‹ L'eglise au VI siecleChapitre 101 sur 105 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

ont fee ris

Le A LS:

Le

«Ex civitate Castro ultra mare, Justus episcopus... Peter Ve de Doroverno». Cet abbé Pire. envoyé en mission de l’autre côté du détroit ft naufrage près d’Ambleteuse et fat

enterré à Boulogne. es 1, 33). ÿ

a Ein dit ht: rl je M Sert On

à Re changes aussitôt ee renvoya sa fon il. \

rent os à __ L’archevêque Laurent mourut en 619; Mellitus, qui se trouvait inoccupé, le remplaça. Quand il fut mort

; manus, Re Just avait fait évêque de Bochéstes. en- 1 voyé à Rome pour insister sur la nécessité d’un prompt | secours, se noya dans la Méditerranée. Just restait seul. . Il mourut lui-même en 630. C’en était fait, semble-t-i de l’œuvre de Grégoire et d'Augustin. ge

Cependant si les choses allaient fort mal dal PE 4

À Kent et l’Essex, elles prenaient ailleurs un tour très

. favorable. | k Aedilfrid, le vainqueur des Bretons, avait été rem

placé (616), en Northumbrie, par Aedwin (616-633), ue. : : és longtemps exilé et persécuté. Vers l’année 624 il demanda la main de la sœur d’Eadbald, roi de Kent, ;

1 Bède, I, 8.

EL ft; 9 à «104 a #E 1 ê

ant convertie avec lui à la foi chrétienne. La ; demande fut agréée, sur promesse de laisser à la princesse toute liberté de pratiquer sa religion. Pour plus de sûreté on envoya près d’elle un moine appelé Paulin, l’un de ceux qui étaient venus de Rome en 601; consacré évêque par l’archevêque Just (21 juillet 625), Paulin s'installa à la cour d’York, attentif aux événements qui allaient se produire. Il arriva que, dans la : nuit de Pâques 626, le roi Edwin échappa, grâce au dévouement d’un serviteur, à une tentative d’assassinat, pendant que la reine accouchait sans douleur. Paulin représenta au roi que ces heureux événements étaient dûs à ses prières; Edwin hésitant encore, laissa cependant baptiser sa fille avec onze autres; puis il alla châtier le roi d’Essex, instigateur de l'assassinat. C’est alors que Paulin, poussant ses avantages, lui rappela que du temps où il était exilé en Est Anglie, en un moment où, non seulement sa fortune, mais sa vie ellemême était compromise, un mystérieux personnage lui apparut la nuit, lui prédit qu’il échapperait à la mort et deviendrait le plus puissant des rois de l’île, lui fit promettre qu’il suivrait ses conseils pour le gouvernement de sa vie, et, comme signe de reconnaissance, étendit la main sur la tête de l’exilé. Edwin avait ‘toujours gardé le plus profond secret sur cette vision, Paulin en eût cependant connaissance, in spiritu, dit Bède (IT, 12) et «un jour qu’il se trouvait seul avec le roi, il lui fit le geste de la main, en lui demandant s’il reconnaissait ce signe ». Aux exhortations de Paulin

se. joignirent celles. du } pat à ce temps- F. au roi et à

un des seigneurs angles les célèbres et profondes p: à Le M traduit si bien l'angoisse religieuse, none * ‘ seulem

mes de tous les temps: | QE

t des barbares du VIT siècle, mais des hom.

. «Roï, dans les nuits d'hiver, alors qu’autour d'an grand feu, toi et tes compagnons vous êtes attablés, il 'u

arrive parfois qu’un passereau égaré entre par une ou- L'yha traverse la ue. et de. À à l’autre de Un

| et la tempête, que eo Nul ne le sait. ‘Ainsi en … est-il de l’homme. Il apparaît pendant une courte vie,

mes de Kent peuvent nous apprendre quelque chose à ce sujet, il y a lieu de les écouter ». he Le plus décidé de tous fut le grand prêtre de Pan :

cien culte, Coïfi, qui chargea de toute sa force contre la religion dont il était le ministre et dont, mieux que personne, il avait éprouvé l’inanité. Il alla plus loin; il :

voulut profaner lui-même le temple qu’il avait desservi | He

et en abattre les idoles.

