CHAPITRE XII
De la prudence nécessaire dans les changements politiques.
En politique, nous aimons l'égalité des droits et des devoirs ; nous l'aimons parce que l'égalité ainsi comprise est l'expression de la justice ; mais nous ne croyons pas aux contes de fées, c'est-à-dire que nous nous méfions des charlatans qui, d'un coup de baguette magique, veulent transformer là Société.
J.-J. Rousseau se complaît dans le paradoxe en présentant l'inégalité physique ou morale des homnaes comme un produit de la civilisation et en affirmant la nécessité pour tous les citoyens^ dans toute Société^ d'exercer les mômes droits politiques. Cette égalité ne saurait convenir à un peuple sortant à peine des limbes de la barbarie ; elle n'est possible qu'à partir du jour où le progrès a développé dans les esprits la notion du droit. Taine, par esprit de système, tooibe dans un autre paradoxe en prenant le contre-pied du contrat social ; il autorise en effet le législateur à décréter tour à tour l'égalité ou l'inégalité et il place ainsi la justice au môme rang que l'injustice : a Selon le peu* pie, l'époque et le degré de civilisation, dit-il, seloa la situation intérieure et extérieure, toutes les égalités ou inégalités civiles ou politiques peuvent tour à tour cesser d'être utiles ou nuisibles^ partant mériter que le législateur les détruise ou les conserve, et c'est d'après