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LA CHARITÉ COMBLE LES LACUNES

Rien, rien au monde ne remplacera la charité. Elle remplit ici-bas une fonction sociale de premier ordre. 11 s'agit non de la supprimer, mais de la développer. Le plus souvent elle est misérable et se confond avec Taumône, s'imagiuant qu'elle a fait quelque chose quand elle a pris un peu de son superflu et qu'elle Ta jeté au hasard, donnant l'argent sans donner la main.

Au don de la main on reconnaît la charité. Elle compatit, elle aime, elle respecte ; et par .cela seul elle relève au lieu d'abaisser. Aussi s'exerce-t-elle de pauvre à pauvre, aussi bien que de riche à pauvre. L'ouvrier connaît mieux que personne et peut secourir mieux que personne son camarade souffrant. Sans cette humble charité de proche en proche, sans cette communauté tendre et douce au sein de laquelle se confondent tellement les pauvres et les riches qu'on ne sait plus lesquels (mt le plus besoin des autres, les harmonies sociales demeureront toujours bien incomplètes. Demandez-vous, messieurs, ce qui manquerait à ces harmonies, ce qui mstnquerait à la grande égalité, si la charité ne venait faire à sa façon ce que le socialisme met à la charge de l'État, si elle ne relevait les blessés sur le champ de bataille de la vie, si elle ne soutenait les faibles, si elle ne mettait à flot les laborieux, si elle ne secondait quand il le faut la fondation des institutions qui facilitent l'économie, garantissent l'épargne, assurent des secours au moment de la détresse, ouvrent enfin l'accès à l'instruction, à l'association, à la propriété.

La charité a son rôle, un rôle immense ; et personne ne le lui ravira, soyez tranquilles, on a trop besoin d'elle. Qu'on fasse la guerre à la mendicité,, c'est à mer-

3W ETARmilS »aiAtfi&.

vcdlle; la nendické estb calcanois^de la paiurfeté^, tes mencManta discréditent les pumes^ ^ faux pauvres^ empêchent de voir et d'aiioer le& iraîsw II y en a de vrais eepettdaafc. La chanté mnt èr eux. BUe a'avilit persanae; elle ftit da bien à cekîfux doim&autani^à celui qui reçoit. IlUe ne ae centeate pa» d'apporter du pain, elle apporte de Vaffectton tô def bons conseils. EUe réveille fes consdeocea endonniea^ die' refait iesfamiHes détruite», elle rouvoe les seurcea fermées de lat motaUté et du bonheur.

Ainsi ns^t rharmookf. Un cbangemeai prodigieux &'Qpère dans les rd|)pQrfis du pauvre et du ricb®. La eharité accomplit ce mir acte qu'elle soulage k misère et qu^'elle ne porte pas; atteinte à la dignité. EUe ne tait pa» de dienis^ elle fait des frères et des ^aux»

Et je n'ai pas tout dit; avec elle les inégaOltés ae trafnsformen^^ en harmonies. Les inégalités deviesm^il des moyens à» rapprochement; dies créent des sysapathies et des* devoirs. est bon que rhonsme ait besoin de l'homme, ca? il est bon que Thomme aide rhoimne.

Ceci, messieurs, est une loi merverlleuse et imiverselle. L'État a ses inégalités : les magistratures sont établies pour le bien ^néral. La famille a ses in^a- £tés : rautoFÎtédes parents est le refuge providentiel des enfants. La science a ses inégalités : les savants travaillent pour les ignorants. La société a ses inég»> Mtés : les riches, les bien portants, les forts sont appelés à tendre la main aux autres ; leur richesse, leur santés leur force leur ont été données pour cela. Et de cet ensemble sort une lutrmDme» Notre égolsme avait tout gâté; l'amour peut tout rétablir.

Parmi les lettres q«ie je seçois^ il en est une qui exr

LA GHâMTÉ COttBlC XES LAGUNES. MV

prime si parfaitement ceci, qw v0as me permettrez d'en citer quelques phrases, teUes dtt moins qu'elles sont ré»tées dans ma mémoire ^ .

Ceiix qui sont «n haut dams œi twrdre de choses quel- <5onque, science, sentiments, caractèfre,fortuiie, aident à monter ceux qui sont en bas, à peu près comme le guide qui marche en tête de la corde dans tme ascension au mont Blanc aide ceux qui le suivent et les tire au besoin des crevasses où as *vont disparaître. La cordo qui les rdie est la solidarité sociale. Œllle peut quelque* fois ôtre bien utQe bussî au chef de file ; die isst utile à chacun. En tous cas, les d<^n«er8'deta%)a>nde ne monteront pas plus Tite s^ils la cassent, ou s^ils forcent )e premier à marcher, soit à côlé d'yeux, soit derrière eux.

Nous pouvons choisir maintenant entre les antagonismes et les harmonies, car nous savons jusqu'où vont les conséquences de <;e choix. Quand les antagonismes prévalent, les relations d'homme à homme prennent ta «spect qui peut se caractériser en deux mots; Pun dit : jomssonsi Pautre dît : détruisons ! •Chacun vît en ennemi ^t sur territore ennemi; la méfiance est partout. — t B oe faut pas, écrivait Pytbagore, remuer le fou avec Wpée. » Et que faisons-nous autre chose, lorsque nous attisons les haines, supposant, je ne sais pourquoi, que la liberté du combat suffit à la paix?

Ah ! tournons-nous vers l'amour ; ramourBeul triomphe de la haine, le bien seul triomphe du mal. Que mettriez-Tous, je le demande, ft îa jtoce iSe la lonté? Elle a

1. L'amtenr de la lettre, V. Eugène Risler, me pardonnera- t-l 'He Taroir wnaadî

sa tâche h remplir, et bien aveugle qui le nie. Sans doute nous ne rêvons pas une société charitable, ce serait trop beau; mais nous voulons une société au sein de laquelle l'esprit de charité fasse sentir son action. Cette action-là s'étend plus loin qu'on ne l'imagine; laissez faire les charitables !

Je ne me représente ni une terre sans péché ni une terre sans souffrances ; voici des pauvres et des riches, voici des bons et des méchants, voici des opprimés et des oppresseurs; néanmoins une métamorphose prodigieuse s'est opérée. Nous disions l'autre jour que l'Évangile «fait toutes choses nouvelles; loril se trouve effectivement qu'il fait nouvelles et la pauvreté, et la richesse, et les relations des hommes entre eux. Révolution étrange, messieurs, qui ne renverse rien et qui change tout.

C'est sous rinfluence du même esprit que Fharmonie peut s'établir entre les peuples. Sans espérer la paix perpétuelle ou la charité internationale, n'est-il pas permis de croire qu'un jour des inspirations meilleures remplaceront les pensées d'agrandissement et de prépotence? Alors, au lieu de se jalouser on s'entr' aidera, et si une calamité éclate quelque part, les secours afflueront de partout, sans distinction de races et de frontières ; tous tendront la main à tous, et nous entreverrons une chose qui s'appelle la solidarité du genre numain.

Nous l'entreverrons de loin sans doute. Il est des buts qu'on n'atteint j amais, et ce sont ceux qu'il importe le plus de poursuivre. Nous n'atteignons ici-bas, je le rappelle une fois encore, aucun des grands buts de

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