Cependant, le roi Edwin avec tonte sa cour et une

partie du peuple, recevaient le baptême aux fêtes de Pâques de 627, dans une église de bois, hâtivement | construite, Paulin, depuis lors, s’attacha aux pas du sou- si

$ *, | Ducnesne, L'Église au VI siècle. 3974

verain, le suivit dans tous ses déplacements, prêchant -et baptisant. Les rivières du pays lui servaient de baptistère. Son apostolat, bien qu’il n’eût duré que six ans, laissa dans le vaste royaume d’Edwin des souvenirs très profonds. Bède, qui vécut en ces contrées, en recueillit quelques-uns. Il avait connu, de l’entourange de l’évêque, un diacre Jacques, très expert en musique sacrée (cantilena); un vieux moine lui avait décrit l’extérieur du missionnaire romain: il était grand, un peu voûté, les yeux noirs, la face amaiïgrie, avec un petit nez crochu, un aspect général à la fois vénérable et terrible. |

Le royaume d’Edwin était très étendu. Il avait soumis les Bretons du royaume de Strathclyde et même, au moins en partie, ceux de Cambrie (pays de Galles) : les îles de Man et d’Anglesey lui obéissaient. Il possédait aussi le nord dela Mercie, avec le pays de Lincoln, entre Humber et Wash. C’est à Lincoln que Paulin, après la mort de Just, consacra son successeur au siège de Cantorbéry, Honorius (631).

Instruit de tous ces événements, le pape, qui s’appelait aussi Honorius, écrivit au roi Edwin et aux deux évêques, à chacun desquels il envoyait le pallium *. Mais, au moment où ses lettres étaient expédiées de Rome (juin 634), une catastrophe s'était abattue sur la Northumbrie, engloutissant et la royauté d’Edwin et la mission de Paulin. Les Bretons et les Anglais du

centre (Mercie), soumis quelque temps à Edwin, avaient

secoué le joug, les Bretons conduits par le roi Cedwalla, les Merciens par leur roi païen Penda ; une grande

bataille eut lieu aux environs d’York (Haethfelth). Ed-

win fut battu et tué, son armée massacrée ou dispersée.

Les vainqueurs se répandirent dans tout le pays, Cedwalla et Penda, aussi féroces l’un que l’autre, y firent régner la plus affreuse terreur. Paulin put s'échapper, avec la reine Edilberge et ce qui restait de la famille royale : il se retira en Kent, où Honorius lui donna l’église de Rochester.

L’invasion finit par s'arrêter et rétrograder; deux

princes de la maison royale de Northumbrie, Osric et

Eanfrid, prirent la direction des affaires, l’un dans le nord

Bernicie), l’autre dans le sud (Deira). Le premier était ; P

un converti de Paulin, l’autre, exilé sous le règne d’Ed-

win et réfugié chez les Scots, y avait embrassé la foi. Ils

abjurèrent, tous les deux, l’un le christianisme romain, l’autre le christianisme scotique. Cette apostasie ne les avança pas: Ceadwalla reparut (634), les battit et les fit périr, et pour une année encore, fit la loi chez les Northumbres.

Nouveau changement, celui-ci définitif, en 635. Oswald, frère d’Eanfrid, élevé comme lui chez les Scots, souleva la population anglaise et infligea aux Bretons une sanglante défaite. Avant la bataille, Oswald avait fait élever, sur une colline, une grande croix de bois qui, au temps de Bède, était encore très vénérée. Oswald

était un chrétien détérminé. Pour reprendre l’évangé-

préféra s'adresser aux maîtres de l’île sainte d’Iona, dont il avait expérimenté les vertus. Ils vinrent, sous

près d'une église en bois couverte en chaume. C'était, sur la mer du Nord, une seconde île d'Hy. De là leur 4 renommée et leur action A Le non Me

À jusqu’en Essex, jusqu’à Londres et à la Tamise. Après = Aïdan la direction passa à Finan, puis à Colman, mais |

toujours sous l’autorité supérieure de l'abbé d’Iona. … ds Bède, tout en regrettant leur dissidence au. point de. vue de la fête de Pâques, ne sait quel bien dire de ces saints personnages. |

Le fils de Penda, roi de Mercie, Peada, associé au

à à gouvernement de son père, étant venu en Northumbrie,

. pour épouser la fille du roi Oswy (633), y reçut aussi | le baptôme, des mains de l’évêque Finan. On profite | de cette occasion pour entreprendre cette région cen- Mis où le christianisme était encore inconnu. Quatre | prôtres de rite scotique, Cedd, Adda, Betti et Diuma, ce dernier Scot de naïssance, accompagnèrent Peada.

à Penda, qui s’adoucissait en vieillissant, les laissa pré- | cher dans toute la Mercie; du reste il périt bientôt (655) dans une nouvelle guerre contre les Northumbres, et son royaume passa sous l’autorité d'Oswy. Diuma fut alors sacré évêque des Merciens. À

Lio qu ‘ls at Se Mellitus (616), Le

d'Essex étaient restés païens. ie roi, :PigbepAS

comme Peada, d’embrasser le christianisme, et, tou],

M one &

comme le prince mercien, il fut baptisé par Finan.

