‹ L'égalitéChapitre 65 sur 72 · LAGUNES DE LA SOLUTION ÉCONOMIQUE. 37T · texte numérisé non relu

LAGUNES DE LA SOLUTION ÉCONOMIQUE. 37T

mieux que la liberté. C'est à tort qu'on l'accuse de conduire à i'encombrement des produits ; l'intérêt de chacun est, non pas de produire tant qu'il peut, mais de s'arrêter quand le profit cesse ; la liberté combat les encombrements. C'est à tort qu'on l'accuse encore d'élargir la distance qui sépare le riche et le pauvre ; si la libre industrie crée parfois de grandes misères, c'est à cause d'abus odieux auxquels il est aisé de remédier. demeure évident d'ailleurs que partout où le droit d'aînesse ne gêne pas la liberté des partages, la fortune se divisant, la petite propriété natt et les rangs se rappro* chent.

Oui, l'économie politique a raison de soutenir que la lutte libre des intérêts vaut mieux que leur réglementation et qu'il vaut mieux crier : Chacun pour soi ! que r L'État pour tous ! — Mais pourquoi crier l'un ou l'autre ? Pourquoi n'y aurait-il pas, par delà le monde des intérêts, le monde des choses étemelles, le monde de la charité et du devoir? Toutes les batailles ont leurs blessés et celle des intérêts n'échappe point à la loi commune. Ces blessés de la liberté, ne les relèveronsnous pas ? Il est d'autant plus urgent de s'occuper d'eux,, que le mal est sur la terre. La société a beau être divine, avec l'homme mauvais il est impossible que la part des iniquités et des souffrances ne soit pas énorme.

Messieurs, nous touchons ici à la grande lacune de la solution purement économique : elle nie ou semble nier le mal.

L'optimisme de l'école libérale, quand elle n'est pas en même temps chrétienne, rencontre une protestation formidable, celle des faits. Il y a décidément trop da

misères et cte^orifiiesid^as pourq^e nous nouspei^ mettions dB proclamer ainsi saos réserve aucune la perfection actuelle des barmonies sodales> ]^ns<^ con cert qui vous ravit, moa oreille saisôt de terribles dis« sonanoes.

Sans rien retirer de TadmlriatioR pn^mde avec I«fuelie j'ai oentemplé Mit à fheare oet accord des in téréts que maûfeste la lAerté>. j'ai besoin d'ajouter ceci maintenant :

L'accoird de» isùésèU ne frit x^as celui des cosurs. ÏM antagosusons,. qui ma sontpas (knsles dboses, so»t dans les personnes. Nous ne devrions pas être ennemis, nnda BOUS le: seaHBiea^ et aioiis sgasoa» en ennemis. Avec nos àflfkes gâtées par \w chut^, rinjcisliue n'e^ pas on décident, elle est te fond de la destMe humaine*

Auflfi n'ai*je osé parier des hacmenies qu'après avoir parlé de rÉvângile. GTest* en pensant à notre entretien de Fautre jour, c'esiten comptant sur ce Dieu qui releva rbomme et^ noos <ionne ainsi le moyen s^ efficaoe ée relever la soeiétf, cpie j'ai osé prononcer le mot de paix. Oui, la paii naîtra de la. liberté, pourvu qoB in liberté ne se sépare pas île Christs

QacUe paix non» «ntons avec la Mberté séparée éë Christ! Unis en prtoclpe '€ft divisée «en 6ât, obéissaiat plus à nos passions qu'à notre intérêt bien entendu , nous temierions de.nous persuader que la vie QrctueBe se 8Uffit«t quil rfy a rien à sorfliaîter mxëék.

La vie actuelle, messieurs ! mais c*est une énigme in» déchiffrable, en dépit de toutes tes Rbertés, si vous ôtex la vie à venir. La vie aictuelle ne se comprend que si ^Keest une préparati(m,une école pour un monde mSt*

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lettr, un creuset où nos âanes se purifient L*éteraîté explique seule le temps prégest^ te Jog^sment éclaire seul les ténèbres de nos destmées^

Ah! la Hhetié est bonne, l-hannoiiie qu'elle fonde est vraie, pourvu qu'une autre hannfime>.'Oelle des Bétribu^ tions futures, vienne la oomplâter eX la couronner. Sans Cda et en dépit de toutes les libertés^ du libre-*éûba&ge, de la libre concurrence^ de Tiadividu libre, de TÉglise libre, et de TÉtat libre, je vois tant de misères irrépa* râbles, tant de tristesses inconsolées, tant de crimes impunis, tant de iâche^ et tant de craaiit& triomphante, que le mot hannonie expire ^sur meB lèvres.

Le libéralisme économique, eKceltest âa sm, abotUit. asi phis incroydate des pamdoxet dès qu'il sort de sa sphère et prélii^i^^er, par de& le monde des intérêts, le moade- momi iub'mème etla société entière. Abusé par setn admioation' ndîi^e d'un prinoi^ vm dans son ^[riîcstîon restreâsite mais absolument faux dans son ^pltcatiotf illimitée, il nous ntonti^ le prc^^ occupé à nous rendre meâleurs par faction d'un mécanisme irrésistible. Le pi^ognès nous coaduit tout naturellement de soiience en sdènoe, de liberté en Mfaerté, de vectu en vertu, de bonheur en l)enbeiu: et d'harmonie ea harmonief, jusqu'à un idéaL quiiâilSénera^ peufde la perfection. absolue^

Esl-ce wai? les choses se. passeofrelles de la sorte? Si nos connaissances aigoaienteat, nos vertus augmen«> lentrelles aussi ? Les combats qa'ont livrés nos pères», ne les livrons-nous pas comme eux? Leurs vices na sentais pas nos vices ? âonaBeâ^iHMis moms pistes? Spmmes^neos antres i? Le psogcès: a^t*-il créé une non- ^neilehumaaHél.

Non, mille fois non. Le péché, ce fait immense, est toujours là. Ne souffrons pas qu'on le nie, au nom d'un progrès prétendu. Protestons contre cette harmonie-là, car elle est menteuse. N'est-il pas remarquable, messieurs, que les économistes et les socialistes se rencontrent en ce seul point, la négation du mal ? Qu'on le supprime au nom de l'harmonie ou qu'on charge l'État de le détruire, c'est au fond la même prétention et la môme erreur.

La liberté, qui est toujours bonne, n'est donc pas toujours suffisant^, il s'en faut bien. Il ne suffit certes pas toujours de dire : Laissez faire, laissez passer I Les cœurs sont méchants; qui les changera? Vhomme est malade; qui le guérira? Nous vouions la liberté légale ; nous voulons la liberté économique ; nous ne songeons pas, comme Sismondi, à corriger les inconvénients de la concurrence. Nous l'acceptons telle qu'elle est ; seulement, à côté de la concurrence libre, nous tenons à rencontrer la libre charité. Si l'esprit fraternel n'est point là, si Thomme n'est pas le frère de Thomme, nous verrons éclater de tels désaccords, que l'harmonie se retirera pour nous dans la région des songes.

Vous me dites, vous me prouvez que le profit des autres est mon profit, que la mine des autres est ma ruine ; eh ! qu'importe ? Je fais passer ma passion avant mon intérêt. J'aime mieux nuire, dussé-je me nuire. Laissez-moi être dur, injuste et méchant, à mes risques et périls.

Le cheval de Roland n'avait qu'un défaut, il était mort. L'harmonie économique sans la charité me semble avoir à peu près le même malheur. La machine sociale écrase

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