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or
celui qui s'était révélé au temps d’Augustin !, Les Scots
rant la bannière de l'ancien culte, soit par des Ke
mités noie a redonnaient du prestige aux dieux
Ê ne mouvement menaçait de s'étendre; il fallut que -roi de Mercie intervînt, avec son évêque Jaruman, pou
” les ramener dans le droit chemin.
lisations. Ce dissentiment n'était pas aussi grave que
ne professaient pre pote les Anglo- on la mens
à la question pascale. De celle-ci, depuis assez long- x temps, on se préoccupait à Rome. Saint Colomban avait soulevé des querelles à ce propos. En 636 le pape Hi
1883, p. 141 et suiv.; du même auteur, Der Sdjährige. Oster- 5
cyclus ire zur christlichmittelattérlichen Chronologie, Leipzig, 1880); |
. Bulletin FETETUE 1880, p. 243.
norius avait écrit! aux chefs de l’église scotique pour les inviter à se conformer au comput romain. Ils tinrent synode à Magh Lene (in campo Lene) et se rangèrent à l’exhortation du pape. Mais il y eut des résistances : la plus grave fut celle de l’abbé d’Iona, qui avait derrière lui toutes les églises scotiques de la grande île, sans parler d’une notable partie de l’Irlande. Une députation fut envoyée à Rome, au pape Séverin, successeur d’Honorius, mais elle le trouva mort. À son retour, elle rapporta en Irlande une lettre écrite, au nom de l’église romaine, par les dignitaires qui administraient la vacance du saint-siège et adressée aux évêques, prêtres, docteurs et abbés scots?. Ils rapportaient aussi des impressions favorables au système romain. Mais Segeni, abbé de l’île sainte, ne se laissa pas ébranler et ce fut en vain qu’un savant moine, Cummian, lui écrivit*: rien ne peut fléchir son opposition, C’est dans cet état que, vingt ans après, le débat fut repris en Northumbrie; Colman étant évêque de Lindisfarne.
On était arrivé à une situation intolérable : déjà, sous Finan, un moine scot, Ronan, qui avait voyagé en France et en Italie, avait fait une campagne énergique pour le comput romain. La division régnait parbout. Les moines de Colman soutenaient le comput de l’île sainte, se réclamant de saint Columba, d’Anato-
* Bède, IT, 19, lettre perdue.
° P. L., t. LXXXVII, p. 969.
ia +
lius, de saint Jean l’évangéliste; un autre moine, Wilfrid, anglais de race, scot d'éducation, mais qui avait voyagé en Gaule et jusqu’à Rome, tenait pour la tradition de saint Pierre et de ses successeur. A la cour, là reine Eanfled, élevée en Kent, célébrait la Pâque romaine avec son chapelain Romanus, tandis que le roi jeûnait avec Colman, le calendrier de l’île sainte se trouvant en retard sur celui de Rome. Le fils du roi, Alchfrid, soutenait Wilfrid. Les femmes se mêlaient à la controverse. Si la reine était pour le comput romain, l’abbesse Hilda avait fait de son monastère de Whitby ! une forteresse de la tradition scotique. C’est dans ce monastère que se tint, sur l’ordre du roi, un conseil d’où, dans la pensée d’Oswy, devait sortir une décision. Outre Colman, deux autres évêques y prirent part, Cedd, de Londres, de rite scotique, et Agilbert, l’exévêque du Wessex, de rit romain. Après un débat où Colman parla en son nom et Wilfrid au nom d’Agilbert, le roi choisit, entre les deux computs, celui qui se réclamait de saint Pierre, le portier céleste, avec lequel, dit-il, il n’entendait pas se brouiller.
Colman ne protesta pas contre la décision royale ? ; mais, objectant qu’il ne pouvait se dispenser de suivre
l’opinion de ses supérieurs, il se retira à Iona, avec
1 Streanaeshalch, sur la côte, au nord de Newcastle.
2 Il est clair qu'il ne s’agit pas ici d’un concile maïs d’une simple réunion d’experts, assemblés pour éclairer la conscience du roi. Cedd et Aglibert n'avaient pas été convoqués; ils se trouvaient de passage à la cour d’Oswy.
. royaumes. Cette même année 664, une peste terrible | Rpour bi Cedd et Tuda, successeur de cu . ;
À | glaiso était Doro Et c'est juste à ce moment que les gens d’Essex, terrifiés par le fléau, revenaient à au PUISE Devant DER situation ! pen et les
sur un prêtre de Cantorbéry, Uighard, qu’ils envoyèrent à Rome, espérant que la consécration pontificale lui donnerait plus de prestige. Mais Uighard mourut en route.
Pour le remplacer, le pape Vitalien désigna un moine à PER Hadrien, réfugié dans un monastère près de . Naples; c'était un homme très savant, possédant à à fond … à le grec et le latin. Hadrien refusa, mais indiqua un moine grec, natif de Tarse, appelé Théodore, qui vivait 4 dans un monastère de Rome; très instruit et pourvu | de toutes les aptitudes épiscopales, sauf qu’il était un 4 peu âgé (66 ans). Vitalien l’accepta, mais à condition | à qu'Hadrien l’accompagnât, pour l'aider et un peu pour le surveiller, car on ne se fiait qu’à moitié aux Grecs°?. | # Théodore fut consacré à Rome le 26 mars 668, et partit
1 Bède, III, 30. |
2 Ne béta ille contrarium veritati fidei Graecorum more... :
introduceret,. ï.
de ae pour traverser la a alors gouvernée
par le soupçonneux Ebroïn. Enfin, le 27 mai 669, Théo- | dore parvint à son siège de Cantorbéry. L'église. (0
Doro avait trouvé un chef, un vrai chef, pour ne pas dire un maître. sal 6
Il était temps qu’il arrivât. Dans le centre et En sud de l’île il n'y avait plus d’évêques; seul Vini le
pe |
. simoniaque se maintenait à Londres. Au nord, l'immense
diocèse laissé vacant par le départ de Colman et la
mort de Tuda, était en proie à la rivalité des deux
évêques, Wilfrid et Ceadda (saint Chad). Wilfrid, choisi par l'héritier du trône, Alchfried, avait été chercher
un consécrateur jusqu’en France; Agilbert, maintenant évêque de Paris, l'avait sacré, en grande pompe, à la. résidence royale de Compiègne. Son absence dura long.
temps, si bien que le vieux roi Oswy eut le temps de
se brouiller avec son fils, de le destituer, et de si
gligeant Wilfrid, il désigna pour l’épiscopat Cest frère de Cedd, le défunt évêque d’Essex, anciennement pure DRE pe au ie de pASSeE le aéro
que de Wessex, d’ordination Run prélat réputation fâcheuse, lequel parvint à se faire assister par deux évêques bretons, ses voisins en Cornouaille. Quand Wilfrid revint de France, il trouva la place prise par è Ceadda, qui exerçait vaillamment son ministère, sous
l'œil bienveillant du roi Oswy. De là conflit.
