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vers les Blachernes et s’avança, sur sa droite, re
… rappel de Macedonius et aussi celui de Flavien d’An
tioche. Sévère lui faisait horreur. É
à la tête d’une armée de soixante-cinq mille hommes, la vit tailler .en pièces par le redoutable partisan. Luimême fut fait prisonnier. Enfin Vitalien, ayant réussi : AN à , . Ÿ a à équiper une flotte, marcha une seconde fois sur Cons-
- tantinople, par le rivage du Pont-Euxin; ses vaisseaux
1 Sur l’affaire de Vitalien, v. surtout Jean d’Antioche (Fr. Hist. graec., éd. Müller-Didot, t.. V, p. 32) et la Chronique de Marcellin.
aboa au. port de Bosthène (Istenia) et de là envoya ses sommations. Il fallut lui donner beaucoup d’ar- gent et le grade de magister militum avec le com- - mandement de toutes les troupes de Thrace. Quant ‘ aux affaires religieuses, il fut convenu qu'un grand
concile se tiendrait à Héraclée sur la Propontide,
Door PR Hypatius fut rendu, moyennant une forte rançon *
Encore une fois es pis tout ce qu’on
Du vivant de Symmaque, cette démarche lui eût été
plus amère. Mais Symmaque venait de mourir (514,
19 juillet) et son successeur Hormisdas annonçait une # :
attitude moins intransigeante. Toutefois il ne pouvait
y avoir ici que des différences de forme: Hormisdas,
comme ses prédécesseurs, s’en tenait toujours au con-
cile de Chalcédoine et continuait à exiger la répudia-
tion de quiconque avait forligné à cet égard, Acace,
Pierre Monge et les autres. Il envoya des légats, les
À 74 évêques de Pavie et de Catane, Ennodius et Fortu-
È 1 C'est à la suite de cette délivrance qu’il alla faire le pèlerinage de Jérusalem.
vocation qui lui avait été adressée.
$ Deux lettres, 109 et 107, dans la CoZ. Avellana; la première du 28 décembre 514, la seconde du 12 janvier 515.
ES
? Dans une de ses lettres (I, 21), Sévère mentionne la con- +
42: | natus. Parts au mois d'août BIG, ñ étaient de retour 2 un an après ! Ne
Il n’était déjà plus question de concile, Anastase | n'avait plus peur de Vitalien. Celui-ci, toujours trompé,
avait repris le chemin de Constantinople. On avait vu
eg
son camp sur les hauteurs de Sycae (Péra) et ses vaisseaux à l’entrée de la Corne d'Or. Mais cette fois la flotte impériale avait engagé le combat et d’une façon à tellement heureuse que Vitalien, ses navires et ses troupes de terre, essuyèrent un désastre complet (615) *. Cependant il continua à tenir la campagne, avec des effectifs plus modestes. Dans ces conditions, l’empe- k reur retrouvait la liberté de: son. attitude. {en 1 Il n’abandonna cependant pas ses négociations avec |
+ PVR
le pape; il écrivit même au sénat de Rome, lequel,-en + 4 ce genre de choses, suivait exactement les inspirations de son évêque. Il expliquait son orthodoxie, disant 513
qu’on avait tort de le prendre pour un ennemi du con
| cile de Chalcédoine, qu’il n’avait publié contre lui ni loi ni édit et qu’il s’évertuait à prêcher aux Alexan- À
drins de ne pas le charger sans cesse de leurs malé-
dictions ?. Le pape lui renvoya Ennodius de Pavie, avec un autre évêque, Peregrinus de Misène. Ils furent assez si
maltraités et revinrent avec une lettre où le vieil em-
Ep 1 Sur cette légation, v. les documents 105-116, 125, de la Ms Coll. Avellana. 4 Des ? Marin d’Apamée se distingua dans cette affaire, ainsi que Justin, le futur empereur. R ‘TE 3 Cf. Sévère, Ep... IV, 2, p. 255. RE 2
Che
CHAPITRE fa
, | pereur se redressait inopinément contre les admones __ tations romaines: « On peut nous injurier, disait-il, et à » nous compter pour rien; mais quant à nous donner » des ordres, non» |.
