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CONCLUSION

Comme le discrédit du vrai durera autant que le péché, il y aura jusqu'à la fin des douleurs glorieuses pour quiconque aime et sert la vérité, pour les découvreurs, pour les précurseurs, pour les généreux, qui sont aux prises avec l'obstacle et qui frayent le chemin. Je parle des découvreurs, je n'ai garde d'oublier les martyrs.

Maïs parmi les offices de la douleur, il en est un qui passe avant tous les autres : elle nous avertit. Je ne dirai pas qu'elle nous purifie, que semblable à un creuset elle dévore nos souillures ; ce serait proclamer le salut par la douleur, et l'Évangile entier se soulève contre cette énormité. Nous n'adorons pas la douleur, nous ne canonisons pas la douleur ; nous remercions Dieu d'avoir mis ce grand ouvrier ici-bas. La douleur, ce fruit du péché, est une des harmonies d'un monde envahi par le péché. Par elle nous cherchons le bonheur où il est, par elle nous nous souvenons de ceux qui souffrent. Elle nous montre nos frères, elle nous montre le cieL

Le moment est venu, messieurs, de jeter les yeux en arrière et d'embrasser d'un coup d'œil l'ensemble de notre étude sur l'égalité.

Nous avons commencé par chercher l'égalité en nous. Là nous avons aperçu des inégalités et des égalités que rien ne saurait détruire. Première découverte qui a son prix : Il n'y a pas à chercher une égalité absolue qui est impossible; il n'y a pas à créer de toutes pièces une égalité qui existe en bonne partie dès à présent.

^N HARM^iriES SDCIALES.

Après régalitg en noas, nous avons CGiiBidëné l'égalité dans l'histoire. Lh encore nous avons feconou qoe tout n'est pas à faire, tant s*en fact. Depoôs 4'Év«ngiie et sekm qae nous sommes plus ou moms fîdèles à i'É- Tangile, l'égalité gagne du terram . Il ânit hâter sa marche pporidentielle^ sans oubTier le ch^nin >déjà ps^roonro.

La question de méthode se présentait ensuite. Voici deux égaiit^^ celle qui a^saisse et celle qui éèère^ceUe qui retranche les supériorités et celle qui viait en aide aux infénorités^ cdle qui se nomme mv^Iement et celle qm mérite seule le nom d'égalité. Mous a^ons choisi.

H Mak o^eadant abonler les faits actuels. La qoestion de régaïftié se pose aujourd'àiii sur le terrain du commuiùsme ; la propriété est dénoncée comme le véritable ohGEtacle à TégàSté : il est injuste que l'un a'ait rien et «que Tautoe ait «trop; éooe il om vient,. seit d'opérer mi partage <iireet,.8dst de recourir au partage indi* reat par le nràyea des droits énoisnes de suâCôssion, de rimpôt unique et progressif, de la suppression ou de l'écrasement des hérédités collatérales I En présence de telles doctrines, qu'on croyait abandonnées depuis 1 848 et qui sont toutes debout, nous nous sommes demandé si la société est faite ou si elle est à faire. Nous avons prouvé qu'en ébranlant une de^es tnrses divines, ia pro* :friâé, on ébranlait les ^utnes, à cmameiH^er par ia justice et par la famille. Puis, nous avons montré quef éga» Jité du commimisiçe menait 4rait à la ruine univecaelle st 6aas lemède, murtout à ceUe des pauvicB.

Le oœnffîunismje faisant appel à l'État, nous ^avions à laous occuper spécialement ^es rap]»ort6 de légalité eit île la liberté. Nous les avons étudiés, messieiars^ mr te terrain des problèmes sodauK et sur œim des poétif^

CONCLUSION., 3ftk

mes politiques. L'^atité séparée de la liberté noos eat apparue sous sou vrai nom, le despotisme. Ce desporttame de TÉtat socialiste et de la majorité maîtresse de tout, est à la fois le plus absolu des despotismes et le seul possible désûimais« Nous nous sommes tournés abrs vers l'égalité unie à bi liboté. Notre avenir entier se rattache au triomphe de la démocratie libérale.

De la liberté à TËvangile le chemin était aisé. L'Évan* g&6 contient la solution supérieure. Vous n'avez pas oublié l'admiratioa avec laquelle nous avons passé eu revue les égalités chrétiennes, celles du salut, de la morale, des inatitutiona. Grâce à TÉvangUe,. Fégalité devient fraternité» Et la fraternité accomplit son œuvre; les pays où la Parole de Dieu est en honneur sont les ini* tialeursdu mouvement qui détruit resclavage, qui abolit les priviléges^qui prend soin des droits du grand nombre.

Enfin, l'idée d'harmonie s'imposait à nous. Y a-t-il antagonisme ou accord des intérêts? Sommes-nous appelés à poursuivre le progrès en ennemis ou en. amis ? L'économie politique proclame l'accord et elle a raison; mais que cet accord est insuffisant! que d'injusticea à réparer l que de blessures à panser ! Sans la vie à venir la vie actuelle ne s'explique pas; sans le devoir et la charité les harmonies terrestres sont imparfaites jusqu'à devenir souvent mens<mgëres. Il nous faut du devoir dans nos consciences, de l'amour dans nos cœurs et du ciel sur nos télés; alors les inégalités se métamorphosent en harmonies ; alors la douleur même se fait har^ monie et la paU descend ici-bas.

Messieurs, rien n'est vain comme les paroles, mais rien n'est fort comme la v&ité. J'ai pensé qu'il était

utile de mettre en lumière quelques vérités mal connues sur le sujet le plus angoissant de notre époque. Les crises de la société sont celles de Tesprit humain ; les idées font; les faits ; je crois aux idées.

Maintenant, j'ai usé de mon droit, usez du vôtre. Je n'espère pas que nous soyons tous d'accord sur tous les points ; ce que j'espère, c'est qu'après avoir visité ensemble les hautes régions nous en avons tous pris le goût. Nos longs entretiens n'auraient pas été perdus, si nous sortions d'ici plus ardents au bien, plus amoureux du vrai, plus serviteurs de Dieu, plus égaux.

Égaux 1 ce mot-là ne réveille pas seulement des idées, il rappelle des devoirs. Aimons-nous l'égalité? Pratiquons-nous l'égalité ? Voilà des questions qui se posent d'elles-mêmes devant nous au moment de nous séparer* Nous avons un examen de conscience à faipe.

Ou nous ne sommes que des déclamateurs, ou il faut que notre égalité soit autre chose qu'une doctrine ; elle doit descendre de la théorie dans la vie. Sans l'égalité appliquée, l'égalité professée n'est rien.

Or, nous avons peut-être la passion de l'égalité, nous n'en avons pas les mœurs. Nous aimons l'égalité qui nous met de niveau avec nos supérieurs, nous aimons moins celle qui met nos inférieurs de niveau avec nous. Ce sentiment profond, pénétré de respect mutuel, que l'Évangile appelle la fraternité, nous l'admirons plutôt que nous ne l'éprouvons. Trop souvent notre orgueil se charge de creuser des fossés et d'établir entre nous et nos frères des distances infranchissables. Je donnerais beaucoup de théories pour la bienveillance réelle des rapports. Que chacun de nous y pense : nous ne pouvons pas tous formuler des lois et assurer le triomphe

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