Théodore arrangea cette affaire délicate. Il commença par persuader à Ceadda que son ordination n’était pas valable, et, comme le saint homme parlait déjà de se retirer, il lui déclara qu’on avait encore besoin de ses services. Le roi de Mercie demandait un évêque; Théodore réordonna Ceadda et l’envoya en Mercie. Cet ! homme vénérable était resté jusque là fidèle à la coutume des moines scots, d’aller toujours à pied. Mais la Mercie était grande, et, avec cette manière de voyager, les fidèles auraient rarement vu leur pasteur. L’archevêque prescrivit le cheval, et, comme le saint homme faisait difficulté, il le prit dans ses bras et le campa lui-même en selle !. Symbole charmant de la situation religieuse. La vieille église scotique, embarrassée dans ses observances, ne se mouvait qu'avec peine dans les exigences de sa tâche ecclésiastique. L'envoyé de Rome, qui réunissait en lui-même la tradition d'Orient et celle d'Occident, l'habitude de la vie monacale et l’expérience des nécessités ecclésiastiques, s'empare de ses vertus et, les humanisant un peu les emploie aux œuvres pratiques.
Théodore, aussitôt débarqué, avait voulu faire le tour de l’Angleterre, ce à quoi n’avaient jamais songé ses prédécesseurs. Il renforça son établissement épiscopal de Cantorbéry par la fondation d’une sérieuse école, dont Hadrien prit la direction. Les Anglo-Saxons,
1 Exploit remarquable pour un septuagénaire; mais les moines scots, émaciés par leurs jeûnes, ne devaient pas peser très lourd.
avides d'apprendre, y affluèrent. Les études y étaient très fortes; on y enseignait l’éxégèse, la métrique, l’astronomie, l’arithmétique, enfin tout ce qui pouvait se savoir alors. Au temps de Bède on trouvait encore des
personnes qui y avaient appris le latin et le grec jusqu’au point de parler couramment ces deux langues.
D'autres écoles s’établirent partout, surtout dans le nord, où rayonna l’activité littéraire du moine Benoît Biscop. D’autres vinrent après Hadrien et Benoît. Docile à l'impulsion donnée par Théodore, l'Angleterre entrait largement dans les voies de la civilisation chrétienne, et se préparait à être ce qu’elle deviendra au siècle suivant, l’éducatrice de la France et de la Germanie.
Le 24 septembre 673, Théodore tint son premier. concile, à Hertford, en Essex. Etaient présents les évêques de Rochester, d’Est Anglie, de Wessex, de Mercie, et les légats de Wilfrid, « évêque de la nation des Northumbres ». Bien qu’on fût dans le diocèse de Vini, il n’est pas question de lui, prétérition fort grave: on répudiait le simoniaque. Théodore commença par demander à ses collègues s'ils consentaient à observer les anciens canons. Sur leur réponse il leur « montra » un livre de canons (probablement celui de Denys le Petit), leur dit qu’il en avait extrait dix articles et les proposait à leur acceptation. Ces articles étaient relatifs à la Pâque, au gouvernement des évêchés et monastères, à l’indissolubilité du mariage. Les évêchés devaient être subdivisés et chaque année on devait te-
nir concile,
ï En
ertford mous ”. &
L'Eglise d'Afrique au temps des Byzantins.
Etat de l’Afrique du Nord à la fin du V° sièele. — Le concile de Rome
de 487 et ses règlements africains. — Rappel des évêques exilés par les
* Vandales. — Saint Fulgence de Ruspe. — Le roi Trasamund. — Le roi Hildéric; réorganisation de la hiérarchie. — Boniface de Carthage et le concile de 524. — Carthage redevient romaine; intervention de Justinien, — Sentence de Rome au sujet des ariens convertis. — Echos de l'affaire des Trois Chapitres. — Saint Grégoire le Grand et ses vicaires africains. — Propagation de l'Evangile chez les Berbères ; conversion des Maures de Tripolitaine et des Graramantes. — L’invasion arabe et la décadence de l'Eglise d'Afrique. Z
Dans l’Afrique vandale, la mort du roi Hunéric(13 dé-
cembre 484) ne fit pas cesser la persécution. Celle-ci,
avec peu de rélâche, durait encore en 487. Une situation aussi cruelle ne pouvait manquer de retentir douloureusement en Italie, où tant de persécutés, clercs et laïques, avaient cherché refuge. Le pape Félix III, en dépit des dissentiments religieux qui venaient de troubler ses relations avec l’empereur de Constantinople, essaya de l’intéresser au malheurs de Carthage !. Mais Zénon n’était pas de force à entreprendre quoi que ce fût de ce côté: les supplications du pape demeurèrent sans effet; il dût chercher un autre emploi de son
zèle.
1 Lettre perdue, mentionnée par Evagrius, H. E,, III, 24.
Dvcuesne, L'Église au V1 siècle. 40
dns moines, des religieuses, même des prêtres. et du évêques, avaient été rebaptisés, de gré où de Ro la plupart s’empressaient, à la ‘première éclaircie, de re- À ;
venir à l’église catholique et posaient ainsi des cas de
ces nécessités et tracer des règles uniformes ? L'épis-
(inst était dispersé dans les lieux d’exil ; aucune église
se conforme à l’ancienne tradition que l'on recourût à
È Rome.
