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CHAPITRE IV

De régalité des droits et des devoirs dans la famille garantie par la liberté testamentaire.

C'est donc au même point de vue quil faut considérer régalité dans la famille, qu'il s'agisse de l'éducation des enfants ou du règlement de la succession des parents.

Une mère a deux jeunes garçons qu'elle élève avec un affectueux dévouement, mais qui n'ont ni le même dé* veloppement physique ni le même amour du travail. L'ainé est plus grand et plus fort que le cadet ; il a plus d'appétit ; aussi la mère lui donne-t-elle une nourriture plus abondante qu'à son frère ; « à chacun selon ses besoins, dit-elle volontiers ; ni trop ni trop peu ; de cette manière, la santé de chacun d'eux sera florissante. »

A l'école, l'aîné encore, le plus laborieux obtient le plus de succès ; à la fin de chaque semaine ou de chaque mois, la mère proportionne les récompenses, jouets ou friandises, aux succès obtenus. Cette manière d'agir ne va pas sans provoquer des récriminations et des pleurs de la part du cadet dont le lot est le plus faible : a les parts ne sont pas égales, s'écrie-t-il, ce n'est pas juste. » La tendre mère s*efïorce alors de lui faire comprendre le principe de la justice distributive qu'elle applique en toute circonstance. <K Â chacun selon son mérite, à chacun selon ses œuvres, lui répond-elle ; si je te donnais autant qu'à ton frère, lui se plaindrait avec raison ; il n'est pas juste . que tu reçoives autant que lui, puisque tu fais moins

d'efforts que lui ; du jour où les œuvres seront égales, les récompenses le seront aussi. »

La mère n'en prodigue pas moins son affection à ses deux enfants ; entre eux, son cœur ne fait aucune différence. Vienne le jour de l'an ou le jour de sa fête, et aux souhaits de bonheur que lui exprimeront ses deux fils bien-aimés, elle répondra par deux cadeaux d'égale va* leur. Cette fois, il ne s'agit plus de récompenses, mais de témoignages de l'amour maternel qui s'étend uniformément à l'aîné et au cadet. Là encore la mère a donné « à chacun le sien » ; les lots sont égaux parce que les droits sont semblables. Aux yeux d'une mère éclairés par Taffection, la justice envers ses enfants est un principe absolu dont l'égalité n'est que la manifestation relative.

La femme que nous avons prise comme exemple n'a rien en elle qui la distingue des autres femmes ; elle pense et elle agit comme toutes les mères qui ont Tàme droite ; aucune ne la désavouera, car aucune d'elles n'oublie de s'inspirer de l'esprit d'équité dans le moindre de ses rapports avec ceux qui lui doivent le jour.

Le cœur a des raisons que le génie lui*môme ne saurait désavouer : un Socrate, un Platon n'oseraient critiquer sérieusement les actes et les jugements d'une mère. Par contre, toutes les mères désavoueraient certaines utopies qu'en un jour d'aveuglement l'esprit de système a inspirées à ces grands génies. Dans le traité De la République (p. 275, 1. 1"), Platon fait tenir à Socrate lé langage suivant auquel il s'associe r a ... Les hommes et les femmes préposés à l'éducation des enfants porteront au bercail commun les enfants des citoyens d'élite et les confieront à des gouvernantes qui auront leur demeure à part dans un quartier de la- ville. Pour les enfants des citoyens moinn estimables et pour ceux des autres qui auraient quelque difformité, ils les cacheront comme il convient dans quelque endroit se* cret et qu'il sera interdit de révéler. »

«ML-li UU^i^Wl^^lBPf^^S^IV^Li II»

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