LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE (1789 A L'AN XIII
Le décret rendu par l'Assemblée nationale le i3 février 1790, supprimant les ordres monastiques, termina l'existence de l'abbaye. Le 1 4 septembre 1792, les religieux bénédictins célébraient leurs offices pour la dernière fois ; le 23 septembre, la basilique devenue église paroissiale, recevait un clergé séculier. Bientôt les destructions violentes vont commencer dans l'église. Aux journées d'août 1793, les tombes sont brisées, les statues enlevées; en octobre, ce sont les profanations macabres, l'exhumation des corps 2 , les mutilations de sculptures extérieures aux tympans et voussures du portail ; l'église devient un chantier de démolitions et de fouilles. Aussi le i4 octobre 1793 les portes sont fermées, le culte est célébré désormais à l'Hôtel-Dieu. En novembre 1793, l'église est transformée en temple de la Raison et sert à la célébration du nouveau culte jusqu'en avril 1794; à ce moment l'édifice devient inhabitable. En effet, la recherche des matières pouvant être transformées en munitions de guerre était alors poursuivie avec ardeur ; les toitures d'églises présentant d'énormes surfaces de plomb, allaient être utilisées et cet arrachement devait avoir, pour les monuments gothiques, les plus funestes consé-
1. La ville de Saint-Denis pendant la Révolution. Récit contemporain (de l'organiste Gantier). Le Cabinet historique, t. XX, 1" partie, 1874, et t. XXI, 1" partie, 187a. — Archives de la « Commission temporaire des arts » (seront publiées par M. L. Tuetey), aux Archives nationales. Cf. le carton F 1 * 7 1266.