: La ‘échappés de a pays. Le pape prit la an. | déplora les chutes que la persécution avait causées k dans le pays transmarin et déclara qu'il était de son Ke devoir de parer à ces lamentables nécessités. Un diacre, 7 alors, donna lecture d’un règlement où les situations
diverses étaient énumérées, avec les moyens d’y pourvoir. Ce document pontifical s’inspirait d’une assimi- Due à pa près donpiste entre la re er et.
ve
étaient clair-semés. On Y trouvait encore un assez grand. ÿ
10 août 494; elles avaient été fermées le 7 février 484 (Late:
aux prières d'Eugène, sn tous les évêques se . rendit les églises qu'ils occupaient encore au moment de la persécution *?. a. | |
Ce n’était pas une restauration complète, loin de là. ; Les choses étaient remises sur le même pied qw aux 3 dernières années de Grenséric; la situation ao très dure en Zeugitane, où le clergé arien, largement prébendé, se maintenait en une situation prépondérante. Il faisait meilleur vivre en Byzacène, où les Vandales
nombre d’évêques; des monastères sy formaient et. ‘trouvaient moyen de vivre; les catholiques y jouis-. saient tranquillement de leurs biens; parfois même ils à
1 Le concile DOS, dans le protocolle initial, 1 date En 13 mars 487; à la fin de la pièce lue au concile, on lit: Data ne id. mart. D et Sibidio vu. cc. cons. (15 mars 488). Cette dernière date doit être d’une expédition postérieure à la promulgation conciliaire. 1 2 La réouverture des églises, à Carthage même, eut lieu 1
se voyaient confier des gérances sur les grands domaines royaux. Tel fut le cas de saint Fulgence *. Fulgence appartenait à une des meilleures familles du pays. Au moment de l'invasion, son grand-père Grordien, sénateur (curiale) de Carthage, avait fui jusqu’à Rome. Après sa mort ses deux fils revinrent en Afrique et recouvrèrent même une partie de leurs biens, mais il leur fut interdit de résider à Carthage: ils passèrent en Byzacène, et s’installèrent à Telepte. C’est là que de l’un d'eux, Claude, naquit le futur docteur (v. 468). Sa mère, veuve de bonne heure, lui fit donner une éducation distinguée: il apprit le grec avant de parler latin, et il l’apprit si bien qu’il savait par cœur Homère tout entier, Ménandre en grande partie ?. De bonne heure ses talents lui valurent d’être nommé « procurateur ». C'était un chrétien fort sérieux. La vie mo-
nacale l’attira de bonne heure; il était encore jeune
1 Sa vie, écrite peu de temps après sa mort par un de ses disciples, sans doute Fulgence Ferrand, diacre de Carthage, est un document sérieux et instructif (P. L., t. LXV, p. 117), le seul, où peu s’en faut, qui nous renseigne sur la situation de l’église d'Afrique après Victor de Vite. La chronique de Victor de Tonnenna, absorbée par l'histoire des Trois Chapitres, est d’un faible secours pour les temps antérieurs. Quelques détails sont fournis par le De bello Vandalico de Procope et par certaines notes de chroniques.
? Il nous reste de sa jeunesse divers écrits, mythologiques et autres, dont on a, dans la petite collection Teubner, une bonne édition (1898), due à R. Helm. Sur l’identification de leur auteur, Fabius Claudius Gordianus Planciades Fulgentius, avec l'évêque saint Fulgence, v. dans la Real-Encyklopädie de Pauly, 20 6d.. t. VI, p. 215, l’article de F. Skutsch.
the hais a rE
quand il se joïignit à une communauté de la région, au
grand désespoir de sa mère. Outre les déchirements qui
lui vinrent de là, sa vocation fut encore traversée d’au-
tres manières. Il s'était d’abord mis sous la discipline d’un évêque Fauste, interné non loin de son évêché, puis l’évêque ayant été plus strictement persécuté et réduit à fuir de cachette en cachette, Fulgence s’était agrégé à un groupe de moines très simples de manières, dont l’abbé, Félix, fort simple lui-même, le prit amicalement pour coadjuteur. Survient une invasion des Maures insoumis; les moines s’enfuient jusqu’auprès de Sicca. Là, ils sont en Zeugitane ; le clergé arien tient le haut du pavé. Fulgence, trahi par ses manières distinguées et son talent de parole, est bientôt soupçonné de faire du zèle et de prêcher la pénitence aux apostats d’alentour. Un prêtre arien, propriétaire dans le pays, se fait amener les moines; Fulgence et son abbé reçoivent la bastonnade. C'était, semble-t-il, un abus de pouvoir. Un évêque arien, qui conuaissait la famille de Fulgence, offrit à celui-ci de faire un procès au prêtre qui l’avait offensé. Le saint se garda bien de recourir à la justice d’un tel tribunal. Il revint en Byzacène ! avec ses compagnons, se disant qu’il valait mieux vivre au voisinage des Maures que sous la coupe des Ariens. Mais bientôt, désireux de redevenir un simple moine et de se livrer aux austérités décrites dans la vie des Pères d'Egypte, il résolut de partir en secret pour
1 Monastère à Mididi, au nord de Sufes.
tés
. suivit ce conseil et retourna en Afrique, non AR A toutefois sans avoir fait le pèlerinage de Rome; il s’y.
