On peut rappeler dans le même esprit l'offrande que
Pendant ce temps, le prêtre procède à V offertoire. Il présente le pain, dont les grains assemblés en un disent Tunité chrétienne ; le vin, produit d'une multitude de grains exprimés, dont la fermentation commune fait le prix. Il a mêlé au vin quelques gouttes d'eau qui s'y absorbent, et il demande que par ce mystère^ nous soyons absorbés, nous aussi, dans la divinité du Sauveur. Il encense Foblation, ainsi que Tautel, ainsi que la croix. Lui-même est encensé par le diacre comme représentant de Jésus, et tout le clergé, tous les fidèles le sont aussi, quoique inégalement, parce que tous, inégalement, font partie de l'unité dans le Christ, et sont donc, d'une certaine manière, des Christs, des saints, comme les appelait saint Paul, unis au Saint des Saints,
C'est à l'autel, au-dessus et au-dessous de Fautel, tout le tour de l'autel, que les encensements s'attardent. On dirait qu'on s'efforce de Timprégner, de le spiritualiser, afin que la victime sacrée, portée par les effluves odorants, monte, comme sur les ailes de nos aspirations, vers le trône où elle interpelle.
Après cela, le prêtre se lave les mains, pour ne toucher qu'avec des mains nettes, symbole d'une âme pure, la toute pureté de l'Agneau sans tache.
Il prie, résumant les intentions de tous. Il invite à prier avec lui [Orale fratres). Les prières secrètes achèvent de déterminer le sens de Toblation, la fin qu'elle se propose. Et ainsi se termine la première partie de la messe des fidèles,
fait l'évêque, à la messe de son sacre, de deux petits barillets de vin rouge et blanc, de deux pains et de deux cierges.
La préface inaugure la seconde. Le lien se fait entre les deux par le début saisissant qui est la finale des prières secrètes, et qui annonce le retentissement du fait rédempteur à travers les siècles : Per omnia ssecula sseculorum.
On connaît le sublime dialogue échangé alors aux grand'messes entre le prêtre et les fidèles, puis ce récitatif qui a enflammé d'enthousiasme tous les artistes, et qui monte, de plus en plus grandiose, jusqu'au Sanctus, transportant haut les cœu7^s [Sursum corda) ; rendant grâces pour le Don vivant dont la présence va être renouvelée, ainsi que le sacrifice; proclamant yws^e et raisonnable, équi^ table et salutaire de multiplier les louanges par-touty toujours, à l'adresse du Seigneur saint, du Tout-Puissant, du Dieu eïer/ie/; lançant comme des coups d'encensoir ou mieux comme la voix même de l'univers extasié les mots : Saint! Saint! Saint! qui dans la Bible sont le chant des armées célestes (Sabaoth), c'est-à-dire des astres et de l'armée plus sublime des esprits ^
La terre y joint son Hosanna, et la voix des enfants, comme au jour des Rameaux, s'y ajoute, disant : Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur!
Puis, c'est le Canon, c'est-à-dire la règle, la chose réglée par excellence, le rite précieux, et, à cause de cela, précis, invariable, les siècles n'osant pas, eux qui changent tout, rien changer à ces simples paroles.
On dit pour qui le sacrifice est offert, et c'est pour