‹ L'eglise au VI siecleChapitre 45 sur 105 · PER · texte numérisé non relu

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Les Missions du sud-est (Arabie, Abyssinie, Nubie).

Etat religieux de l’Arabie au V° siècle. — Eglises d’Axoum, de Nedjrân et de Safar. — Dhou Nowas: ses massacres. — Le négus Kaleb-Abraha. — L'occupation persane, l’Islam. — L'Ethiopie. — Nobades et Blemmyes. — Missions byzantines : le roi Silko. — Fin du culte de Philé. — L’évêque Longin. — Conversion des Alodes, desBlemmyes et des Makourites,

Au sud de l’Euphrate, l'Arabie s’ouvrait de plus en plus à l'Evangile. Dès les premières origines, la province romaine qui portait ce nom, c’est à dire l’ancien royaume nabatéen, avait reçu la visite de l’apôtre Paul. Plus tard, il s’y organisa des évêchés dont le plus célèbre fut celui de Bostra. Quand la province d'Arabie fut divisée, vers le temps de Théodose, une seconde

i) + à métropole fut installée à Pétra pour la partie méridionale, dénommée Palestine III°. Les évêques suffragants de ces deux métropoles s’échelonnaient depuis les environs de Damas, jusqu’au fond du golfe d’Akabah. Au VI® siècle, tout ce pays était chrétien ; même les tribus indigènes d’abord nomades qui peu à peu se fixaient au sol provincial, avaient leurs évêques et leurs cleres !.

Au-delà de la presqu'île sinaïtique, vers le sud, s’é-

tendaient les solitudes de Madian, sur lesquelles l’em-

pire avait des titres, mais qui, vu l'extrême rareté de la

| Hist. anc. de l’Egiise, t. IT, p. 571 et suiv.

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LE St LES MISSIONS

400 Fe FR population, ne lui rapportaient rien du tout. Puis venait le long de la mer Rouge, le pays que les Arabes appe-

laient le Hedjaz, où s'élevait, autour du vieux sanctuaire de la Kaaba, la ville de la Mecque. Plus loin encore,

s’'étendait, vers la pointe sud de la péninsule, le pays d'Himyar ou Homer. Pour y arriver par terre, on devait

prendre une route intérieure, jalonnée par les localités

de Maân, Teyma, Khayber, Médine. Des caravanes ré- si

gulières suivaient cette voie par laquelle s’opéraient . des échanges entre l’Arabie heureuse et les villes de

l'Orient romain. Depuis longtemps, notamment depuis

les émigrations qui suivirent les catastrophes du temps

de Pompée et de Vespasien, des colonies juives s'étaient établies en ces localités: elles obtinrent autour d’elles de grands succès dans la population indigène qui les entourait: leur propagande prospéra si bien que le pays

des Homérites où, depuis les temps les plus reculés,

florissait l'antique polythéisme des Sabéens !, céda peu À à peu et adopta les croyances et. observances d'Israël.

L'Etat lui-même finit par abandonner les dieux sémites :

vers la fin du V° siècle, le judaïsme était la religion du roi d'Himyar.

Telle était la situation dans la partie de la péninsule qui avoisine la mer Rouge. Sur le golfe Persique, il en était tout autrement. Là, le christianisme, venu de la Chaldée persane, avait eu de bonne heure des établis-

sements importants: on connaît jusqu'à cinq évêchés

1 Il nous reste, sur ces cultes, une quantité d'inscriptions,

actuellement réunies dans le Corpus Inscr.semiticarum, 4 partie.

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DU SUDEST 285

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dans l’île de Bahreïn, et dans le pays de terre ferme qui l’avoisine. Il y «en avait même un dans l’Oman ! Ces établissements ressortissaient au catholicos de Sé.- - leucie. De là, comme aussi des régions christianisées de la Syrie et de Babylonie, la propagande rayonnait vers l’intérieur, dans le Yemama et dans le Nedjed. Jusque dans ces contrées lointaines et infertiles, les deux empires de Ctésiphon et de Constantinople étaient en rivalité. Il y avait, pour les Byzantins, un intérêt capital à ce que l'Etat perse, maître de la route de l’Inde par le golfe Persique, ne pût fermer les routes de terre et de mer qui aboutissaient à Aden et intercepter ainsi leur commerce avec l'extrême Orient. Aussi voyons-nous, dès avant la fin du V° siècle, le gouvernement impérial renforcer son action diplomatique et ses missions religieuses des deux côtés de la mer Rouge. On D avant tout sur le roi d’Axoum, récemment | gagné au christianisme et l’on favorisait autant que possible ses prétentions sur le royaume des Homérites. Sur la conversion du roi et du royaume des Axoumites, nous ne sommes renseignés que par la tradition locale. Il semble que la mission de Frumentius, au temps de l’empereur Constance, n'ait pas eu de résultats durables, au moins en ce qui regarde les indigènes. Les

! V. surtout le concile de 676 (Syn. or., p. 482). Les sièges indiqués sont ceux de Beit-Qatrayé, métropolitain, dans la presqu'île de Qatar (Katr), de l’île de Deirin (Bahrein), des Mazonayé (Mazon, Oman), de Hagar (près de Houfhouf), de AUS (Pît-Ardaschir, près de EI-Katif).

Es MISSIONS DU sup

| légendes “ pays l’ignorent. ss sa place elles font intervenir neuf saints moines, disciples de saint : Pacôme, |

venus d'Egypte. C’est grâce à eux que le pays s'était | converti. Cela arriva sous le roi Ela Amida, qui, lui, $ oe fut touché de la grâce au milieu d’une bataille, comme on le raconte de Clovis. Voici ce que nous pouvons savoir sur cet événement. Les Homérites ! massacraient les marchands romains qui passaient par leur pays, en représailles des mauvais traitements dont les Juifs étaient l’objet dans l'empire, A l’instigation de Constan- à tinople, le roi d’Axoum déclara la guerre à son voisin, le battit, le tua et ravagea son royaume. Ce roi d'Axoum était encore païen; il avait fait vœu, s’il remportait la victoire, d’embrasser le christianisme. Pour accomplir # ; sa promesse, il s’adressa à l’empereur; un prêtre d’Ale- 2 xandrie, appelé Jean, fut consacré évêque et envoyé à me Axoum, accompagné d’un personnel de clercs. C’est le

premier des fameux abounas d'Abyssinie. Ro:

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