ù trouve juste au moment où l’on y fêtait le roi Théo-
Pourtant les rois vandales n'avaient plus aucun intérêt au 8 pero + sujets romains. À ceux- s. ni de l'O-
Pos On aurait . et dû les laisser tranquilles. Mais se homme instruit, de manières affables et dignes, était aussi un arien fervent; il s ‘employa d’a-. bord par des sollicitations individuelles, des distributions de faveurs et autres procédés de ce genre, à rallier le plus possible de gens importants; mais il ne Terras ad quas pergere concupiscis a communione beati Petri perfida dissensio separavit. Omnes illi monachi quorum praedicatur mirabilis abstinentia non habebunt tecum altaris Sacramenta communia (vie de s. Fulgence, c.24; P. L., t. LXV, . 199). |
? Ci-dessus, p. 114.
er
gence, SN a Re de vie obscure et mort
LE
È alors que ses talents et ses vertus le désignaient populations en quête de pasteurs. "
c: À son retour de Rome, il avait débord fon
à gouverné un monastère !, qui se peupla rapidem
‘ il le quitta bientôt pour aller se cacher sur un îlot? | de la côte voisine, où quelques moines s'étaient ‘gro pés en une petite et obscure congrégation. Mais lé É:
vêque Fauste, son ancien ami, réussit à le tirer de Re des, --et l’ordonna Pre Dès He toute HAE ent Fe 2e
PE nn Sn pd |
spirituel.
Vint un moment où a te qui restaient é
1 L'endroit n’est pas indiqué dans la Vie (c. 28); il se Re
vait en Byzacène, probablement dans la région méridionale |
cette province, comme presque toutes les localités où se ploie l’activité du saint.
2 El- Kéneis, en face de Junca.
ne put le trouver. On se décida à se passer de lui. Il revint alors à son monastère, croyant avoir échappé à. lépiscopat. Mais le siège de Ruspe, petite localité côtière au nord de Junca, restait encore à pourvoir: on lPy installa. |
Trasamund avait mal pris cette manifestation épiscopale. Soixante évêques !, anciens ou nouveaux, à leur tête Victor, primat de Byzacène, furent amenés à Carthage, puis internés en Sardaigne. Déjà, depuis quelques années, l’archevêque Eugène avait dû prendre le chemin de l'exil. Il trouva, on ne sait comment, un refuge dans la Gaule wisigothique, à Albi, où il mourut ?. Fulgence, le dernier des nouveaux consacrés, les avait suivis en Sardaigne. À part la douleur qu’ils éprouvaient d’être séparés de leurs ouailles africaines, les exilés ne semblent pas avoir été trop maltraités. Ils allaient et venaient librement, correspondaient avec l'Afrique, avec Rome, fondaient des monastères, maintenaient entre eux la vie religieuse. Pour les œuvres de plume, Fulgence était un instrument précieux. On a vu” que ces confesseurs eurent à donner leur avis, vers 021, sur la question théologique soulevée par les moines scythes. Cette consultation fixa leur attention
? C’est le chiffre du biographe de saint Fulgence; Victor de Tonnenna dit 120. Les soixante du biographe sont peut-être le contingent spécial de la Byzacène.
? Greg. Tur., Hist. Frane., I, 3, récit légendaire et confus, où se trouve pourtant enchassée une lettre d’adieu adressée par Eugène à ses fidèles de Carthage.
# Ci-dessus, p. 62.
sur les problèmes christologiques agités en Orient de-
puis près d’un siècle sans que les églises d'Afrique s’en
fussent mêlées !, On s’y intéressait beaucoup plus à la grâce et à la prédestination; Fulgence, fidèle disciple de saint Augustin, ne perdait pas une occasion d’inculquer sa doctrine. Plus importante encore était la controverse avec les ariens. Elle donna lieu à un sin-
gulier épisode : le roi Trasamund, très féru de théolo-
gie, très convaincu de sa supériorité sur ce terrain,
voulut un jour se mesurer avec Fulgence, dont il avait
entendu vanter le talent. Il le fit venir de Cagliari et
lui proposa par écrit des difficultés contre l’homoou-
sion. Fulgence discuta point par point les objections royales. Cette épreuve n'ayant pas réussi au gré de Trasamund, il la recommença, mais sans que l’évêque pût obtenir qu’on lui formulât par écrit les questions qu’on lui posait. Il nota tant bien que mal dans sa mémoire les demandes qui lui furent présentées de vive voix, et répondit par un grand traité en trois livres,
où nombre de problèmes sont examinés. Entre le prêtre
exilé, fût-il le plus éloquent des hommes, et un souve-
1 L'aventure de Fulgence rapportée ci-dessus montre combien peu on était renseigné en Afrique sur les conflits entre les partisans et les adversaires du concile de Chalcédoine. Il faut signaler encore l’ouvrage de Vigile, évêque de Thapsus en 484, qui écrivit, avec quelques livres de controverse contre les Ariens, un traité de cinq livres contre les Eutychiens, où il défend le pape Léon et le concile de Chalcédoine (P. L., t. LXTT). Ce livre semble avoir été écrit en pays grec; il n’est pas aisé à dater.
Raul son séjour à DE il avait noné beaucoup de relations avec les catholiques et procuré le retour d’un grand nombre d’apostats. La police le sup- |
A L'ordre de succession appelait au trône Hildéric, “fils E Hunéric, connu RUE RES À à Marie des.
allé, n s’empressa ? de rappeler les évêques éxilés
et de rouvrir les églises. Le siège de Carthage était vacant; un des membres du clergé local, Boniface, dé-
| signé par le suffrage des siens, y fut installé, dans |
' l'église Saint-Agilée, où le nouveau chef de l’épiscopat
4 À cette joûte théologique se rapportent: 1° Contra Arianos liber unus, où sont reproduites et réfutées les dix objec- tions du roi; 2° A4 Trasimundum libri III: ces deux ouvrages se sont RUE La vie de saint Fulgence mentionne encore : 8° Adversus Pintam, réplique à un évêque arien de ce nom, qui avait essayé de réfuter l'ouvrage précédent; 4° une Réponse au prêtre (arien) Abragila, sur le Saint-Esprit. Ces deux compositions sont perdues; ce que l’on a imprimé sous le titre Ad- | versus Pintam est un écrit apocryphe.