On pouvait au moins lui donner des ennuis; ou plu- Lot il s’en attirait lui-même.
Déjà, en 512, alors que la police d’Anastase exi-
| geait partout que l’on reconnût son patriarche Timo- thée, les évêques de l’Illyrie * latine avaient écrit au pape Symmaque une lettre fort touchante, où ils lui demandaient de les aider; Symmaque avait répondu avec bonté, mais en exigeant toujours la condamnation d’Acace, Peu après, l'insurrection de Vitalien donna ie cœur aux orthodoxes de ce pays. Ils prirent une telle attitude que, jusqu’au fond de la Palestine, les moines hostiles à Sévère eurent l’idée d'entrer en rap- 2 ports avec éux. Ils écrivirent à Alcyson, métropolitain d’Epire (Nicopolis), une lettre où ils lui contaient leurs
peines #. Alcyson s'était mis en communion avec le pape. Il en était de même de Laurent de Lychnidos … (Ochrida) en Nouvel-Epire et de beaucoup d’autres. L’attention d'Anastase fut appelée sur ces foyers de résistance. Dès qu’il eut quelque relâche du côté de Vitalien, il se fit amener * à Constantinople et Alcyson et Laurent, et aussi les évêques de Dacie Intérieure, 1 Coll. Avellana, 138; Thiel, p. 814.
? Per Illyricum; Data et utramque Daciam.
8 Thiel, p, 709, 717 (J. Fee Cf. Théophane, a. 6008.
+ Evagrius, III, 81.
5 Marcellin, a. 516.
pl Don de es Gaïanus de Nisch, nt
de Pautalia (Kustendil). Alcyson et Gaianus moururent à Constantinople; les autres rentrèrent chez eux, ré- clamés par l’armée d'Illyrie. En Epire, Alcyson fut rem-
placé par un évêque Jean, lequel, avec tous ses suffra-
gants, fit adhésion au pape Hormisdas ! :
L'empereur Anastase, en somme, n'avait guère satisfaction de son épiscopat. Les Illyriens, autrefois si
zélés pour la théologie cyrillienne, répudiaient son pa- triarche et ses fâcheuses accoïintances; bien plus, ils. allaient jusqu’à se rapprocher de Rome. En Syrie, Sévère se débattait contre une opposition soutenue. Moins scrupuleux ou plus fanatique que son CPP
il ne reculait pas devant les coups de force. C’est ainsi
al MEET:
qu’une énorme multitude de moines, qui se rendaient de la seconde Syrie au sanctuaire de saint Syméon stylite, évidemment pour manifester contre le patriarche, furent attaqués par des gens de celui-ci: il en resta À trois-cent cinquante sur le carreau. Comme leurs confrères de Palestine s'étaient plaints à l’évêque de Nil copolis, ceux de Syrie écrivirent au pape Hormisdas une lettre de protestation ? é | De Constantinople aussi arrivaient à Sévère des . nouvelles fâcheuses. Le patriarche Timothée, toujours Fe # préoccupé de se tenir en équilibre entre les impulsions | | du palais et les résistances de la population, ne lui inspirait qu’une confiance très limitée. Il comptait, pour
L 1 Col. Avellana, 117-124, 127, 194, 185.
? Coll. Avellana, 189, 140 (réponse du pape).
(ARE CHAPITRE LS ORNE RER l’amener à lui, sur l'archevêque de Césarée, Soterichus. Celui-ci, effarouché d’abord par les violents procédés du nouveau patriarche d’Antioche, inquiet aussi sans
doute des manifestations de Vitalien et autres, s'était
tenu un peu à l'écart. A la fin il reprit courage et l’on
parvint à le rapprocher de Sévère. Quand Timothée
‘ mourut (518), il était au moment de partir pour Cons-
tantinople, avec l'intention d’y faire les affaires du parti. L’avènement du nouveau patriarche, Jean, ne ras-
sura ni lui ni Sévère. On apprit qu’à la cérémonie d’ins-
tallation (17 avril 518), des cris contre Sévère avaient
été proférés. Il ne s’en était rien suivi; mais l’évêque d’Antioche espérait peu de son nouveau collègue et s’attendait à le voir suivre la même ligne que Timothée ‘.
