AI OIT. V
Il est par là chef répétiteur de la divine leçon faite aux hommes. Il confirme ses frères dans la foi • il organise le symbole, l'interprète, le défend di-
rime souverainement les questions qu'il soulève, sert de recours ultime dans les disputes que de telles questions ne peuvent manquer de faire naître au sein d'un groupe uni — et qui le demeure précisément par ce moyen ; mais si divers par l'intelligence, et d'ailleurs, sous ce rapport comme sous tous les autres, tenté.
Toutes les puissances du mal ne sont pas de l'ordre pratique. Il y a le démon de l'orgueil intellectuel, le démon de l'esprit propre, de la ténacité, de la chicane et de la contention à Tégard d'autrui.
Jésus l'avait prévu et voulait y parer quand il disait : « Simon, Simon, Satan ç^ous a réclamés pour cous cribler comme le froment ; mais f ai prié pour toi afin quêta foi ne défaille point. Et toi, affermis [ou confirme) tes frères ».
Remarque-t-on ce singulier et ce pluriel? Satan s>ous a réclamés, vous tous, pour vous cribler, c'està-dire vous troubler et vous agiter de pensées diverses. Vous-mêmes, mes envoyés, pourrez subir en cela ses assauts. Alorsi toi, Simon Pierre, si tu étais aussi troublé et agité de perplexités au sujet de ma parole, souviens-toi que fai prié pour toiy afin que ta foi ne défaille point. Et ensuite toi, toi en particulier, toi en chef, affermis tes frères.
Le privilège d'infaillibilité trouve ici son point de raccordement. Mais nous devrons l'étudier à part.
La seconde prérogative essentielle au vicariat du successeur] de Pierre, c'est le gouvernement. « Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel; tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel » (Matth.jXvi, 19). C'est-à-dire que l'autorité du
Christ, présentement remonté au ciel, n'est pas pour cela absente de son œuvre. Il l'a communiquée. Et sans nul doute il Ta communiquée collectivement à tout le groupe de ses envoyés : aussi leur dira-t-il à tous, un peu plus loin et dans les mêmes termes : (Ibid., XVIII, 18) : « Ce queyons lierez sur la terre sera lié dans le ciel et ce que cous délierez sur la terre sera délié dans le ciel, » Mais, dit Bossuet, « la suite ne renverse pas le commencement... Cette première parole : Tout ce que tu lieras, dite à un seul, a déjà rangé sous sa puissance chacun de ceux à qui on dira : Tout ce que \ovs délierez \ »
c( Pais mes agneaux, a dit encore le Sauveur en partant; pais mes brebis » (Jean, xxi, 15-17). Sur quoi saint Ambroise écrit : « D'abord les agneaux, puis les brebis sont commis à sa garde ; car il est constitué non seulement pasteur, mais pasteur des pasteurs. Il fait paître les agneaux, il fait paître les brebis ; il fait paître les fils, et il fait paître aussi les mères (c'est-à-dire les églises), il régit et les sujets et les prélats^. »
Dans ces paroles d'institution, tout porte. Jésus dit : Pais mes brebis, pais mes agneaux, c'est-à-dire : Je ne les aliène pas, ni davantage le pouvoir que j'ai sur eux; mais ce pouvoir, je le communique, pour qu'il soit exercé en mon nom. Tu seras pasteur, F'ierre, avec moi et en moi, tu seras un seul pasteur avec moi.
De plus, Jésus ne dit pas : Pais mon troupeau, comme parlant collectivement ; mais mes agneaux,