CCR

Le:

en Northumbrie et s’y trouvait souvent. Cedd prêcl à

en Essex avec tant de succès de Finan Les évê

Dukan: c'té

dura trois ans. En 613 le frère d'Eorpuald, Sigbert, converti dans l'exil, en France, prit la direction du. royaume. Il avait ramené du continent un évêque bur-. gonde appelé Félix, qui se fit investir par Honorius 3 * Bède, II, 153 IT, 18.

de Kent, convertit toute l’Est-Anglie et fixa son siège épiscopal à Dunwich (Domnoc). Le roi, de son côté, . fonda un monastère et s’y retira. Un moment, en ce pays, on avait vu paraître les moines irlandais. Un groupe d’entre eux, sous la conduite de saint Fursey, était venu s'établir au bas de la rivière de Norwich; mais les païens ne cessant de les harceler, Fursey et ses compagnons passèrent en France, où ils fondèrent le monastère de Lagny. Fursey y mourut vers 650. Les Gewisses, ou Saxons de l’ouest (Wessex) furent évangélisés vers 635, sous leur roi Cynigils, par un évêque italien, Birinus, venu en Bretagne sur les conseils du pape Honorius, lequel lui fit promettre de ne prêcher la foi que là où elle ne l’avait pas encore été. Le pape le fit consacrer par l’archevêque de Milan, Asterius, alors en résidence à Gênes. Ce choix donnerait à penser que Birinus était de l'Italie du nord et même qu'il avait quelque attache avec Bobbio. Le roi Cynigils se convertit; il eut pour parrain Oswald de Northumbrie, qui se trouvait près de lui et allait devenir son gendre. Les deux rois (Oswald était le chef de l’'Heptarchie) donnèrent à Birinus la ville de Dorchester, pour y établir son siège épiscopal. Après la mort de Cynigils (643) il y eut une réaction païenne, sous son fils Coinualch; puis le terrible roi de Mercie, Penda, envahit le Wessex. Coinualch, réfugié en Est- Anglie, s’y convertit et, au bout de trois ans (648), recouvra son royaume. Birinus mourut peu après, et, le siège était inoccupé, lorsqu'un évêque franc, Agilbert,

qui était allé en Irlande pour « étudier les Ecritures»,

se trouva passer par le Wessex. Le roi le décida à rester. À la longue, pourtant, ennuyé de ce que son évêque ne parlait pas saxon, il en prit un autre, un certain Vini, ordonné en France, et l’installa à Win-

chester. Le royaume fut ainsi divisé en deux diocèses.

Froissé de ce partage, Agilbert rentra en France, où

il finit par devenir évêque de Paris.

Vini, resté seul, se brouilla avec le roi et se retira en Mercie, dont le roi Vulfhere était chrétien ; il acheta de lui (emit pretio) le siège de Londres: cette ville se trouvait alors au pouvoir du roi de Mercie.

Pendant que la mission scotique obtenait en Angleterre de si larges succès, la mission romaine, réduite au Kent, s’y confinait. A Honorius, sur le siège métropolitain, avait succédé Deusdedit (655-664), originaire du Wessex; Ithamar, anglais de Kent, mais formé à Rome, occupait celui de Rochester. On ne voit pas qu’il soient entrés en conflit avec les autres, dont sûrement ils n’admettaient pas les principes sur la question pascale; on ne constate pas non plus que le zèle missionnaire les ait dévorés: à leur porte, les Saxons du sud (Sussex) étaient encore païens et ils le demeurèrent tant que saint Wilfrid ne fût venu du nord leur apporter l'Evangile. Au milieu du, VIT siècle, le christianisme scotique (s’il est permis d'employer ce terme), etait prépondérant dans la grande île. Le roi Oswy, ses évêques et ses moines scots donnaient partout le

ton et la direction.

as fn les royaumes voisins; c’est auprès de leurs

; résidences que s'organisent les principaux établissese ments religieux, surtout les évêchés. Convertir le roi, telle était la première ambition des missionnaires. Mais S pourquoi les rois se convertissaientils? Abstraction

faite des raisons religieuses. d'ordre intime et de l'élo-

quence des moines, on peut tenir pour certain que

; exemple des nations voisines joua ici un rôle i impor-

tant. Tant qu’ils avaient vécu sur le continent, les Anglo-

vèrent de tous les côtés environnés de populations chrétiennes, les Francs au sud, les Bretons à l’ouest, les à Scots au nord. Par le pays des Francs passait le chemin de Rome. Ils n'étaient guère tentés de le prendre; e ’est Rome qui le prit pour aller vers eux; en même temps ou peu s’en faut, ils voyaient s'étendre à eux, par leurs

à neo du nord, l'incendie spirituel qui rayonnait de Pile d’'Hy. En présence de cette double : Imvasion il fal- “lait prendre un parti, choisir entre les idoles abolies ou en déroute dans tous les pays un peu civilisés, et F. le Christ ue ce AARpUEQ romain et 4 s tous ls

Page 1