CHAPITRE K
Consécration de l’Archevêque Parker.
Afin d'échapper à cette acusation que la Hiérarchie anglo-romaine est scnisniatique, les cathoïiques romains ont prétendu qu’à la Réforme (en Angleterre) il v eut extinction du corps épiscopal, qu’il fallut donc rétablir une succession légitime, et la consécration de l'archevêque Parker à servi de prétexte à cette assertion purement gratuite. Rappelons les faits.
Le siège de Cantorbéry étant devenu vacant par la mort du cardinal Pole, le 17 novembre 1558, la reine Elizabeth nomma pour lui succéder, le docteur Matthieu Parker, qui fut dûment élu, en vertu de “Congé d'’élire,” par le doyen et le chapitre de Christ Church, Cantorbérv.
Le docteur Parker naquit à Norwich le 6 août 1504 et fut instruit au collège Corpus Christi de Cambridge. Il se distingua surtout dans l'étude des Saintes Ecritures et de l’histoire ecclésiastique. Parker fut gagné de bonne heure au parti de la réforme. En
1527 il fut admis à la prêtrise et six ans
plus tard fut nommé pour être chapelain de à la reine Anne Boleyn qui sur son lit de :
mort le recommanda fortement à sa fille & Elizabeth. Parker fut admis au doctorat R.
en théologie en 1538. La reine Marie Île
x ES + 15 destitua de tous ses bénéfices parce qu’il ti avait renoncé au célibat; mais Elizabeth en év
montant sur le trône le rappela de sa retraite pour lui donner l’archevêché de Can- ;
: : " | L d’ torbéry, et, le six septembre 1559, trois prélats créés sous le règne d’Edouard VI, et trois prélats créés par la reine Marie Tudor ke furent invités à procéder sans délai à la con-
sécration de Parker. Les trois derniers refu- les sèrent de prendre part à cette consécration
et en conséquence quatre autres évêques fu- ps rent nommés le 6 décembre pour les rem- L : 3 placer.
Des sept évêques ainsi choisis, quatre , devaient prendre part à la cérémonie de la bo consécration, bien que la validité d’une telle es consécration fut reconnue par la coutume de 1 své l'Eglise anglicane si trois évêques au moins : .. prenaient une part active à la cérémonie. fai:
La consécration de Parker eut lieu le 17 : lin décembre 1559 dans la chapelle du palais de - d'é Lambeth, en présence d’un grand nombre de rer
spectateurs. Les évêques consécrateurs fu-
: six ans pelain de on lit de \ sa fille doctorat Marie le arce qu'il zabeth en de sa rede Cantrois préd VI, et re Tudor à la coniers refusécration êques fules rem-
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lieu le 17 palais de >mbre de teurs fu-
rent Guillaume Barlow, évêque de Bath et Wells, consacré évêque de St. Asaph en 1536, sous le règne d'Henri VIII; Jean Scory, évêque de Chichester, consacré évêque de Rochester sous le règne d'Edouard VI, en 1551; Miles Coverdale, auteur d’une traduction de la Bible, évêque d’'Exeter, consacré évêque suffragant sous le règne d'Henri VII; enfin Jean Hodgkins, consacré sous le règne d'Edouard VI. Le docteur Thomas Yale lut le mandat royal relatif à la cérémonie, puis tous les évêques imposèrent les mains à Parker en répétant toutes les paroles essentielles de l’acte de consécration. !
Nous nous sommes longuement étendus sur tous ces détails parce que plus tard on a essayé d'élever des doutes sur la validité de la consécration de l’archevêque Parker. Ce ne fut d’ailleurs que cinquante ans plus tard qu’on lança les premières objections. Pour les réfuter nous nous contenterons de citer les paroles d’un auteur anglais. “Des quatre évêques qui prirent part à cette consécration, Barlow et Coverdale étaient les seuls titulaires légaux de leur diocèse ; Scory et Hodgkins remplissaient tous deux les fonctions d'évêques adjoints de Bonner dans le diocè-
. ARSUE SSD ARSENAL APE DR RON ELA RENE EN RASE PSE F (À) Séudenis English Church History, vol, X. p. 270: Voyez encore Sate papers of Queen Elisabeth, N1-41,
se de Londres. De ces quatre prélats les deux premiers avaient hérité du droit canonique d’agir au nom de la province, et Bonner avait laissé aux deux autres leur liberté d'action, car Bonner, quoique n’approuvant pas la nomination de Parker, n’avait élevé aucune protestation contre cet acte, et le sanctionnait ipso facto, par cela même qu’il ne mettait aucun obstacle à l’action de ses deux suffragants. Les huit prélats créés sous la reine Marie, qui seuls survécurent à l’année 1560, ne firent aucune protestation.
