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“diton, dès le-29 juin 647 :. L'impératrico s'était forts
employée à la réconciliation. Mais Vigile s’engagea plus à fond. Bientôt chacun des deux augustes eut en main une cédule autographe par laquelle le pape, tout en protestant de son orthodoxie et en défendant les droits
son siège, déclarait condamner les Trois Chapitres ? C’étaient là des documents secrets. Pour aboutir il fal- lait autre chose. Justinien pressait Vigile d’apposer tout. simplement sa signature au bas de l’édit. Le pape s'y 4 refusait. On insista. Il se raidit et déclara: « Je suis | votre captif; mais vous ne tenez pas pour cela l'apôtre | Pierre » ?,
Il insista tant sur les prérogatives du siège aposto- lique qu’il fallut lui laisser une apparente initiative, souffrir qu'il examinât l’affaire à nouveau et la tranchât
: a C’est Théophane qui le dit, A. m. 6039, dans un passage qui € paraît pas très rassurant.
? Ces deux cédules furent lues au V® concile, session septième (Mansi, t. IX, p. 351). Cependant elles ne figurent pas dans tous les exemplaires actuellement conservés de la version latine de ce concile et cette divergence, non seulement dans les textes latins, mais aussi dans les manuscrits grecs, se constatait déjà au VIT® siècle. Il paraît bien qu’elle est en rapport avec l’interpolation, dans ces documents, d’une expression monothélite, laquelle est sûrement étrangère à la rédaction originale. Sur ceci, v. la préface de Baluze au V® concile (Mansi, t. IX, p. 163 et Hefele, Conciliengeschichte, t. II, p. 855). L'existence de ces deux pièces est attestée par Justinien (Mansi, t. IX, p. 366: et condemnavit et satisfactionem in Scriptis exposuit tam nobis quam piae recordationis coniugi nostrae) et par Facundus, Adv. Moc. (P. L., t. LXVII, p. 860): Occulta eius ante iudicium pollicitatio tenebatur in qua se spopondit eadem capitula damnaturum:
3 Ep. clericorum Italiae. P. L., t. CREER PALLE
ie lunes par un jugement. Il y avait à Constantinople, ou l’on y fit venir, environ soixante-dix évêques, qui n'avaient pas encore signé. Le pape les réunit et la discussion commença !. Deux séances avaient été employées t: l'examen des livres incriminés, quand on donna la
role à un jeune évêque africain, Facundus d’Hermia
% très versé dans ces questions, car il travaillait juste.
tt
cile de Chalcédoine, et, subsidiairement, que le but
après l’avoir rédigé à loisir. s
ment à les exposer dans un ouvrage étendu. Facundus demanda la permission d'établir que 1x lettre d’Ibas ee avait été vraiment reçue comme orthodoxe par le con- .
poursuivi par les promoteurs de la condamnation était d’ébranler l’autorité du concile. Vigile vit l’effarement se peindre sur les visages. Il interrompit le débat et demanda aux évêques de lui remettre leur avis par écrit, # Le séance levée, les évêques furent travaillés isolément par les émissaires de l’empereur. Ils revinrent chez le pape les jours suivants, un à un, accompagnés, gardés à vue, tenant en main leurs cédules qu'ils : avaient libellées en conformité avec les idées impériales. L’infortuné Facundus les voyait passer sous le regard ironique des «acéphales » *. Ceux-ci, qui étaient dans
le secret, ne se gênaient pas pour laisser voir leur joie.
1 Nous n’avons pas les actes de cette assemblée. On n’en peut parler que d’après les deux livres de Facundus Pro defensione III capitulorum et Adversus Mocianum.
? C’est un qualificatif dont il gratifie ‘volontiers les gens soupçonnés par lui de sentiments monophysites, Askidas surtout. Ado. Moc., P. L., t. LXVII, p. 861.
de
rh
Elle éclata quand, le samedi saint 548 (11 avril), Vigile eut envoyé sa sentence (Judicatum) au patriarche Ménas. Nous n'avons plus de ce document que des fragments !. Les Trois Chapitres y étaient condamnés,
mais avec les plus fortes réserves destinées à maintenir
l’autorité du concile de Chalcédoine ?. Ces réserves
étaient même si fortes que pas un monophysite ne pouvait être tenté de se rallier. Du reste, cette concession, si c'en était une, arrivait trop tard. Les dissidents d'Orient venaient de régler eux-mêmes leur situation, de l’aménager même d’une façon définitive. Pendant qu'on discutait sur la question de savoir si on pouvait leur sacrifier les notabilités de l’école d’Antioche, ils s’organisaient à la barbe de la police et constituaient un patriarcat dans leur pays *. En ceci, comme en tant -d’autres choses, ils avaient eu à se louer de Théodora. Maïs cet appui allait leur faire défaut. L'impératrice mourut en juin 548, peu après la publication du Judicatum.
Quoi qu’il en soit des monophysites et de leurs dispositions, il est sûr que le gouvernement était arrivé à ses fins. Les Trois Chapitres étaient bel et bien condamnés par le pape et son jugement consolidait définitivement celui des autres patriarches. Mais on pou-
1 Mansi, t. IX, p. 181 et 104-105; cf. Hefele, Conciliengesch., t. II, p. 820-824.
? « Vigilius sollicite monuit ne, per occasionem, supradicta synodus (Chalcedonensis) Pateretur injuriam», Æpist. cler. Italiae ad legatos Francorum. P. L., LXIX, col. 115.
3 Ci-dessus, p. 108.