‹ L'eglise au VI siecleChapitre 24 sur 105 · CRE ND · texte numérisé non relu

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grâce à la faveur de l’impératrice, à s'établir près du faubourg de Sycae (Galata et Péra) au delà de la Corne d'Or, et même à organiser un monastère, avec une 0 église où l’on célébrait tous les offices. Ils étaient très p courus: la paroisse de Zooras attirait l'entourage de: Théodora. La mode fut bientôt d’y faire baptiser les enfants. D’autres échappés du palais d'Hormisdas se + répandaient ou même s’établissaient en ville. De jour ë. x en jour on voyait croître leur audace. Si l’empereur les admettait à son audience, ils se vantaient en sortant de lui avoir tenu des propos énormes. Un certain | Isaac! alla jusqu’à crever de son bâton et jeter au feu | une image de Justinien. Il y avait de quoi le faire pendre. Mais Théodora était si puissante! On fermait les ÿeux sur les excès de ses protégés.

+12 Cependant la cour poursuivait son plan d’entente | avec les dissidents. Justinien les mit en rapport avec ses théologiens. Au bout de quelque temps les prélats

et les moines monophysites présentèrent à l’empereur

gagèrent des discussions qui durèrent plus d’une année.

Enfin on en vint (533) à un colloque en forme #, qui

! Mansi, t. VIII, p. 897.

Di: ? Conservée dans l’Hist. misc., IX, 15.

Ps Nous sommes renseignés sur ce colloque par une lettre

. où Innocent, évêque de Maronie, l’un des interlocuteurs diphy-.

sites, le raconte à un prêtre Thomas (Mansi, t. VIIL, p. 817). De cette pièce il ne subsiste, malheureusement, qu’une mau-

et conquis une grande réputation de sainteté, réussit,

une requête où ils exposaient leur foi ?. Là dessus s’en- .

LES PROTÉGÉS DE THÉODORA 7 FR à EE eut trois séances. Il se tint dans une des salles du pa- * lais d'Hormisdas. L'empereur n’assista qu'à la dernière |

réunion; les autres furent présidées par le maître des Le

Hypatius d'Ephèse, Démétrius de Philippes, Jean de Bizya, Innocent de Maronie, Anthime de Trébizonde et Etienne de Séleucie. L’évêque de Philippes, étant tombé malade, ne parut pas. Le parti monophysite était représenté par trois évêques d’Euphratésienne, Serge de Cyrrhos, Thomas de Germanicie, Philoxène de Doliché, et trois évêques d’Osroène, Pierre de Resaïna (Theodosiopolis), Nonnus de Circesium et Jean de Tella (Constantine). Celui-ci était le principal per- , | sonnage de son groupe. Avec les Orientaux il y avait quelques moines et clercs; de l’autre côté trois prêtres de Constantinople, les nonces d’Antioche et un moine Léonce *, délégué des religieux de Palestine. | Le premier jour le débat porta sur les origines de. __ la querelle. Sollicités de s’expliquer, les Orientaux convinrent qu'Eutychès avait été hérétique, que Flavien

vaise version latine, publiée pour la première fois, d’après un

ms. de Paris, par Baronius, Ann., 532, c. 31. Jean Bar Aphthonia,

moine monophysite, qui assista aux séances, en avait fait le

récit de son côté (Mist. misc., L. c.), mais il ne nous est pas

parvenu.

4 1 Ce Léonce est probablement le même qui siégea au con-

cile de Ménas, en 536, avec la même qualité et le titre d’hi- | goumène; ce dernier titre empêche de le confondre avec le | Léonce de Byzance, moine origéniste, dont il sera duss Ho M plus loin.

Vavait justement condamné, que Dioscore avait eu tort

de le recevoir à Ephèse sans un examen suffisant de = sa doctrine, enfin que l’on avait eu raison de convoquer un nouveau concile à Chalcédoine. Jusque là tout allait bien.

