la justice; toutes aussi elles procurent la paix. Cependant la paix qu'elles peuvent fonder est une paix très-insuffisante ; nous avons à chercher beaucoup plus et beaucoup mieux. Après avoir accueilli et admiré Tharmonie que donne Téconomie politique, il importe que nous nous élevions jusqu'à celle que donne l'Évangile.
L'économie politique s'arrête aux intérêts. Ce n'est pas un tort, elle reste chez elle ; le tort consisterait à prétendre qu'il n'y a rien au delà, et que parce qu'elle résout son problème elle les résout tous.
pile résout son problème, cela est certain. A ne considérer que les intérêts, on ne saurait imaginer rien de