? Suivant la chronique de Victor, Trasamund, qui ne LE rait pas, lui aurait fait jurer que «sous son règne» ni les “ églises ne seraient rouvertes ni les évêques rappelés et que Hildéric, ne voulant pas manquer à son serment, aurait pris «avant de régner, priusquam regnaret », des mesures de réparation. Ceci est invraisemblable et même absurde, car on ne voit pas comment ces mesures auraient pu être décrétésa par . quelqu’ un qui n’éût pas . dépositaire de l’autorité royale.
| neurs; il regagna vite son humble et liner é D. : ù .
de a qui et le conserver ce ans
ka un.
| leurs, sfasient vers lui et + provoguañent à pr en
M. 1, C'était un eu directeur d’âmes; après sa int |
Augustin un second oracle de l’église africaine. er | De toutes so tâches au s HRacRE à celle-ci, la
. blait qu’il n’y eût qu’à reprendre la tradition du temps d'Aurèle et d'Augustin, xées par les décisions de nom-
… breux conciles. Mais A fallait ARE avec tant de
7 par les Vase: ils n’y nr que quelques nu
de la côte; le reste était aux mains des indigènes ber- ‘bères. Les chefs maures de l’Aurès dominaient en Nu- midie, jusqu’à Constantine et à Madaure ; d’autres te
bus envahissaient à chaque instant la Byzacène; il te
n’y avait plus de frontière terrestre: la poussée ber-
bère rencontrait rarement une résistance sérieuse ; Tra- 1 Il fut envoyé à CP avec le pape Jean I; le L. P. (félicien)
le présente comme praecedens omnium hotte splendorem. é
samund, qui s’y était essayé, ayait subi une défaite complète; Hildéric en devait essuyer une autre. On peut penser ce qu’étaient devenus, dans cette misère, les anciens cadres ecclésiastiques. La province de Byzacène, bien que souvent ravagée par les Maures, avait moins souffert que les autres de la persécution vandale; elle s'était, en somme, à peu près conservée. Tel n’était pas lecas de la Proconsulaire, où la fureur vandale s'était acharnée: quelques évêques seulement avaient réussi à s’y maintenir en cachette. Depuis l’année 439, sauf les courts épiscopats effectifs de Deogratias et d'Eugène, le siège de Carthage était demeuré vacant, perdant ainsi son influence de jadis. On avait, en quelques milieux, une tendance à l'oublier ou à s’en affranchir. Déjà, au temps d’Aurèle, les manifestations centrifuges n'avaient pas manqué: on avait reconnu l’autorité supérieure de l’église de Carthage, mais en la limitant assez chichement. La persécution finie, on retomba tout de suite dans les mêmes errements.
Les évêques de Byzacène se réunirent dès l’automne de 523, à Junca, sous la présidence de leur primat Liberatus. A celui-ci l’archevêque Boniface avait écrit; il lui fut répondu au nom du concile. La lettre
fut portée à Carthage par deux évêques, Pontien et
Restitut, chargés de présenter des demandes que nous ne connaissons pas toutes. Il y en avait une relative à un conflit entre le primat et un monastère, Boniface ne put les satisfaire sur tous les points. L'année suivante il convoqua lui-même une réunion de toutes les
provinces épiscopales ; chacune d'elles devait y être représentée par une députation. L'assemblée s’ouvrit le 5 février 525, dans le secretarium de Saint-Agilée; l’é-
piscopat numide était représenté, tant par des délégués
que par une lettre du primat Missor; les Mauritanies, Césarienne et Sitifienne, ainsi que la Tripolitaine avaient aussi envoyé des légats. Seuls les Byzacéniens brillèrent par leur absence. On crut devoir les attendre encore un jour. Il paraît qu’ils tenaient à prendre rang au concile avant les Numides, ce qui était contraire à l’usage ; quant à leur absence, après qu’ils avaient été l’objet d’une. convocation régulière, elle était évidemment incorrecte. Le concile se fit lire, dans les anciens recueils de canons, ceux qui témoignaient des préséances entre provinces; puis, avec diverses prescriptions utiles à confirmer au moment où l’on était, les règlements sur les privilèges du siège de Carthage.
On passa ensuite au conflit relatif aux monastères. Pierre, le supérieur de l'établissement sur lequel Libe- - ratus prétendait exercer ses droits épiscopaux ou primatiaux, s’efforça d'établir par des textes de saint Augustin, de Boniface, ancien primat de Byzacène, enfin . par le décret du concile d'Arles, relativement à Lérins, que les monastères devaient rester exempts de la juridiction épiscopale. Il eut gain de cause t.
La querelle de préséances soulevée par le « con-
cile» de Byzacène n’engendra pas de scission durable
1 Mansi, t. VIII, p. 656.
au et ddasate HOME. M Hiüldéric était un demi-romain. Par sa mère Eudo- |
cie, June des captives impériales de l’année 455, il. | descéndait ds: heros III et de ad 2 Dès |
‘ FT à ia guerre et laissait à ses généraux 1e soin de . la voue nur les ee la Rene nécessaire. |
un vandales, lesquels, on pense bien, ne Tavaieit 4 pas vu de bon œil rendre la liberté aux catholiques. Cette situation fut exploitée par un des parents du roi, | celui-là même qui, en attendant un peu (Hildéric ati à Ke âgé) aurait été régulièrement son successeur. Gélimer se mit en état de révolte, s’'empara d’Hildéric et de ses principaux officiers, les jeta en prison et se fit re-
} connaître comme roi des Vandales. Une réaction s’en-
1 Vita Fulg., 61. pere lui aussi, avait été mêlé à al
| e affaires de préséances. Au concile de Junca, il avait fait ou. . laissé établir son droit d'ancienneté contre un évêque se ; de vultdeus. Quelque temps après, dans un autre concile tenu à
è Safes, voyant son collègue attristé de cette décision, il lui céda | amicalement son droit (c. 60).