L’affaire fut décidée contre eux par défaut, et depuis le règne de Jacques I jusqu’à celui de Victoria, les évêques titulaires aux soins de qui les fidèles d'Angleterre s'étaient confiés n’exercèrent aucune juridiction locale jusqu’en 1850, c’est-à-dire jusqu’à près de trois cents ans plus tard. L’argument fondé sur l'extinction du clergé national n’est donc pas admissible.... Puisqu’il en est ainsi lintrusion d’une hiérarchie étrangère (en Angleterre) viole les lois de l'Eglise et les déclarations des Pères.” 1
L'Eglise anglicane, disent les controversistes romains, n’a qu’un titre douteux pour conférer les ordres sacrés et pour adminis-
(4) Littiedale, Simple Raisons, pp. 238-239.
élats les it canoet Bonr liberté rouvant it élevé e, et le me qu’il \ de ses Ss créés ‘urent à station.
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trer les sacrements, et, pour le prouver, ils s'appuient sur le fait qu’on ne retrouve plus un des documents parmi une longue série de pièces attestant le caractère épiscopal de Guillaume Barlow, un des quatre prélats qui consacrèrent l’Archevêque Parker. “Il est facile de répondre à cela,” dit le savant docteur Littledale, ‘que toutes les pièces sur lesquelles on s’appuyait pour prouver la consécration de tous les évêques de la chrétienté pendant les quatre premiers siècles sont perdues sans ressources.” ! L’évêque Gardiner est absolument dans le même cas que Barlow, et pourtant aucun catholique romain ne s’est avisé de lui contester son rang. De même il n’existe aucun document relatif à quatre des sept prélats qui consacrèrent le cardinal Pole. Cependant nous possédons un grand nombre de preuves que l’évêque Barlow était reconnu par tous les autres évêques pendant les dix dernières années du règne d'Henri VIII Une des meilleures preuves en faveur de la validité du sacre de l’Archevêque Parker est que les évêques élus sous le règne de Marie Tudor ne protestèrent jamais contre cette consécration, et que celle de Barlow ne fut mise en doute
(4) Littledale, Simples Raisons, p. 25,
qu'après plus de quatre-vingts ans. Dans un discours prononcé à Bonn en 1875, le savant docteur Dollinger dit ‘Le fait que Parker fut consacré avec l'imposition des mains et avec les paroles requises par quatre évêques, eux-mêmes légalement consacrés, est si bien attesté, que ceux qui le mettent en doute cherchent à s’aveugler volontairement.” Enfin l’évêque Bossuet lui-même accepta la validité de la consécration de Parker, et il est bien probable que la grande majorité des historiens catholiques romains de nos jours soï:! de la même opinion.
L'histoire ‘12 l’ordination de Parker eut lieu à là ‘ivcvne de Nag’s Head est une fable absurde ét pleine de contradictions.
Nous nous étonnons qu’il se trouve encore des catholiques romains intelligents qui continuent à y croire. Le pape Léon XIII, n’en dit pas un mot dans son encyclique Sur la validité des ordres anglicans.
Dans Sa préface à l'ouvrage du Cardinal de la Luzerne sur les droits des évêques, l’archevêque de Paris de l’époque ? dit: “L'Eglise anglicane fut la seule des sectes protestantes qui conserva son épiscopat.”—Lingard ? dit: “La cérémonie de la
+-(1) 1845, (2) Hisé, of England, VII, note 1.
Dans 875, le ait que ion des
ar quansacrés, mettent ontairei-même de Pargrande ‘omains n.
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1 Cardroits e l’époa seule 1 épise de la
consécration de l’Archevêque Parker fut cé- :
lébrée, quoique avec une légère différence, selon l'ordinaire d'Edouard VI. Deux des consécrateurs, Barlow et Iodgkins, avaient été ordonnés évêques, conformément au Pontifical Romain; les deux autres selon l’o*dinaire réformé. ! Il ne saurait exister aucun doute sur cette consécration, qui eut lieu le 17 Décembre 1559.” ?
Voulant à tout prix discréditer la Réforme en Angleterre, les catholiques romains ont prétendu que c'était pour des motifs inavouables que l'Eglise anglicane s'était séparée de l'Eglise romaine, en d’autres termes que c'était pour permettre à Henri VIII de divorcer. Montrons la fausseté de cette assertion en donnant quelques détails sur la vie privée de ce prince. Henri VIL, roi perfide et ingrat, eut deux fils, Arthur et Henri. Arthur, avec l’assentiment de son père, avait épousé la princesse Catherine d'Aragon, fille de Ferdinand et d'Isabelle, A la mort de ce prince, Henri VII, au mépris des lois de l'effinité, fiança la veuve au jeune Henri, qui avait hérité, de son père, tous les penchants d’une nature dépravée, et qui devint
(1) Wilkins, Com ia, IV, 198.
(2) Wordsworth, De l'Eglise, p. 223,