JOAN., VII, 38 et IV
Teffusion de TEsprit- Saint lorsque viendrait le Messie.
L'ablution totale, ou baptême, avait été pratiquée depuis toujours. Jean le précurseur la renouvelle en lui donnant une signification de pénitence, à la veille de la manifestation de Jésus.
Le Sauveur lui-même, soumis aux coutumes de son peuple, soumis à tout ce qui est de l'humanité, descendit religieusement dans le Jourdain et s'inclina sous les signes symboliques qui devaient marquer sa consécration comme Messie.
Dans le récit de la Création, l'auteur sacré, semblant faire allusion aux anciennes cosmogonies, avait dit : « Et l'Esprit de Dieu planait sur les eaux », à savoir pour les féconder. Ainsi l'Esprit divin, manifesté au baptême de Jésus, plane sur l'eau baptismale pour lui faire engendrer la vie : non plus la vie du corps, mais lia vie de l'âme, le symbole utilisé par l'esprit ayant pouvoir sur l'esprit, toutes les eaux de la terre, disent nos auteurs, se trouvaiit députées par l'initiative du Christ à un rôle religieux nouveau, conformément aux nouvelles et définitives doctrines.
Le globe baigné dans l'eau des mers et lavé par les fleuves; les âmes baignées dans l'Esprit-Saint et arrosées spirituellement à propos de l'eau lustrale : tel est donc le symbole proposé.
Après cela, un François d'Assise aura lieu doublement de louer « notre sœur l'eau, qui est très utile, humble, précieuse et chaste ».
Aux premiers temps de l'Église, l'emploi religieux de l'eau semble s'être borné au seul baptême. En
vue de réagir contre le formalisme pharisaïque, on ne voulut pas multiplier les rites extérieurs. L'eau , baptismale elle-même était d'ailleurs employée telle quelle, sans nulle bénédiction particulière. Les Juifs ni les païens ne bénissaient l'eau. Elle était purifiante, pensait-on, en raison de sa nature même. Le symbole était donc complet dès qu'on ne l'altérait point par un mélange d'impuretés.
Toutefois, pour mieux marquer l'intention spirituelle du baptême ; pour aider à son efScacité par l'influence des prières collectives dont le ministre est le porte-voix, on trouva bon, en Afrique d'abord, au début du ii« siècle, puis, peu à peu, partout, de prononcer sur les fonts baptismaux des formules du genre de celle-ci, qui est très ancienne : ^ Je te bénis donc y créature de Veau y par le Dieu vivant ^ par le Dieu vraiy par le Dieu sainty par le Dieu qui, au commencement, à Vaide de sa parolcy te sépara de l'élément aride. . . par Jésus- Christ son Fils unique^ Notre- Seigneur y qui par un signe admirable de son pouvoir y te changea en vin à Cana; lui dont les pieds ont foulé ta surface; lui qui reçut par toi dans le Jourdain le baptême de Veau; lui qui te fit sortir avec le sang de son côté ouvert, et qui commanda à ses disciples de baptiser en toi ceuj qui croiraient^. »
D'un autre côté, comme une chose se conserve par les mêmes moyens qui ont servi à l'acquérir, et que pourtant le baptême ne se réitère pas, on était naturellement invité à instituer, par imitation du judaïsme et du paganisme pieux, ce qu'on pour-