suivit, on devait s’y attendre. Toutefois aucun témoignage n’autorise à croire que l’on ait repris la persécution religieuse. Le biographe de saint Fulgence n’y fait pas la moindre allusion. L'empereur Justinien se porta défenseur du roi captif. Dans les premiers jours de septembre 533 une flotte byzantine vint s’ancrer dans la pointe de Caput Vada, à deux pas de la ville de Ruspe. Fulgence n'était plus de ce monde: il était mort le 1‘ janvier de cette année. Gélimer commença par faire massacrer Hildéric et les autres prisonniers ; mais il ne sut pas organiser la résistance militaire. Sous les ordres de Bélisaire, l’armée impériale atteignit en quelques jours les environs de Carthage: un combat heureux, au lieu appelé Ad Decimum, près de la Tunis actuelle, lui en ouvrit l'accès. Il y entra le 14 septembre, jour où l’on célébrait la fête de saint Cyprien. Ainsi Carthage redevint romaine. Il fallut du temps et d’autres batailles pour que cette situation s’affermit et surtout pour que l’autorité byzantine reconquît toute l’Afrique vandale. On y arriva cependant; grâce à l’é- . nergie et à l’habileté des lieutenants de Justinien, Bélisaire, Germain, Salomon, en dépit des séditions militaires, des intrigues vandales et de la perfidie des Maures, ce grand résultat fut obtenu et même dépassé : en 539 l'occupation byzantine comprenait, outre la Proconsulaire, les provinces de Tripolitaine, de Byzacène, de Numidie et de Mauritanie Sitifienne, dans les limites, ou peu s’en faut, qu’elles avaient eues avant Gen-
séric.
Justinien n'avait pas attendu cette date pour organiser la conquête. Dès l’année 534, une loi * constituait le personnel administratif; l’année suivante, une autre loi? sanctionnait les mesures prises dès le premier moment, par lesquelles les dissidents, ariens et donatistes, avaient été évincés des églises et autres lieux religieux, en même temps que les propriétés ecclésiastiques confisquées depuis longtemps, étaient rendues à leurs anciens propriétaires; catholiques et
dissidents étaient ainsi replacés sous le régime des
__ lois romaines. Les situations étaient renversées; Hu-
néric, en 484, avait retourné contre les catholiques, dissidents à son point de vue, les lois du code théodosien: cinquante ans après Justinien remettait les choses à leur place, maïs, il faut le reconnaître, sans aller au-delà.
De même qu’à l'avènement de Hildéric on s'était empressé de tenir concile, ainsi le nouvel archevêque, Réparatus, successeur de Boniface, proeura la réunion d’une grande assemblée de l’épiscopat africain. Cette fois on ne procéda pas par délégation: tous les évéques furent convoqués: il en vint jusqu’à deux cent vingt, chiffre considérable, qui n’avait été atteint qu’au fameux concile de 418, lors du grand conflit sur la grâce. Il est clair que les dix années écoulées depuis
la mort de Trasamund avaient été bien employées et
1 Cod. Tust., I, 27.
2 Nov. 31.
parve
que la plupart des
OPEL r » Yi 1 à se réorganiser !.
da églises étaient
Nous n'avons plus les actes de cette assemblée ; cependant, outre un fragment sur les rapports entre les
tholique? Fallait-il le maintenir en service ? Pouvait-on . aussi admettre dans le clergé catholique des personnes ; | baptisées par les hérétiques ? Le concile penchait pour le négative sur les deux points; mais l'affaire était assez grave pour qu'il sentit le besoin de renforcer sa >
1 Depuis la Nofitia de l’année 484, on n’a aucun état du __ personnel épiscopal d'Afrique ; les renseignements tirés du con- cile de 525 et de ceux de 646 sont incomplets et tout à\faiti __ insuffisants. La seule donnée utilisable est la lettre du concile de 585, adressée au pape Jean IT par Reparatus, Florentinianus, Dacianus et ceteri CCXVII episcopi qui in (l. ex) universis conciliis apud Tustinianam Carthaginem fuimus. Il est à noter que ces évêques ne pouvaient venir que de l’autre ex-royaume vandale, car les grands succès de Salomon en Numidie et en. Mauritanie Sitifienne étaient encore à venir. Si donc on a pu réunir en 535, pour une Afrique très diminuée, jusqu’à 220 à évêques, alors qu’en 418, pour toute l'Afrique romaine encore intacte, on n’en réunissait que 214, c’est qu’il s’était déjà pro- : duit dans les régions représentées au concile de Carthage un travail intense de relèvement. NES 2 Mansi, t. VILX, p. 841. Il y est réglé que les monastères + sont indépendants de l’évêque du lieu, auquel, cependant, les moines doivent s'adresser pour les ordinations. gi
Ducuesnr, L'Église au VI siècle.
décision en lui procurant l'appui de v église romaine. Pareille chose s'était déjà vue. Une consultation de ce genre ! avait déjà eu lieu au temps d’Aurèle, à propos des donatistes.
Le pape Agapit qui, à ce moment, succédait à Jean II, répondit négativement aux deux questions, en recommandant toutefois de pourvoir par d’équitables indemnités à la subsistance des clercs ariens rentrés dans l'Eglise comme simples laïques *. Le concile lui avait aussi exposé que bien des clercs d'Afrique, dispersés par la persécution, avaient pris l'habitude de vaguer à l'étranger; il demandait que le pape s’employât à les faire réintégrer leurs postes: Agapit entra aussi dans ces idées
En somme, dès le premier moment de la restauration l’église d'Afrique remettait en jeu ses antiques institutions et reprenait avec le saint-siège ses rapports traditionnels.
Ceux-ci subirent une crise, quinze ans plus tard,
dans l'affaire des Trois Chapitres, laquelle, comme on
Ja vu plus haut, mit l’épiscopat africain en conflit avec
le gouvernement de Justinien et avec le pape Vigile.
? Hist. anc. de l’Egl., t. II, p. 125.
? Dans sa réponse le pape attribue au concile l'initiative. de cette pensée charitable; en fait, la lettre conciliaire n'offre pas trace de cela. Agapit eut sans doute quelques communications orales des légats africains.
* La lettre du concile, avec la réponse du pape et une lettre spécialement adressée à Reparatus, nous ont été conservées par: la Collectio Avellana, 85. 86, 87.
