CHAPITRE XVII
Antres tempéraments conventionnels on léganz & rinégallté des conditions, considérés sons le même rapport ; communanté partielle on totale des biens.
A côté de la limitation des attributs de la propriété individuelle, apparaît le système de la communauté totale ou partielle des biens, qui tend également — mais par des procédés différents — à atténuer les conséquences de l'inégalité naturelle des hommes.
Sous ce rapport la Cité antique jouait, mais avec plus dindépendance, le rôle que* la commune moderne joue dans certaines contrées. Âristote propose « d'en diviser le territoire en deux parties, l'une au public, l'autre aux particuliers. La première portion sera subdivisée encore pour fournir à la fois et aux dépenses du culte et à celles des repas communs. Quant à la seconde, on la divisera aussi, pour que chaque citoyen possédant en même temps et sur la frontière et aux environs de la Cité, soit intéressé à la défense des deux localités. » (Politique, 2-61). Il préconise ainsi le système de la communauté partielle, la moitié du territoire national étant affectée aux usages communs, l'autre moitié étant susceptible d'appropriation individuelle .
 Athènes, les habitants jouissaient en commun des bois et des pâturages dont la propriété était attribuée à la Cité ; le surplus du territoire était morcelé entre eux.
La ville de Rome possédait aussi, sous, le nom d*ager
publicuê, des terres communes dont les produits devaient profiter à tous les citoyens. II est permis de croire que, tout d'abord, par avidité, des hommes puissants empiétèrent sur ce domaine et que la collectivité n'en obtint pas tous les profits auxquels elle avait droit. Les conquêtes de la République amenèrent par la suite un agrandissement des propriétés collectives, sans que le gouvernement parvint à en tirer un parti avantageux. L'Italie, avec ses terres fécondes dans leur ensemble, ne suffisait pas à nourrir ses habitants ; peu à peu le nord de l'Afrique devint le grenier de Rome. Une grande étendue de territoire italien restait inculte et, finalement, dit Pline, latifundia perdidère Italiam.
En Suisse, en France et dans d'autres pays d'Europe, beaucoup de communes possèdent des biens dits commu* naux, bois ou pâturages, dont l'usage est commun à tous les habitants. Les bois, généralement situés sur des montagnes ou des collines, sont difficiles à défricher. Il n'en est pas de même pour tous les pâturages. Dans ces derniers temps chez nous, notamment en Sologne, dans les Landes et en Bretagne, les communes ou sections de communes ont divisé la plus grande partie de leurs bruyères qui ont pris par suite une grande plus-value. Là encore, l'individualisme est en faveur.
En Espagne, le régime communal offre plus de garanties ; les ouvriers agriculteurs sont d'ordinaire réunis en communes puissamment organisées et possédant une grande quantité de biens indivis. Ils y entretiennent des bestiaux et s'initient aux habitudes de la propriété privée. Chaque commune possède des ressources suffisantes pour assister les malades et les indigents, subvenir aux besoins pressants des habitants et les garantir contre les effets des calamités publiques ; en même temps, mue par son propre intérêt, elle s'oppose aux mariages précoces. Le Play se complaît à faire ressortir les avantages de cet état de choses pour les petits cultivateurs