‹ L'EgliseChapitre 41 sur 50 · Encyclique Libertas · texte numérisé non relu

Encyclique Libertas

SON OKGAISISATION, 311

En raison toujours de l'unité qui retient tout le corps, épiscopal; en raison de Tunité de la mission confiée aux Douze par le Divin Maître, l'action particulière de Tévêque, dans son diocèse, n'enferme pas là ses résultats; elle garde une portée générale. L'autonomie de chaque pasteur au milieu de son troupeau est plus visible, elle n'est pas plus réelle que l'unité mystique de tout le corps.

Les évêques dispersés forment, au spirituel, par leur union entre eux et avec le Saint-Siège, une sorte de concile permanent. Les échanges de vie qui circulent du centre à la périphérie et en retour, voire latéralement, de siège à siège, ressemblent à ce qui se passe dans un organisme en santé, où tout ne se confond pas, où tout n'est pas égal, où tout cependant est réciproque.

Les lois qui sont portées ici ou là, les coutumes qui s'installent, confirmées par l'autorité et par l'expérience, concourent à former ou à perfectionner les lois et les coutumes générales. La sainteté qui en éclôt devient un trésor commun. Ce que nous avons dit du rôle des gouvernés dans le gouvernement de l'Eglise est vrai à bien plus forte raison de ces gouvernés gouvernants que sont les évêques. Si le Pape « confirme ses frères » dans le concours qu'ils lui donnent, ce concours n'en est pas moins effectif. Pour la doctrine, pour la discipline, pour la liturgie, pour toute chose, l'action subordonnée des évêques est un des moyens de la vie dont le Saint-Siège est le

centre, dont le Christ et 1 Esprit divin sont les propulseurs.

Pour finir, n'y a-t-il pas lieu de rappeler ici la remarque capitale qui a été faite à propos du sacrement de rOrdre?

Dans l'Eglise, le point de vue mystique domine toujours de haut le point de vue administratif, celuici étant un moyen, l'autre une fin. Tellement, que dans l'administration même, dès lors qu'elle est religieuse, l'échelle des rôles doit correspondre en principe avec l'échelle des valeurs de vie.

Il s'ensuit que l'évêque, placé en tête de la hiérarchie dans son église particulière, et, dans la communion de ses frères les autres évêques, en tête de toute l'Église, se trouve de ce fait engagé dans un état de perfection ; car ce qui est suprême doit être parfait, dans un ordre où l'élévation a des visées sanctifiantes.

Chargé des actes religieux les plus saints ; égal en cela au Pape lui-même, ainsi quila été dit; appliqué aux plus grands devoirs, qui sont tous de portée mystique, l'évêque est appelé à un état de vie spirituelle qui corresponde à l'appel divin. Des trois états que distinguent les théologiens : celui des commençantSy celui des progressants et celui des parfaits — en le comprenant bien entendu dans le sens d'un propos et d'une marche effective, non d'un terme — c'est à ce dernier que l'évêque est invité à se rattacher. Il en fait, lors de sa consécration, la profession perpétuelle et publique; il devra le prouver dans ses actes.

Les sacrements, que le pasteur administre et dont

il est le chef, veulent sanctifier, disions-nous, les canaux par lesquels ils passent. Ces canaux ne sontils pas vivants, et ne doivent-ils pas être conscients, pour eux comme pour tous, du prix de ce qu'ils communiquent? N'en sont-ils pas aussi les clients? Ils prendront donc plus que tous de FejBfet sanctifiant, ceux qui ont en premier et dans sa plénitude le pouvoir de sanctifier les autres.

La plénitude du sacerdoce correspond normalement à la plénitude de la foi et de l'amour. Le pouvoir de donner le Saint-Esprit implique normalement une possession personnelle éminente de FEspi it.

Page 1