FAURE 60 CHAPITRE LES PT AUE TRS
oubliée des Grecs. Lies Monophysites étudiaient avec
ardeur les œuvres de celui dont ils se réclamaient comme d’un ancêtre; les Diphysites étaient bien obligés de les
| suivre sur ce terrain. Les uns et les autres pouvaient se retourner vers les Romains et leur dire: « Voyons, oui :
k » ou non, Cyrille est-il mort dans votre communion et
» dans celle de l'Eglise entière ? N’a-t-il pas été très spé-
» cialement votre homme de confiance, votre représentant, au temps de Nestorius et du concile d’Ephèse?
» Si vous le trouviez bon alors, pourquoi maintenant
voudriez-vous le négliger, vous dégager de lui par des
réticences calculées et des faux-fuyants ? ». Cette situation, présentée aux Romains, devait provoquer chez eux diverses réflexions. Quelques-uns, sans
doute, se disaient que le pape Célestin avait été mal
- inspiré en choisissant comme mandataire un person-
__ nage par lequel on avait été engagé au delà de ce que
en, l’on eût souhaité. Mais il n’y avait plus à revenir làÿ 34e Al ù L r 2 2 dessus. Dès lors, puisque Cyrille était devenu en Orient
une autorité de premier ordre, il n’était peut-être pas très
à propos de faire fi de lui et de se laisser mener par les
Acémètes de Constantinople. Ceux-ci faisaient étalage
2 d’un grand dévouement au saint-siège ; ils avaient rendu à des services au temps où il fallait lutter pour défendre le +3 tome de Léon et le concile de Chalcédoine. Mais était-
on obligé de les suivre dans leurs querelles particulières et de leur sacrifier Cyrille, si bien vu en pays grec?
Le pape n'avait pas cru devoir déférer aux désirs qui lui étaient exprimés de Constantinople. Il n’'acceptait
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réponses dilatoiree Les moines voulurent partir sans son congé: il les en empêcha. L'hiver entier se passa, | re puis le printemps; ils furent en tout quatorze mois à | Rome, du mois de juin 519 au mois d'août de l’année suivante. Comme ils accusaient d’hérésie le légat Dioscore, Hormisdas voulait qu’ils attendissent à Rome le retour de ses envoyés pour les confronter avec les moines. Ceux-ci, bien entendu, ne restèrent pas inactifs. Leurs idées se répandaient autour d’eux, dans le clergé, parmi les sénateurs !, un peu partout. Ils avaient trouvé 3 à Rome un de leurs compatriotes, moine comme eux, Denys, surnommé le Petit. Celui-ci prit fait et cause pour eux. C’est sûrement pour les aider qu’il publia |
une version de la troisième lettre de Cyrille à Nesto-
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rius, la lettre aux anathématismes, «restée, dit-il, in-
connue aux Latins » * et qu’en fait, comme on l’a vu,
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- ils ne citaient jamais. Il traduisit aussi le tome de Proclus aux Arméniens.
Mais les Scythes parvinrent à se procurer un appui
- bien autrement sérieux. Sous le roi Trasamund le gou-
1 Nous avons encore une lettre adressée par un prêtre Trifolius au sénateur Fauste, où la question est débattue, dans un sens contraire aux moines scythes (Mansi, t. VIII, p. 583). , ? Graecis iamdudum bene comperta sed ignorata Latinis » hactenus, dit-il dans sa préface (Migne, P. L., t. LXVII, p.11). + Elle avait pourtant été traduite par Marius Mercator, et c'est . même cette traduction que Denys, en ceci peu scrupuleux, donna au public romain comme son œuvre à lui (Maassen, » Quellen, p. 182).
| vernement vandale était redevenu persécuteur. Un cer- tain nombre d'évêques avaient été déportés en Sardai- 4 gne et employés aux travaux forcés. Une grande con- l sidération s’attachait, comme il était naturel, à ces con- fesseurs de la foi. Les moines léur écrivirent, deman- dant leur avis sur la question en litige. Comme ils ne pouvaient guère espérer qu'elle passionnât ces braves gens, ils eurent l’idée de joindre à leur requête une charge à fond contre Pélage, Celestius, Julien d’Eclane, et surtout contre Fauste de Riez, dont les ouvrages leur paraissaient — avec raison — contraires à la doctrine de saint Augustin sur la prédestination et la grâce.
Cette combinaison a quelque chose d’étrange. En Orient les querelles de Pélage et de saint Augustin | avaient passé presque inaperçues. Mais nos moines ‘avaient rencontré à Constantinople, parmi leurs adver- saires, un évêque africain, appelé Possessor, lequel, remarquant dans les écrits de Fauste des passages qui lui semblaient exclusifs de la formule Unus de Trinitate..., n'avait pas omis de les leur opposer. es SCythes furent par là excités à lire les ouvrages de l’évêque de Riez; ils n’eurent pas de peine à y trouver de quoi inquiéter les disciples de saint Augustin. Ceux d’entre eux qui avaient fait le voyage de Rome enten- : dirent parler des confesseurs de Sardaigne et c’est ainsi que l’idée leur vint de s'adresser à eux. Ils en obtinrent une longue lettre où leur profession de foi est approuvée, mais où l'accent est mis sur les ques-
somme, s'intéressait à sonsaffaire ?,
De ces écritures, non plus que des disputes des moines et de leurs protestations, il ne pouvait résulter grand chose. Cependant les Scythes faisaient assez de | tapage pour que le pape Hormisdas, perdant patience,
prît le parti de s’en débarrasser. Il les fit expulser par 4
ses « défenseurs ». La chose ne se passa pas sans pro
testations. Les moines renvinrent à Constantinople, ra- .
contèrent leurs aventures à Jean Maxence leur chef, e
F porn que, si on Le avait oui c’est que F2
4 nt épargner à Dioscore une confrontation pee M
Peu après leur départ, le pape écrivit à l'évêque Pos 1 sessor une lettre où il se plaint beaucoup d’eux. Possessor, apparemment, ne la garda pas pour lui. Elle se » répandit dans la capitale, si bien que Jean Maxence 4 crut devoir répondre et il le fit avec fort peu de mé- PE Fe. nagements ?. Re e 4 - Les légats étaient partis de Constantinople vers 5 à 10 a à
- part il s'était produit un incident propre à diminuer