À ce moment Carthage se remettait à peine des grandes agitations qu'y avaient soulevées (545-547) les guerres
sans cesse renaissantes contre les Maures, la mauvaise
administration d’incapables gouverneurs, la révolte de
Guntarith et le massacre du patrice Aréobinde. Grâce
aux victoires du patrice Jean Troglita, tout semblait
rentré dans l’ordre. L’archevêque Reparatus avait été impliqué, malgré lui, dans les troubles; il avait intérêt à ce qu’on ne fit pas de trop profondes enquêtes sur
ses rapports, forcés ou non, avec Gruntarith. Néanmoins ? el
il ne recula pas devant une démarche des plus auda-
cieuses. |
La théologie africaine était représentée à Carthage par le diacre Ferrand, disciple et biographe de saint Fulgence; dès l’année 546, avant que Vigile ne rendît son Judicatum, il avait donné à ses confrères, les diacres romains Anatole et Pélage, une consultation con-
traire à la condamnation projetée. A Constantinople,
un jeune évêque de Byzacène, Facundus d’Hermiane,
polémiste remarquable, défendait les mêmes idées, tant en parole que dans ses écrits. Quand on apprit en Afrique que le pape Vigile, passant outre à ces consultations et à beaucoup d’autres de même sens, s'était décidé à sanctionner la condamnation édictée par l’empereur, les esprits s’échauffèrent et l’on se décida à
résister. Un concile ! s’assembla ; il décida, en ce qui
1 De combien d’évêques était-il composé et dans quelles mesures représentait-il l’épiscopat africain, c’est ce que nous ignorons.
À PER y.
Leur Vigile, que Va nt tn pas me Fu tum Lt même que l’on Dr la communio avec Le,
Fe unca $ oi à la place du RU de BAR Boethus: que retenait la maladie, furent mandés à Cons- :
jai éür concile et de se rallier au pape; plusieurs dant
eux se rencontrent depuis lors dans son entourage.
Reparatus, lui, se vit impliqué dans l'assassinat du pe S
. 1 Ja lettre des clercs italiens (551) dit seulement: nec hoc | quod papa fecerat acquieverunt Africani atque Dalmatae sacerdotes recipere (P. L., t. LXIX, p. 115); la Chronique de Victor va plus loin, mais avec moins d'autorité: A/ricani antistites J … Vigilium Romanum episcopum damnatorem trium capilulorum synodaliter a catholica communione reservato ei paenitentiae loco secludunt. \É ? Victor indique l’année 550; mais il n’est pas très sûr & pour les dates; c’est ainsi qu’il x à l’année 549, au lieu ge de 548, la Lin de Théodora. A:
y ut Se SANTE et Verecundus étaient des personnes fort ins- truites. Il nous reste de l’un et de l'autre (P. L., t. LXVIN:
! Pitra, Spicil. Solesm., t. IV) des écrits dont aucun n'a rapport : aux Trois Chapitres.
: eat du Judicatum. On ne le trouve point au ta
cile œcuménique, où figurèrent sept prélats africains ?. .
autl y à lieu de croire qu’il continua à suivre le pap
dans son évolution et accepta, comme lui, la décision
te de cette ne
MOT 1 I] avait garanti au patrice, de la part de Guntarith, que, . ï we) s'il venait au palais se remettre aux mains de l’usurpateur, i ; aurait la vie sauve. Mais Guntarith ne tint pas la parole donnée en son nom: Aréobinde fut massacré Has ens (Procope, Bell. Vand., Il, 26). . # Victor on a. 551, 558; Ep. pre Htaliae t. LXIX, p. 116. | 3 Tous de PHARES ou de Numidie, aucun de By zacène. DGSE
réprouvé unanimément la condamnation des Trois Chapitres. Toutefois, comme il arrive d'ordinaire, des nuances apparurent bientôt; il y eut des intransigeants et des modérés. Ceux-ci, à Constantinople, se rallièrent autour du pape Vigile et, avec lui, résistèrent aussi longtemps que cela fut possible. Quand le concile de 553, finalement autorisé par l’adhésion du pape et soutenu par les sanctions politiques, eut découragé leur opposition, ils cédèrent eux aussi. Leur exemple fut
généralement suivi en Afrique. Les intransigeants, re-
présentés à Constantinople, dès les premiers jours de.
la querelle, par l’évêque d’Hermiane Facundus et, en Afrique, par quelques autres prélats moins importants, eurent bientôt la police à leurs trousses. Les uns, comme Facundus, parvinrent à se cacher; d’autres, comme Victor de Tonnunum, furent arrêtés et internés en des monastères très sûrs. De leurs retraites, il sortit quelques pamphlets sous des formes diverses 1, traités de polémique, histoires, chroniques. Mais ce feu s'éteignit peu à peu; les dernières étincelles disparurent à la mort de Justinien. L'Afrique ne se ressentit guère de cette agitation. Plus heureux que le pape Pélage, l'archevêque Primosus n’eût à déplorer aucun schisme du genre de ceux de Milan et d’Aquilée. Son prédé-
* Noter la « Défense des Trois Chapitres », en douze livres, par Facundus; son livre «contre Moscianus» arien converti qui prêchait aux évêques la soumission aux ordres du gouvernement ; l'«Epître sur la foi catholique », écrite alors que Pélage était déjà pape (556-561); le Breviarium de Liberatus, la Chronique de Victor de Tonnunum, postérieure encore.
va : ' "01 } L'EGLISE D'AFRIQUE GaT
cesseur Reparatus mourut en exil; les autres bannis
furent rappelés après la mort de Justinien. Depuis lors, il ne fut plus question, en Afrique, de l’affaire des Trois
Chapitres.
Il se passa quatre-vingts ans avant que l’église afri-
caine ne fût de nouveau troublée par les discordes théologiques des Byzantins. Encore le trouble ne fut-il pas bien profond. C'était à propos de l’Ecthèse d’'Héraclius. Diverses personnes, éloignées de Constantinople par les circonstances, entre autres, le célèbre abbé Maxime et l’ex-patriarche Pyrrhus, se trouvèrent (v. 641) réunies à Carthage; sous l’œil bienveillant du patrice Grégoire, le gouverneur d’alors, il s’organisa de grandes démonstrations contre le monothélisme officiel 1. Les évêques africains, que ce conflit n’intéressait pas directement, furent sollicités de s’y mêler: réunis en conciles provinciaux, ils écrivirent à l’empereur de véhémentes protestations contre l’Ecthèse. Mais ces manifestations épiscopales paraissent avoir moins ému Constant II que l'attitude du patrice Grégoire; derrière la théologie des évêques et des moines, ce haut fonctionnaire organisait bel et bien une compétition à l'empire. Elle finit par aboutir et, en 647, Grégoire Auguste fut acclamé à Carthage. Mais l’invasion arabe de 647 coupa court à cette entreprise. Dans la suite
de l’affaire du monothélisme, il n’est plus question d’évé- :
nements africains.