Mais les choses allaient tourner beaucoup plus mal
PS qu'il ne s’y attendait. Le 9 juillet de cette même an- née 518, un orage terrible éclata sur Constantinople.
Quand il s’apaisa, on apprit que le vieil empereur était
mort subitement, au fond de son palais. Dans son exil lointain, le patriache Elie jouissait à ce moment de la présence de son ami Sabas. Vers le soir ils avaient
l'habitude de partager un frugal: repas d’anachorètes.
: Ce jour là Elie se fit attendre fort longtemps. Quand
il parut enfin, il annonça que l’empereur était mort et que lui-même r’allait pas tarder à le suivre dans l’autre monde. En effet, il mourut dix jours après.
1 Sur tout ceci v. la curieuse lettre de Sévère à Eleusinius de Sasima, VI, 1. Cf. Théophane, a, 6010.
à La réaction chalcédonienne s | sous l’empereur Justin.
à La succession d’Anastase. — Election de Justin. — Sévère poursuivi. - — Reprise des relations avec Rome; la légation pontificale. — Formule
d'union acceptée à Constantinople, dotée à Ephèse et Thessalonique. —
La théologie des Acémètes. — Les moines scythes; leur venue à Rome. — Attitude du saint-siège vis à vis des écrits cyrilliens. — Les évêques afri-
cains intéressés au débat. — Les moines seythes expulsés de Rome. — As-
4 sassinat de Vitalien. — Retour de la légation pontiticale. — La résistance
| LS — Paul le Juif, Euphrasius. — La fin de Philoxène. — Paul d’Edesse. — Sévère polémique avec Julien d’ Halicarnasse. — Les Acéphales.
- — Jean de Tella. — Ephrem évêque d’Antioche. — L'Egypte refuge des in- . soumis. — Le pape Jean à Constantinople. — Sa mort.
La mort d’Anastase était un coup subit, mais non : pas imprévu: le grand âge du souverain ne permettait k pas de croire que sa vie dût se prolonger. Depuis long- 1 temps le parti monophysite, qui tablait avant tout sur les dispositions personnelles du vieil empereur, se
- préoccupait de sa prochaine disparition. L’impératrice
. Ariadné, peu favorable à la politique religieuse de son
. mari, était morte (515) au moment où celui-ci se dé- > à
barrassait de Vitalien. Les parents d’Anastase étaient assez nombreux et assez en vue ; mais soit qu'ils fussent impopulaires, soit qu’ils inspirassent de la défiance au point de vue religieux, on avait cru devoir chercher ailleurs un héritier et du pouvoir de l'empereur dé- funt et de ses bonnes dispositions. Un certain Théo-
crite, attaché! à la personne du grand chambellan Amantius, était désigné et préparé. Plusieurs familiers du défunt empereur, les chambellans André, Misaël ?, Ardabure, s'employaient activement à le soutenir. Cependant le sénat intervint et fit prévaloir son choix. Le préfet du palais (cura palatii) J ustin fut acclamé | empereur *. Justin était d’origine illyrienne, comme son prédécesseur, avec cette différence, cependant, que sa famille était de langue latine. Son village natal, Bederiana, relevait de Scupi (Uskub), capitale de la pro-.
vince de Dardanie. C'était un illettré. Sa femme Eu- . phémie n’avait pas non plus reçu une éducation bien
soignée. Mais il avait près de lui un neveu, Justinien,
personnage instruit, avisé, laborieux, déjà âgé de trente- »
cinq ans, capable d'aider son oncle, même de le di- |
riger, en attendant le moment où il lui succéderait.
Dardanie, d'où venait la nouvelle famille impériale, s'était montré très zélé pour le concile de Chalcédoine.
L'Iyricum latin et spécialement la province 1 On y avait favorisé les démonstrations de Vitalien “. :
! Satelles, dit Marcellin; « domestique », dit l'Historia mis-
cellanea, VIIL, ile
? TE -ci est souvent mentionné dans la M de Sévère; cf. Zacharie, Vie d'Isaïe (éd. Ahrens et Krüger, p. 273) et Tran d'Asie, De. beatis orientalibus, ec. 57.