Le lendemain on aborda le fond des choses. Le concile de Chalcédoine avait décrété les deux natures. C'était le point délicat. Les orthodoxes n’aimaient pas | qu’il en fût question. Le pape Léon! lui-même, on l’a déjà vu, avait fini par reconnaître qu’il valait mieux ne pas trop insister sur cette expression et les documents officiels ?, depuis longtemps, se bornaient simplement à réclamer une acceptation du concile de Chal- cédoine qui impliquait, il est vrai, la reconnaissance des deux natures, mais ne l’exprimait pas ouvertement. Il y avait ainsi des gens qui déclaraient accepter le concile, mais l’acceptaient seulement pour la condamnation prononcée contre Nestorius et Eutychès, et réser- … vaient leur opinion sur le décret de foi. Contre les .

deux natures les Orientaux alléguèrent une série dé pièces fausses, attribuées à saint Grégoire le Thaumaturge, à saint Athanase, aux papes Félix et Jules, enfin à Denys l’Aréopagite. De ce dernier auteur ils avaient ) déjà produit quelque chose dans leur requête, et c'est ainsi que les fameux écrits du pseudo-Denys font leur apparition dans la littérature. f

l Histoire ancienne de l'Eglise, t. III, p. 484. ! |

? Notamment ceux qui figurent au code Justinien, ci-dessous, p. 89.

Fr HT furent un peu Ar Denys mis à part, on ne pouvait nier que les autres pièces eussent été citées au concile d'Ephèse et dans les œuvres de saint Cyrille. Hypatius répondit qu’à Ephèseonn avait

allégué aucun texte contre les deux natures, ce qui était vrai, et il ajouta que les textes en ce sens dont on se prévalait maintenant, avaient dû être interpolés par les hérétiques, ce qui était au dessous de la vérité, les pièces À P én question n'ayant pas été interpolées, mais fabriquée:

par les Apollinaristes. Quant aux lettres de Cyrille où

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les mêmes pièces sont citées pour des passages co traires aux deux natures, il les déclara suspectes. Et

comme on lui objectait qu’elles figuraient aux archives e épiscopales d'Alexandrie, il répondit que ces archives, depuis Timothée Elure et Pierre Monge, ne pouväient offrir aucune garantie. Ici il s’égarait, car ces lettre cyrilliennes sont sûrement authentiques. :

De Denys l’Aréopagite on se débarrassa plus na turellement. Aucun Père, dit judicieusement Hypatius, n’a jamais entendu parler de ces écrits; si Athanase ou Cyrille les avaient connus, ils s’en seraient certaine ment autorisés.

Alors les opposants transportèrent le débat sur le anathématismes de Cyrille. Pourquoi le concile n’en avait-il pas admis la lecture? Hypatius nia qu’il y eût en cela l'indice d’une opposition de principe; il allégu quelques considérations d'opportunité. La discussion

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lettres canonisées ! et que, pour le reste, les pièces produites fussent-elles authentiques, on devait interpréter les passages défavorables au concile par les passages = favorables.

À la fin de la séance les Monophysites soulevèrent la question de Théodoret et d’Ibas. Les orthodoxes : expliquèérent que le concile ne les avait reçus qu'après leur avoir fait condamner Nestorius ; que d’ailleurs Théodoret, après ses controverses avec Cyrille, était rentré en communion et même en rapports épistolaires avec lui. Les dissidents se déclarèrent satisfaits sur ce point. La troisième séance fut une séance impériale. Justi- Æ nien y adressa aux opposants les discours les plus pathé- tiques. Sur leur demande il fit déclarer aux députés orthodoxes et même au patriarche Epiphane, mandé à : ceteffet, que la passion du Christ et ses miracles étaient imputables à la même personne; que celui qui a souffert en chair est Dieu et un de la Trinité.

= De tout cela le résultat fut médiocre: un seul dés six évêques orientaux, Philoxène de Doliché, se rallia

à la communion orthodoxe, il est vrai avec un assez

grand nombre de clercs et de moines; les autres per-

sévérèrent dans leur intransigeance. On les laissa rentrer dans leur pays. Jean de Tella, particulièrement suspect à la police ecclésiastique, crut devoir passer la frontière perse et se retirer dans la montagne de

Singar, où il reprit une œuvre qui lui tenait à cœur

! La II° à Nestorius et celle aux Orientaux.

puis longtemps, . AR du oies dans le royaume persan.

Tout en conduisant ces négociations avec les chefs du monophysisme d'Orient, Justinien s’occupait de résoudre enfin avec le pape la question encore pendante de la formule Unus de Trinitate passus est carne. NL. importait extrêmement, pour la controverse avec les dissidents, que le concile de Chalcédoine et avec lui. le gouvernement et l'Eglise officielle fussent nettement dégagés de toute compromission avec le nestorianisme, c’est-à-dire avec la doctrine qui exagérait la dualité ex Jésus-Christ. Sur ce point on se heurtait à l’opposition obstinée des moines Acémètes de Constantinople. Plus ils allaient, plus ils abondaient dans leur sens; ils en étaient venus à incidenter sur le terme Theo éocos ; il semblait qu'on allait revenir aux disputes du temps de Nestorius.