1 Ci-dessus, p. 438.
ÿr
PR de l'Etat, conçue suivant les idées by es. L’Eglise n'avait pas réussi à se pourvoir d’un ef local. de degré analogue: l’évêque de Carthage ne. ntinuait de are Ghonnauss spéciaux et du titre de SE : ; mai y avait plus de concile ps
nier ; les provinces étaient en fait indépendantes ; che
e avait son concile provincial, qui se réunissait q elquefois, et son primat-doyen, dont l'autorité se 4 faisait plus régulièrement sentir. Elles correspondaient # directement avec le pape et avec l’empereur, sans pas- sa Ser par l’archevêque de Carthage 1. Saint Grégoire? 2 aurait bien youlu voir disparaître l'institution du dé- à | 4 canat, qui remettait l'autorité entre les mains d'un
de: n.
* Cod. Tust., App. const, disp., 2, 3; nov. 181; et la novelle de Justin IT, du 19 mai 568. Of R. Massigli, SA de: 14 \ de Byzacène, dans les Mélanges Ca-
vieu chisme donatiste, ivraie , à ssé avec tout l’ancien système ; en. Nunidie su n npage d'origine, il A Qt AE ra :
sance à l’endroit des Donatistes. C'était là un péché ni ao le pape SHSEQNE n n'était pas DE à tolérer. 1 ja
We # À
| dans les errements qui, au temps Hands avaient me
# de mauvaises affaires au siège FpeARe : ne se o pre -
’ croire que des évêques donatistes ee, à s’ agréger a au corps épiscopal numide et pouvaient ainsi devenir primats. C
est trop contraire à la notion même du schisme pour avoir se produire, même comme abus, En réalité le pape parle d’an ciens donatistes, qui, admis (par grande tolérance) dans le elerg, À FES y arrivent à FÉpisespate Grégoire estime que c Re
africain, des accusations en règle, des débats contradictoires 1. Œ-
Ses rapports avec l’évêque de Carthage, Dominique, furent toujours très affectueux, mais ce n’est pas sur lui qu’il comptait pour le représenter en Afrique. Il y avait un homme de confiance, son notaire ou chartulaire Hilarius, qui, tout en gérant le temporel du saint-
siège en ces contrées, tenait l’œil ouvert sur les choses
ecclésiastiques, renseignait le pape et transmettait ses
directions; un évêque numide, appelé Columbus, lui rendait, pour ces provinces si fertiles en conflits, des . services analogues. Par lui, Grégoire suppléait à ce qu'il ne pouvait attendre, en Numidie, du primat trop âgé et trop souvent changé. L'emploi n’était pas facile à tenir; Columbus avait des ennuis?, dont il faisait parfois confidence au pape; mais le saint pontife n’admettait pas que l’on se dérobât aux responsabilités ; Columbus dut rester vicaire malgré lui.
Un fait bien autrement important que les conflits de l’épiscopat africain avec les édits plus ou moins orthodoxes des souverains de Constantinople, et même que les derniers soubresauts du donatisme, c’est la propagation de l'Evangile chez les Berbères, au temps de
la domination byzantine. Si nombreux que nous appa-
* V. surtout l'affaire de l’évêque Paul, Reg, IV, 32, 35; VI, 59; VII, 2; VIII, 18, 15; v. aussi II, 48, la dénonciation portée contre l’évêque de Pudentiana ; l'affaire de l’évêque Cresconius, VIII, 14; celle de Donatdeum, XII, 8.
3 Reg. VII, 2.
* Vicaire de fait, mais sans titre.
L'EGLISE D'AFRIQUE ; Fe 6D
raissent les évêchés au V° siècle, il sont tous ou presque tous en terre romaine et provinciale. Ni les tribus du sud, de la Tripolitaine jusqu’à l’Aurès et au Hodna, ni celles des hauts plateaux en arrière de la côté mauri-
tanienne, n'avaient été sérieusement touchées par le
christianisme. On en peut en dire autant de celles, qui, en certaines régions provinciales, s'étaient maintenues
entre les cités romaines. On comprend que l’évangeli-
sation, arrêtée, sous l'empire romain, à la limite entre le sol provincial et la Berbérie autonome, n’ait guère progressé sous les Vandales et qu’elle ait même rétrogradé. Il n’en fut pas ainsi aux temps byzantins; le christianisme prit alors un remarquable essor parmi les tribus indigènes établies au dedans des frontières et bien au-delà. Justinien s’y employa. L’oracle d’Ammon, retiré à Augila, en arrière de la Grande Syrte,
fut fermé et remplacé par un sanctuaire de la Vierge.
Les Maures Gadabitains, en Tripolitaine, ceux de Gha-
damès, bien plus loin dans le sud, se convertirent
sous son règne !. Le mouvement continua après lui. En
569, les Garamantes (Fezzan) sont gagnés à la foi et
aussi à la paix romaine ?, car les deux choses allaient ensemble. D'autres conquêtes, constatées par l’histoire
de l'invasion arabe, se succédèrent pendant plus d’un
siècle, grâce à l’action persistante des nouveaux maf-
1 Procope, Aedif., p. 335, 337.
3 Jean de Biclar, a. 569. À cette même date le chroniqueur marque la conversion des Makourites, où plusieurs voient une tribu mauritanienne. Cf. ci-dessus, p. 302.
CA
1 ce ‘tale de dE Mauritanie Césarienne, s'était Fonn 2 royaume de Masuna, «roi de la nation des Maures $ rot des Romains »; en cette contrée, dans les localités . d'Altava (Lamoricière); et de Pomarium (Tlemcen) se :
sont conservées des tombes chrétiennes avec des épi- |taphes dont la série atteint le VIL° siècle; on y voit
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