3 Les Moncphynites racontèrent plus tard que Justin, chargé par Amantius de distribuer de l'argent en faveur de la candidature de Théocrite, s’en était servi pour mener à bien ses pro- | pres affaires (Hist. misc., VII, 1). |
* Le ms. 79 de Berlin (Phillips, 1776) contient, entre au- | tres pièces relatives à ces affaires, un texte du libellus d'Hor-
ter, fut l’œuvre d’une réaction religieuse, Les gens de
assez du fanatisme monophysite et des procédés into-
Jérants du dernier règne. Le nouveau s’inaugura par
crite, avec son principal soutien Amantius et le cham-
bellan André, furent mis à mort; Misaël et Ardabure
22) ES É 1 2 : "2 s’en tirèrent avec une sentence d’exil qui les envoya
. à Sardique ‘.
Vitalien, naturellement, revint à Hot; on le renomma,
- maître des milices; il s'installa à Constantinople. Exas- .
| péré au dernier point contre Sévère, qui l'avait fort maltraité dans ses discours, il ne parlait ni plus ni . moins que de lui faire couper la langue. Mais il fal-
lait d’abord le prendre : : le comte d'Orient, Irénée, reçut
* les abris ne lui firent pas défaut *.
1 misdas (ci-dessous, p. 50) où le signataire a recours aux bons offices de Vitalien pour communiquer avec le pape: ... #ibi Hormisdae sancto et venerabili robis Romae papae optuli per . virum gloriosissimum magistrum Vitalianum (Rose, Verzeichniss der latein. Handschriften [de Berlin], t. [, p. 153).
- 1 Chronique de Marcellin, a. 519. Misaël, on le voit par Jean d’Asie (2. c.), rentra plus tard en grâce et reprit ses fonctions. Il mourut en grande édification.
? Son arrivée en Egypte, le 29 septembre 518, fut plus ia | fètée tous les ans par ses sectateurs.
8 Sur ceci, v. Evagrius, IV, 4. Pseudo-Léonce, de sectis, 5 (P. L., t. LXXXVI, p. 1229), dit qu’il s'établit au monastère
S protestations du pape y trouvaient un écho très préciable. L'élection de Justin, il n’en faut pas dou-
Constantinople, sénateurs, populaire, moines, en avaient
un déblaiement assez dur. L'empereur projeté, Théo- *.
» des ordres à cette fin. Il eut beau faire: Sévère échappa
à ses recherches et parvint à passer en Egypte”, où
ul A Constantinople ses ennemis n'avaient pas perdu un moment pour agir contre son œuvre et contre lui. Anastase était mort un lundi; le dimanche suivant, 15 juillet, le patriarche Jean se vit entouré à Sainte-Sophie par une foule déchaînée, qui l’adjura de prendre sans retard des mesures de réparation. On le somma d’ac-- 1% clamer le concile de Chalcédoine, la mémoire des évéques Euphemius et Macedonius, avec le nom du pape
Léon, et d'envoyer sa synodique à Rome. On lui de-
manda de condamner Sévère. Ces cris, ces réclamations, se renouvelèrent le lendemain. Ahuri de ces manifestations tumultueuses, le patriarche céda provisoirement ; aux désirs du populaire, mais remit à un concile les décisions définitives. Le concile s’assembla, en effet, le 20 juillet, en dehors de sa présence, sous la présidence du métropolitain d'Héraclée. Tenant compte des cris proférés dans les assemblées du 15 et du 16, ainsi que d’un mémoire * présenté par les monastères de Constantinople, les évêques légalisèrent ce qui avait été ‘ fait ou promis les jours précédents, la reconnaissance des quatre conciles, le rétablissement aux diptyques des
noms d’Euphemius, de Macedonius et de Léon, enfin la
CAT d'Ennaton, avec Julien d’'Halicarnasse ; Liberatus (c. 19) indique une localité appelée ad Labronem. Plus tard, son tombeau se voyait à Ennaton, localité située à neuf milles d'Alexandrie, comme son nom l'indique, sur la côte à l’ouest de la ville (Zacharie, Vie de Sévère, p. 27. Cf. Butler, The Arab conquest of Egypt, p. 5l, note 2).
1 Procès-verbal en avait été dressé. Mansi, t. VIII, p. 1058.