Ce conflit, on l’a vu, était passé à l'état aigu dès 519, au temps où se refaisait l'union des Eglises. Après 591, pendant une dizaine d’années, il n’en est plus question . mais c’est que les documents nous manquent. Il est très probable que les Acémètes et les Scythes conti- 4 nuërent à batailler. Les Scythes avaient le gouvernement pour eux; mais leurs adversaires se réclamaient du pape. Justinien tenait beaucoup à leur enlever cet appui et à bien établir que l'Eglise entière était unanime à réprouver jusqu’à l'ombre du nestorianisme. z C'est pour cela qu’il écrivit au pape Jean IT. Sa lettre

Es - à > 113

fut portée par deux évêques importants, deux mem- À = bres orthodoxes de la conférence, Hypatius d'Ephèse # et Démétrius de Philippes. Les Acémètes, de leur côté,

avaient envoyé une députation, conduite par les moines

Cyrus et Eulogius; le premier était leur abbé. A Rome on examina l'affaire à loisir; on crut même devoir consulter la tradition africaine. Le diacre ro- main Anatole écrivit à l’un de ses collègues de Carthage, le savant Ferrandus, Disciple de Fulgence, Ferrand pouvait être considéré comme un bon interprète de la tradition augustinienne. Fulgence avait été l’allié des Scythes: son disciple opina dans le sens de Justinien ?, Les envoyés de l’empereur emportèrent de Rome une lettre qui donnait toute satisfaction à leur maître ?. Quant aux moines Acémètes, comme ils persistaient

Er dans leur attitude et se montraient rebelles à ses dé

Re cisions, le pape les excommunia jusqu’à résipiscence, De ces documents et de ces décisions communica tion avait été faite au clergé, au sénat et au peuple

RS LV. sa consultation, Æp. ad Anatolium, Migne, P. L. nt: LXVII, p. 889.

; ? J,, 884. Trois questions avaient été posées: 1° Utrum unus ex Trinitate Christus dici possit ; 2 An Deus Christus carne

pertulerit, impassibili deitate; 3° An proprie et veraciter mater

: domini Dei nostri Christi Maria semper virgo debeat appellari.

Le pape répondit affirmativement sur les trois points.

SC * Epistolae (de Justinien) ve! dogmatis (des évêques grecs

et du pape) éenorem cuncta Ecclesia, hoc est sacerdotum, senatus

et populi probavit assensus (Lettre de Jean II, Migne, P. L., | t. LXVI, p. 20). Le mot sacerdotum pourrait s'appliquer aux prêtres de Rome; on peut aussi songer à quelque réunion d’évêques voisins, peut-être aux deux groupes à la fois.

de Rome, qui avaient dore leur SR Bn Mais les $ moines, qui avaient réussi à trouver de l'appui parmi les hauts dignitaires de l'Etat, obtinrent de ceux-ci qu’ils intervinssent auprès du pape et lui demandassent des explications. Onze fonctionnaires de haut rang, 1 au nombre desquels figure l’illustre Cassiodore (Senator

écrivirent à Jean IT. Nous avons sa réponse ‘. Il promet d’expédier bientôt les documents au complet; en attendant il les résume et termine en relatant la condam- nation des Acémètes et en exhortant les sénateurs à be plus avoir de rapports avec eux. À cette lettre sont joints des textes des Pères, parmi lesquels figurent que ques passages de Proclus et un des anathématismes de Cyrille. C’est la première fois, après plus de cent ans que le Cyrille des anathématismes apparaît dans”un document romain: Denys le Petit n’avait pas perdu son temps en traduisant la lettre synodique. Les deux théologies de Rome et d'Alexandrie étaient enfin ré conciliées: nous sommes loin de Léon et de Gélase Quoiqu'il en fût du passé, les documents les plus

officiels * et notamment ceux qui clôturaient le long

1 J., 885. Ce document est de provenance assez obscure. Les onze dignitaires paraissent avoir écrit de Ravenne, où deux au moins d’entre eux, Cassiodore et Libère, avaient alors leur résidence. En tout cas ils n’écrivent ni de Rome ni de Constantinople.

