‹ L'eglise au VI siecleChapitre 43 sur 105 · Que, dans le cours ordinaire des choses, il se laissât · texte numérisé non relu

Que, dans le cours ordinaire des choses, il se laissât

: conduire, il ne faut pas s’en étonner.: La direction qu’on

lui donnait était si évidemment dans le sens des inté-

rêts du christianisme et de l’Eglise! Justinien ne se

= bornait pas à protester, dans ses ordonnances, de son

dévouement à la foi chrétienne, de la nécessité pour

l'Etat de procurer le salut de ses sujets, de leur assurer une bonne direction ecclésiastique et de favoriser, par

tous les moyens, l’action du clergé. En tout et partout,

il mettait ses actes d'accord avec ses principes. Le pa-

ganisme se défendait encore sur quelques points de

l'empire et dans certaines catégories sociales : il lui fit

! Ce dernier grief est seul mentionné par Théophane (a. m. 6062); les autres sont rapportés par Evagrius (V, XP. ‘LU ? La déposition d’Anastase est de l’année 570. On le-rem- plaça par un moine de Sinaï, Grégoire, qui occupa le siège pendant vingt-trois ans et non sans éclat. A sa mort, l’empereur Maurice rendit l'évêché au vieil Anastase, lequel fit sa rentrée le 25 mars 598; nous avons encore (Pitra, Juris eccl.. Graecorum, t. IL, p. 251) l’alloeution qu’il adressa à son peuple. en cette circonstance, Il ne mourut qu’en 598.

. une guerre persévérante, pratiquant sans aucune mesure

confondait pas les dissidents monophysites — furent en- >

le compelle intrare. Les hérétiques — avec lesquels il ne

; °ur w y ; £ core plus durement traités sous son règne que sous les”

précédents. À cette concentration intérieure correspon-

dait une propagande énergique en dehors des frontières.

Fortifier le christianisme chez lui, étendre son domaine

au dehors, telle est, en deux mots, la politique religieuse |

de Justinien. Il faut entrer ici en quelques détails.

Le paganisme 2 pas disparu tout à fait. Au

fond, la profession de l’ancienne religion n’avait jamais

été interdite ; le culte seul, dans ses manifestations extérieures, avait été l’objet de mesures prohibitives. Encore y avait-il, çà et là, dans certains cantons éloignés, des

sanctuaires’ qui continuaient à fonctionner. On en trouvait en Syrie, à Baalbek !, et ailleurs. Lors de la grande peste de 543, les habitants d’une ville palestinienne

retrouvèrent une ancienne idole de bronze et restaurè-

rent son culte *. Jupiter Ammon persistait à rendre

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des oracles, non dans son sanctuaire propre, mais dans

une oasis plus éloignée encore, celle d’Andjila, dans le désert en arrière de la Grande Syrie, où il était adoré avec Alexandre, le héros divinisé. Un nombreux personnel d’hiérodules était attaché à ce temple et les sa-

crifices continuaient à s’y célébrer. J'ustinien le fit fermer, EE ou plutôt le transforma en une église sous le vocable Ge : 1 Jean d’Asie, a. 866 (Revue de l'Orient chrétien, 1897, p.491). RS ni ? Jean d’Asie (Michel le Syrien, éd. Chabot, t. IT, p. 239); . nie

cf. Land, Anecdota syr., II, p. 326.

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