CHAPITRE m
Ganses principales de rinégalitè des races; 8i la Justice donne aux peuples oivillsés plus de droits qu'aux sauvages sur les territoires qu'ils habitent respectivement. Pourquoi l'homme et la femme, bien qu'ayant des droits et des devoirs égaux, ont cependant des rôles différents.
« Vita hominis pretium inestimabile », la vie de tout homme est d'un prix inestimable, disaient justement les Romains; mais, rigoureusement parlant, aucun homme sauvage ou civilisé n'est égal à un autre homme, soit au point de vue physique, soit au point de vue moral.
II y a inégalité et inégalité. Ainsi il y a généralement moins de distance d'un Français à un autre Français que d'un Français à un sauvage. Comme types de sauvages déprimés, M. Desjardins cite a l'indigène Australien qui a le ventre proéminent, les membres grêles, le cerveau de l'idiot européen... ; les Fuégiens, les Otomaques, les Cochimi et les Guyacura qui errent encore au Mexique, mangeant ce qu'ils trouvent et s' abritant contre le vent derrière une broussaille... »
<x On ne peut évidemment, continue-t-il, les mettre sur le même plan. que cette race hellénique qui, sans parler de tant d'actions sublimes qui firent battre le cœur de nos pères, poussa si loin l'amour et l'instinct du beau, que ce peuple.romain qui excella dans la science
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du gouvernement et dans l'art de la guerre. » (Discours sur l'égalité des conditions.).
Il existe donc sur la terre des races inférieures et des races supérieures. A quoi tient cette inégalité ? Non pas au climat, ni à la nature du sol évidemment.
Dans ce même Mexique où languissent les Guyacura et d'autres tribus abâtardies, vivaient — antérieurement à la conquête espagnole — des peuplades parvenues à un haut degré de civilisation : Chichimèques, Aztèques, Colhues, Tapanèques, Tlatélogues, etc.. D'importantes découvertes faites récemment par l'archéologie en témoignent au même titre que les traditions locales. Sans doute, dans un temps reculé, les Otomaques avaient été foulés aux pieds par les Chichimèques, de même que ces derniers furent à leur tour accablés de maux par la cupidité des aventuriers Espagnols qui avaient con* quis leur pays.
L'indigène Australien, cela est vraisemblable, n'a pas non plus toujours été chétif, malingre, abruti comme on le voit aujourd'hui ; il a pu, dans le passé, se montrer agile et courageux comme le Canaque, son proche voisin. En tout cas, le climat du pays qu'il habite n'est pas plus débilitant que le nôtre, même pour des Européens. Les convicts, c'est-à-dire les repris de justice que l'Angleterre a transportés en Australie, depuis la fin du XVIIP siècle jusqu'au milieu du XIX*, devaient être, eux aussi, quelque peu affaiblis par le genre de vie qu'ils avaient mené dans les prisons et les bagnes de la métropole, ou ailleurs. Et cependant, sur la terre d'exil, ils ont retrouvé leur première vigueur et fondé une colonie dont le rapide développement fait aujourd'hui l'admiration des peuples civilisés.
A quoi tient la destinée d'une peuplade sauvage ? Au hasard, la plupartdu temps. La viedecourses et d'aventures ne saurait lui convenir indéfiniment. Si, au bout d'un certain temps, elle ne parvient pas à s'élever jus-