LAGUNES DE LA SOLUTION ÉCONOMIQUE
plus d'un travailleur; les chômages généraux, les catastrophes individuelles engendrent d'affreuses misères; des famines, nous le voyons en ce moment môme, se promènent çà et là, faisant des victimes par millions * une guerre, née d'une ambition- ou d'un caprice, peut amener à sa suite d'incalculables calamités ; enfin il y a partout et toujours des veuves, des infirmes, des orphelins. L'économie politique se cbarge-t-elle d'y pourvoir? On dirait parfois qu'elle a cette ambition. Ce serait une illusion fatale; je ne crains pas de le lui déclarer, moi qui l'admire sincèrement et depuis longues années. Je ne me fierais pas à l'harmonie des intérêts, si elle n'avait près d'elle et au-dessus d'elle l'harmonie des devoirs. Volontiers on se laisserait aller à croire que lorsqu'on a fait loyalement ses affaires, on peut se reposer ensuite avec le doux sentiment d'une vie bien employée. S'il n'existe ici-bas que des intérêts et si l'harmonie économique est l'harmonie sociale, on a raison : n'ayant entravé par aucune violence l'action bienfaisante et suffisante de la liberté, on a rendu aux autres hommes tous les services qu'il importait de leur rendre. Mais l'Évangile nous parle de devoirs, et notre conscience aussi, je suppose. Nos devoirs se mesurent à nos privilèges ; nous sommes responsables, nous sommes administrateurs; à la rencontre de certaines inégalités et de certaines douleurs, nous avons autre chose à faire qu'à nous féliciter d'avoir contribué à la prospérité générale par la poursuite intelligente de notre prospérité personnelle.
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