‹ L'EgliseChapitre 43 sur 50 · Hom. II in I Tim. c. la · texte numérisé non relu

Hom. II in I Tim. c. la

Ift.

En dépit de cette unité du clergé et de Tévêque, qui par elle-même serait une source d'égalité entre tous les prêtres, il y aura entre ceux-ci des échelonnements variés. Mais à la vérité, c'est l'unité même dont nous parlons qui le veut, puisque sans cela les fonctions diverses de l'épiscopat ne seraient pas remplies.

Les nécessités de l'administration religieuse ont donc fait établir un ordre et un partage entre les prêtres qui, frères comme tels, auront pourtant une hiérarchie d'emplois. D'où la création ancienne des prêtres cardinaux y dont la fortune devait s'élever si haut, tout en s'altérant ; d'où celle des titres ecclésiastiques avec charge d'âme, qui sont à l'origine des paroisses et des collégiales. D'où encore les rôles différenciés d'économes, de pénitenciers, de prévôts, de doyens, de chefs d'école, etc., qui ont subi au cours des k:gÇi^ d'amples variations. D'où enfin la création de petites églises sans titre épiscopal, mais dépendantes d'un évêque et formant, avec des combinaisons variées, ces circonscriptions religieuses qu'on appelle aujourd'hui des diocèses ^

Pour bien marquer l'unité persistante sous ces divisions, on avait établi des coutumes qui présentaient du reste d'autres avantages. Telles les stations, ou assemblées qu'organisait l'évêque tour à tour dans les diverses églises de sa circonscription et où successivement se transportait son trône. Aujourd'hui, la visite pastorale donne les mêmes efi^dts.

1. Dans la langue de Tantlquité, le mot diocèse (5ioCxy)(Tiç) nommait une division administrative appartenant plutôt à l'ordre civil.

Nous arrivons ainsi à l'étude des paroisses et de leurs titulaires : forme actuelle de la participation du clergé à la mission pastorale de Tévêque.

Le mot curé [curatusy celui qui a charge, a savoir de la paroisse, d'où le mot latin parochus]^ ce mot, dis-je, n'appartient pas à la langue primitive de rÉglise. La paroisse désignait autrefois ce que nous appelons maintenant diocèse, ou l'une de ses parties.

Il n'y eut pas de curés proprement dits avant le IV* siècle, pour cette raison que le troupeau chrétien encore étroit n'exigeait pas cette subdivision des églises. Tous les fidèles se groupaient autour de l'évêque et célébraient avec lui les saintes liturgies, qu'ils fissent partie de sa ville ou même qu'ils habitassent au dehors. C'était l'évêque, qui était le propre curé (curatus) de tout son diocèse — bien entendu avec le concours de ses prêtres, mais de telle sorte qu'aucun de ceux-ci n'eût la charge particulière et permanente d'un groupe.

Ce n'est pas qu'il n'y eût des églises en dehors de l'église cathédrale; mais on ne faisait qu'y prier ; on n'y célébrait ni la sainte messe ni la prédication, qu'on préférait multiplier là où était le siège hiérarchique ^

C'est naturellement dans les campagnes que le besoin de cette extension se fit d'abord sentir : aussi ïy voit-on commencée dès le iv® siècle. Il faudra

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