2 Dans la seconde édition (la première est de 529) du code Justinien (Codex repetitae praelectionis), la seule qui nous soit parvenue, on trouve, en tête, après quelques lois des empereurs antérieurs, relatives à la foi, deux édits de Justinien lui-même,

e l’un de 527, l’autre de 533 (I, 1, 5, 6). Ce dernier est adressé au peuple de Constantinople; mais il est marqué qu'il le fut

Dh pe É:

désormais le gouvernement de Justinien, manifestement d’accord en cela avec l'Eglise romaine, ne patronnait, ne tolérait même aucune expression du nestorianisme,

Il pouvait se retourner vers les Monophysites et leur

dire: « Que nous reprochez-vous? Pourquoi faites-vous bande à part et divisez-vous l'Eglise ? ».

Ce langage, l’empereur l'avait tenu, avec bien peu

de succès, aux évêques orientaux internés à Constan-

timople. Il pensa, et cela était assez naturel, que leur opposition, outre les raisons qu’ils en avaient données, était soutenue par leur considération pour l’ex-patriarche

Sévère, le grand chef, l’oracle théologique de leur parti. Il voulut le voir et converser avec lui. Mais ce n'était

pas très facile. Invité à se rendre à la cour, Sévère

répondit par un refus !.

Cependant la situation se modifiait. L'année 535 vit la mort du patriarche d'Alexandrie (8 février), du pape Jean II (8 mai) et d’Epiphane, patriarche de Constantinople (8 juin). Timothée IV siégeait à Alexandrie depuis la dernière année de l'empereur Anastase, Le gou-

aussi à ceux d’'Ephèse, Césarée, Cyzique, Amid, Trébizonde, Jérusalem, Apamée, Justinianopolis, Antioche, Sébaste, Tarse et Ancyre; un troisième, également de 533, adressé au patriarche Epiphane. Ces trois pièces contiennent la formule Unus de Tri-

nitate. La série se termine par une lettre du pape Jean II, du

25 mars 534, dans laquelle est insérée la lettre de Justinien à laquelle le pape répond.

! Sa lettre dans l'Hist. misc., IX, 16.

D + re ve * S DE THÉODORA

taquer le parti monophysite dans un pays où il était si puissant. Tant que Timothée vécut, la direction re-

ligieuse de l'Egypte resta aux mains des adversaires

| fonctions jusqu’à sa mort. On n’était pas pressé d’at-

2 rnement de Justin et de Justinien RTS NE en

du concile de Chalcédoine. Le patriarche accueillait

“chez lui tous les évêques dépossédés ailleurs par la

réaction, même ceux que la police recherchait de temps

à autre; c'était le cas de Sévère. On a vu que ces exilés

n'étaient pas toujours d’accord sur leur doctrine, que

Sévère avait beaucoup polémisé contre Julien d'Halicar-

nasse et que leurs querelles, pour subtiles qu’elles pussent

paraître, n'avaient pas laissé de descendre dans la rue

et de s’y manifester par des violences. Les esprits étaient très échauffés au moment où le patriarche mourut.”

. L'élection ‘ fut très disputée. Deux-candidats furent

vu des autorités et patronné par elles, appartenait au.

acclamés : l’un, Théodose, appuyé par le clergé, bien

parti sévérien ; l’autre, l’archidiacre Gaïanus, représen-

tait les idées julianistes; il jouissait des sympathies de

la population et surtout des moines.

C'était l'usage à Alexandrie que le patriarche dé-

funt fût veillé par son successeur. Celui-ci, au moment

de l’enterrer, prenait la main droite du mort et se la

posait sur la tête; puis il lui enlevait le pallium de

saint Marc et se le passait au cou. Cette cérémonie

1 Récit de Liberatus, c. 20; cf. Léonce, De sectis (Migne,

BG Et LXXANI, pr 1930).

| d’investiture avait une une importance aux x yeux “2 populaire. Théodose chercha en vain à la célébrer: les

