‹ L'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux;Chapitre 5 sur 43 · Voir ci-dessous, p · texte numérisé non relu

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a8 L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.

quences. En février 1794» le Comité de Salut public désigne, parmi les couvertures d'église à enlever, celle de Saint-Denis; la Commission des armes et poudres est chargée de l'exécution du décret. Il est dit que les voûtes seront aussitôt recouvertes, aûn d'éviter les dégradations; les lames de plomb furent descendues à partir du mois de mars, mais les tuiles et les ardoises amenées à pied d 'œuvre, seulement en 1796, ne furent que partiellement utilisées.

Dans l'église vide, il ne reste plus alors que les équipes d'ouvriers travaillant au descellement des grands tombeaux et au transport des sculptures que des convois venaient chercher pour porter au Musée des Monuments français.

Dévastée et dépouillée, la toiture arrachée, l'église abbatiale sera menacée d'une destruction complète. C'est aux efforts heureux des membres de la section d'architecture de la Commission temporaire des arts que nous devons la conservation de l'édifice, qui risqua maintes fois d'être mis en vente et démoli. En mars 1794, les délégués de la Commission préservent les clochers que les membres zélés de la Société populaire veulent transformer ou abattre ; au mois de septembre de la même année, ils parviennent à faire différer la mise en vente, réclamée par le Conseil de district et approuvée par le Comité de Salut public. La commune de Franc iade — c'était le nom républicain de la ville depuis le 21 octobre 1793 — ne savait comment utiliser ce grand vaisseau vide, la nef servit seulement quelque temps d'entrepôt de blé et de farine, des moulins à bras ayant été établis dans l'abbaye dont les bâtiments furent aménagés pour servir d'hôpital militaire dès 1795; aussi les projets de vente étaient-ils toujours menaçants. C'est pour sauver l'édifice et lui donner une destination pratique que vers 1799, ^ e Conseil des Bâtiments civils, récemment

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institué, donna Favis, sur le rapport de l'architecte Petit- Radel, inspecteur général des monuments publics, de convertir Féglise en une halle fermée. On devait démolir les voûtes de la nef et conserver les parties basses. Ce projet extraordinaire, qui fut sérieusement étudié en 1800, eut d'ailleurs l'approbation d'Alexandre Lenoir qui le déclare « plein de sagacité » , remplissant à la fois « le but des arts et celui de l'utilité pratique i » ; il est vrai que l'infatigable conservateur voyait avec j oie cette occasion d 'enrichir son Musée. Il recueille alors à Saint-Denis de nombreux débris de la décoration architecturale, des sculptures et des vitraux déposés qui vont servir à orner ses salles. Il faut insister sur ce funeste enlèvement des verrières ; dégarnir les fenêtres de la nef et des collatéraux, c'était accroître la ruine de l'église, en laissant pénétrer plus librement encore l'humidité et les averses. Après ces. dernières atteintes, l'abbatiale de Saint- Denis semblait bien vouée à la mort.

Au commencement du xix e siècle, les idées artistiques s'étaient transformées ; peu à peu l'art gothique se révélait aux esprits cultivés. Des écrivains, des artistes, venaient s'inspirer au milieu des édifices en ruines qui couvraient le sol de la France, y chercher des spectacles propres à entretenir la rêverie. Les débris épars de l'art gothique commençaient à être recueillis par des amateurs, la curiosité naissait et avec elle, l'étude raisonnée de ce passé, jadis dédaigné.

Les promeneurs revenaient nombreux à Saint-Denis. Devant les sépulcres vides, ils voulaient manifester leur indignation des profanations odieuses, affirmer leur attachement

1. A.. Lenoir. Musée des Monuments français, 1. 1*', p. 216-217. Paris, 1800. — Cf. Archives du Musée des Monuments français, t. I", p. 1 44- 1 45.

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au culte des ancêtres. Toutes les sensations confuses qui s'emparaient de leur esprit au milieu des ruines évocatrices, sont comme résumées en termes magnifiques, dans le livre qui proclamait la poétique nouvelle : « Saint-Denis est désert, écrit Chateaubriand dans le Génie du Christianisme, V oiseau l'a pris pour passage, l'herbe croît sur ses autels brisés ; et au lieu du cantique de la mort, qui retentissait sous ses dômes, on n'entend plus que les gouttes de pluie qui tombent par son toit découvert, la chute de quelque pierre qui se détache de ses murs en ruine, ou le son de son horloge, qui va roulant dans les tombeaux vides et les souterrains dévastés * ! »

Dans son désir d'aider au rétablissement du culte catholique et de se rattacher aux traditions de la Monarchie en effaçant le souvenir des actes révolutionnaires, Napoléon ne pouvait oublier l'antique abbaye royale. Le I er ventôse an xin (20 février i8o5), l'Empereur décida, sur le rapport de son Ministre de l'Intérieur, que l'église de Saint- Denis serait restaurée.

LA RESTAURATION DE L'ÉGLISE DE SAINT-DENIS AU XIX e SIÈCLE

i° L'Empire (1805 à 1815)*. — Avec sa brusquerie habituelle, l'Empereur voulait que les réparations fussent exécutées rapidement. Le jour même de sa décision, le Ministre de

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