‹ L'église anglicane avant la Réforme; abrégé d'histoire ecclésiastiqueChapitre 7 sur 13 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Organisation de L'Eglise Xationale.

V7 ^ l'an 668, Théodore de Tarse, moine ro- J — ^ main, âgé de 66 ans, fut consacré archevêque de Cantorbéry, Il parcourut tout les Théodore lieux habités de l'Angleterre et rétablit le bon de ordre dans toutes les communautés religieuses. Théodore fut le premier archevêque à qui toute l'Eglise anglicane se soumit; jusqu'alors il n'}' avait pas eu d'église nationale. C'est à Théodore qu'était réservée la tâche d'accomplir cette oeuvre importante.

Le 2\ septembre 673, Théodore convoqua à Hereford un concile des évêques de toute l'Angleterre. Un sommaire de l'Acte de ce concile fut nettement dressé par Théodore Neuf résolutions touchant le bien-être et le gouvernement de l'Eglise furent adoptées, et chaque évêque y apposa son sceau- Cette assemblée restera à jamais mémorable, car, tout en consolidant l'unité ecclésiastique, elle. fut la première qui revêtit un Concile caractère vraiment national, puisqu'elle devait y^,,^^

où

légiférer toute l'Angleterre. Elle développa l'idée de l'unité nationale, étant ainsi le précurseur du Parlement national. Ainsi nous vo^'ons que c'est l'église qui consolida l'Angleterre et donna naissance au parlement. La monarchie anglaise ne devait commencer que 155 ans plus tard.

Théodore se montra plus indépendant de l'évêque de Rome, que Wilfrid ne l'avait d'abord espéré. Enire autres choses le concile d'Hereford avait divisé le diocèse d'York en cinq parties. Après avoir vainement protesté contre le démembrement de son diocèse. Wilfrid se rendit à Rome, pour demander justice au Pape. Cet appel d'un évêque anglais à Rome est resté célèbre dans l'histoire, et la page qu'il vint ajouter aux annales de l'Angleterre ne laissa pas de produire une impression étrange, vu qu'il n'avait encore aucun précédent. Le pape Agathon assembla un concile de plus de cinquante évêques, qui déclarèrent que Wilfrid avait agi avec prudence et ordonnèrent qu'il fut rétabli dans son évêché et que les évêques primitivement installés par Théodore fussent déposés. Wilfrid, à son retour en Angleterre, alla trouver le roi de Xorthuml^er et lui présenta les décrets du Saint Siège .sou.scrits par tout le concile de Rome, avec les bulles et les .'^ceaux. Le roi

Elfrid assembla la noblesse et le clergé. Ceux-ci rejetèrent immédiatement le décret papal et Wilfrid fut condamné à neuf mois de prison dans un caveau très obscur. Ainsi se termina d'une façon lamentable le premier appel à la cour de Rome. Ce fait établit clairement que jusque là réglise anglicane était indépendante de la juridiction romaine.

Après sa mise en liberté, Wilfrid alla avec

cinq prêtres prêcher l'Evangile aux habitants de

Sussex. Ceux-ci ignoraient entièrement le Chris

tianisme quand le saint évêque se rendit parmi IViffrid

eux. Ces habitants étaient tellement barbares 'Convertit

, les habi-

que. quoiqu'il 3^ eût a cette époque une grande tants de

famine, ils ne savaient comment pêcher les pois- ►^'//j.s-é'-r. sons qui abondaient dans la mer et dans toutes les rivières du pays. Wilfrid leur apprit à prendre des poissons avec des seines. Ces barbares en vinrent à aimer le saint homme et se convertirent en grand nombre. Ayant fondé le monastère de Selsey, Wilfrid marqua le commencement de son épiscopat par un acte de charité qui perpétuera sa mémoire. I^e roi Ethelvale avait donne ^ Wilfrid une terre avec laquelle étaient compris comme esclaves tous les habitants au nombre de 300. Aussitôt qu'il fut en possession de ce terrain,

Concile de

Francfort.

Wilfrid rendit la liberté à tous ces esclaves. Après avoir été évêque 45 an.-^, Wilfrid mourut eu l'an 707, et fut enterré à Répon.

C'est avec Wilfrid que se termina la plus brillante époque de l'histoire ancienne de l'Eglise anglicane. Dans toute la chrétienté l'Angleterre était appelée "une source de lumière." En aucun pays du monde le christianisme n'a laissé d'impression plus profonde.

En Tan 792, le roi Charlemagne avait invité les évêques anglais à se soumettre aux décrets de l'église grecque en faveur du culte des images. Les protestations de l'église anglicane furent si énergiques que Charlemagne dut convoquer un concile de 300 évêques à Francfort. Le concile condamna cette doctrine. Ainsi l'Angleterre préser\'a, pour un temps du moins, l'Eglise universelle de ce qui était non seulement une grande erreur, mais même une coutume idolâtre. Bn l'an 754 le concile de Constantinople avait déclaré le culte des images, positivement condamné par le second Commandement, et par suite contraire aux enseig^nements de l'Eglise primitive.

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