‘la population se porta en masse aux lieux opportuns ; on assomma les Théodosiens, on mit en déroute ln fonctionnaires, et Gaïanus fut intronisé, -"É Mais limpératrice, fort engagée dans cette affaire, n’entendait pas avoir le dessous. Toujours préoccupée d'accord avec les dissidents, elle ne pouvait qu'être | : hostile aux monophysites immodérés : les Julianistes lui troublaient son jeu. Deux mois s'étaient à peine écoulés qu’on vit débarquer le chambellan Narsès, personnage destiné à de hautes fortunes !, Théodose fut installé de force; Gaïanus, après avoir siégé cent-trois jours, finit - par être arrêté et expédié en Sardaigne: on n’en en- tendit plus parler. Mais ces résultats ne furent pas ob- tenus sans peine. Pendant de longs jours il fallut livrer bataille à la population, très montée contre Théodose. La lutte fut meurtrière ; elle prit même un tel caractère d’acharnement que Narsès se vit obligé de faire appel

à l'incendie. C’est par ce moyen extrême qu’il parvint à comprimer l’émeute.

Encore le résultat de ce coup de force fut:il des plus médiocres. Théodose, quand il put ouvrir ses églises,

n’y vit venir que les fonctionnaires ; la population x restait fidèle à Gaïanus exilé.

| ! Il avait déjà fait ses preuves, trois ans auparavant, dans E la répression de la sédition Mica.

tu que le à oatBogt de Théodose s 'inaugurait sous 4 Ci rte auspices, ra elle

l’évêque de Trébizonde, Anthime, l’un des orateurs n + ficiels à la conférence de 533. Depuis assez longtemps E É ce personnage vivait, on ne savait pourquoi, non dans | son diocèse, mais à Constantinople. C’était un ascète <: de haute marque, renommé pour ses jeûnes extraordi- | pur Théodora l’avait en grande vénération, et c'est. sans doute pour l'avoir plus près d'elle qu’elle l'avait P venir de Trébizonde. Maïs ceux qui donna le fond de la pensée d'Anthime avaient été étonnés de le voir figurer à la conférence parmi les champions de Fe | : l'orthodoxie. On le savait en rapport avec les ascètes 4 4 monophysites; on se défiait de sa doctrine. Anthime, en effet, admettait bien le concile de Chalcédoine, è mais avec des distinctions tacites: il acceptait la con- damnation de Nestorius et d’Eutychès, mais non le décret de foi et le dogme des deux natures. Son élévation au siège de la capitale fit l'effet d’une intrigue. On se douta que Théodora l'avait choisi en vue de quelque combinaison plus ou moins louche. Le patriarche d’Antioche, Ephrem, s’empressa d'envoyer à Rome pour informer de la situation le nouveau pape, Agapit.

C’est vers le temps de l’installation d’Anthime que Sévère, cédant enfin aux instances de l'empereur, se

laissa conduire à Constantinople, où vint aussi, peut.

po . c iscinle Pi À op LÉ être avec lui, son ancien disciple Pierre, l’ex-évêque d

d’Apamée !, Le patriarche fut installé au palais impérial où, bien entendu, il ne tarda pas à être l’objet de l’at-

physites, orientaux ou indigènes: elle redoubla les inquiétudes du clergé et des moines orthodoxes. Ceux-ci, quelque défiants qu’ils fussent, étaient loin de savoir

à quel point ils avaient raison de l'être. Anthime, avec

son faible attachement pour le concile, était une proie

toute préparée pour Sévère. Mis en rapport avec lui,

* il ne tarda pas à abandonner ses distinctions subtiles

et à se ranger sans réserve aux idées du grand chef

des Monophysites. Des lettres officielles, mais secrètes ?, s’échangèrent entre Sévère, Anthime et Théodose d'Alexandrie, et bientôt ils se trouvèrent en communion

les uns avec les autres.

Que pouvait-il sortir de cet accord? Espérait-on le

faire accepter de RS de Théodora elle-même ?

Les déciderait-on à rétablir l'Hénotique, entendu comme

on l'avait toujours fait à Alexandrie, comme Sévère

l’avait fait à Antioche, c’est-à-dire à remettre les choses sur Je pied où elles étaient aux derniers temps d’Anas- tase? Le gouvernement de Justinien pouvait-il se dé-

é juger à ce point, rompre de nouveau l'accord avec le se saint-siège, et cela juste au moment où il entreprenait | la reconquête de l'Italie? Non, cela était impossible.

#4 ! Ci-dessus, p. 47.

Li * Conservées dans l'Hist. misc., IX, 20-96. ‘4

Sins

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